Carla Bhem, une jeune femme de 35 ans au physique plutôt moyen et qui porte des prothèses auditives, est secrétaire à la Sédim, une agence immobilière, mais elle est payée une misère et souffre d’un manque de considération de la part de ses employeurs. Son existence triste et solitaire va prendre une tournure différente avec l’arrivée dans la société de Paul Angéli, une nouvelle recrue de 25 ans, plutôt beau gosse, mais qui n’a aucune compétence dans la promotion immobilière. Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d’amour improbable, doublée de manipulation réciproque, va naître entre ces deux marginaux.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]


Date de sortie : 17 Octobre 2001
Réalisé par
Film français
Avec , ,
Durée : 1h 55min
Bande-Annonce :


Sur mes lèvres – Bande annonce FR
envoyé par _Caprice_. – Regardez des web séries et des films.

Deux semaines exactement avant la sortie du nouvel Audiard, , l’occasion pour nous de revenir sur l’une des œuvres majeures du cinéaste qui, en seulement cinq films sur nos écrans, a su s’imposer comme l’une des figures majeures du cinéma français, un cinéma intimiste reconnaissable entre mille.

Pour cet hommage, j’ai décidé de vous parler de ma vision de , film que cet artisan du cinéma a mis cinq années à finaliser dans lequel il met en scène Vincent Cassel et Emmanuelle Devos, film phare des années 2000 qui récolte pas moins de neuf nominations aux et gagne celles de meilleur scénario et meilleur actrice pour Emmanuelle Devos.

Pour décrire Jacques Audiard le plus simplement possible, nous dirons qu’Audiard c’est avant tout un œil, et quel œil ! Le réalisateur a été doté d’un très bel organe sculptant un univers unique, renversant, d’une humanité sans faille.

Sur Mes Lèvres n’échappe pas à ce constat puisque c’est un film à la puissance dévastatrice qui met l’Homme au premier plan :  ici, l’Homme est au centre de l’objectif, l’Homme dans son plus simple appareil et pourtant si complexe, l’Homme qui est décortiqué dans ses moindres détails, où la caméra est l’œil avisé du chirurgien qui capte les moindre parcelles de ses émotions, bonnes ou mauvaises, bienfaisantes ou dévastatrices, à l’aide de cadrages très serrés d’une solidité à toute épreuve.

L’histoire de ces deux écorchés vifs, de ces deux des bas quartiers à qui la vie n’a pas fait de cadeaux et qui se rattachent à la moindre parcelle d’espoir est sujette à une profusion de sensations profondes, puissantes, désarmantes. Et cet espoir, ce bonheur inconcevable pendant des années, ils finiront par le trouver ensemble. Car Sur Mes Lèvres est avant tout un pur exercice de style qui prône un hymne à l’amour impossible de deux jeunes personnes, l’une sortie de prison et qui s’accroche à la moindre éclaircie et l’autre, une secrétaire mal dans sa peau qui attend depuis longtemps, trop longtemps que quelque chose l’arrache de cette monotonie meurtrière.

A travers ces deux personnages, nous découvrons avec stupéfaction deux acteurs : Vincent Cassel, que l’on savait très bon et varié dans ses rôles mais surtout Emmanuelle Devos, éblouissante de talent, belle de tristesse, belle de désespoir. L’actrice s’impose avec ce rôle comme une actrice de « poids » dans un monde très masculin, machiste à souhait, comme seul Audiard arrive à nous les retranscrire.

Sur Mes Lèvres est un film noir à la sensibilité à fleur de peau, à l’ambiance soutenue jusqu’à la toute dernière seconde qui explore l’être humain dans ces moindres détails, le confrontant à ce qu’il y a de plus mauvais et de plus beau en lui, en chacun de nous.

On est conquis, captivé, ému par la simplicité et la sincérité d’un tel métrage. Sur Mes Lèvres est ce que le cinéma peut donner de plus pur en alliant l’intelligence du métier à celle du cœur, un film simple, sincère que l’on déguste goulument en attendant son prochain chef-d’œuvre : Un Prophète.

Rendez-vous le 26 août…