L‘histoire : le quotidien d’une station spatiale, de ses quelques habitants, vivants reclus au confins de la galaxie : la . La particularité de cet endroit ? Moeurs, vêtements, musique, esthétique… Tout semble coincé dans les années 70.
Mais, l’arrivée d’une femme au sein de ce microcosme très organisé mais pourtant plein de tensions, va tout chambouler.

Space Station 76 possède un postulat somme toute assez classique, mais traité avec simplicité, style, acuité et respect. Le film adopte ainsi un rythme très spécial associé à la mise en scène d’un univers singulier. Le tout provoque une sorte d’hypnose bizarre, qui nous maintient, comme les personnages, dans une claustrophobie envoûtante et sensuelle.

Plusieurs thèmes sont ainsi présents : la place de la femme (et celle de l’homme) au sein d’une société patriarcale, la maternité / l’instinct maternel – montrés avec recul et réalisme ; la sexualité, l’homosexualité… Un ton légèrement humoristique/décalé permet de faire le lien entre chaque thématique, et donc chaque personnage.  Le casting d’ailleurs, est particulièrement investi. Ces différents hommes et femmes, pourtant assez caractérisés, sont tous crédibles et empathiques… Notamment , très juste (et drôle) en macho têtu.

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Au premier abord, on pourrait donc considérer Space Station 76 comme un cross-over de Mad Men et desperate Housevives, avec une skin SF.
Les ambitions sont à peu près les mêmes que dans un épisode de Mad Men, à savoir dépeindre par les turpitudes humaines, un univers trop engoncé dans ses archaïques et mauvaises habitudes, pour rendre compte du malaise inhérent à cette époque (la middle-class des années 70). Le film adopte également un ton léger, une intrigue vaudevillesque, des crasses féminines…À la Desperate.
Mais l’énergie appliquée à la reconstitution d’une imagerie télévisuelle 70’s, à la fois science fictionnelle et saop-opéra (de Star Trek aux Feux de l’Amour) constitue un effet de style trop appuyé pour ne pas être un peu pervers, comme une façon intelligente de rajouter par le fétichisme, aux tensions sexuelles irriguant le film ;
Cela rajoute au caractère hypnotique du film… Renforcé également par quelques éclats oniriques, ou ce final prévisible mettant en relief rétrospectivement, l’importance de l’atmosphère étrange distillée jusque là.

”on pourrait considérer Space Station 76 comme un cross-over de Mad Men et desperate Housevives, avec une skin SF”

En bref : une fois digérés le rythme particulier et la singularité de l’univers, l’immersion fonctionne à plein régime – grâce aux acteurs notamment, tous parfaits dans leur registres – et l’on ressort de Space Station 76 agréablement surpris, sans pour autant en garder un souvenir mémorable.

 

INFORMATIONS

Space Station 76 (1)

Titre original : Space Station 76
Réalisation : Jack Plotnick
Scénario : 
Acteurs principaux : Patrick Wilson, ,
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : PAs de date de sortie française
Durée : 1h35min
Synopsis : Lorsqu’elle débarque dans une station spatiale, une jeune femme n’imagine pas les tensions qu’elle va créer au sein des membres de l’équipage.
BANDE-ANNONCE