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Avec son nez refait, ses jambes interminables, son job dans la presse people, ses aspirations à la célébrité et sa facilité à briser les coeurs, est l’Amazone londonienne du XXIe siècle.
Son retour au village où vécut sa mère est un choc pour la petite communauté qui y prospère en paix.
Hommes et femmes, bobos et ruraux, auteur de best-sellers, universitaire frustré, rock star au rancart ou fils du pays, tous sont attirés par Tamara dont la beauté pyromane et les divagations amoureuses éveillent d’obscures passions et va provoquer un enchaînement de circonstances aussi absurdes que poignantes.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 14 juillet 2010
Réalisé par
Film britannique
Avec , , , , ,
Durée : 1h49
Titre original : Tamara Drewe
Bande-Annonce :

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Tamara Drewe est l’adaptation filmique d’un roman graphique du même nom, écrit et dessiné par . La réalisation de ce petit bout d’originalité oscille entre fidélité et prise de liberté sur l’œuvre originelle, mais a su en extraire le genre et l’ambiance.
Le résultat donne un film décalé, toujours tinté d’un humour grinçant. Le scénario étonne par son mélange de bons sentiments et de cruauté sans faille. C’est d’ailleurs ce paradoxe qui nous fait rire : dans un décor idyllique, et bucolique à souhait, on assiste à un enchaînement de catastrophes et de lâchetés humaines. La touche anglaise y étant pour beaucoup, on se surprend à rentrer dans le film, et on adhère immédiatement à son univers.

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Pourtant le scénario comporte certaines longueurs, et on frôle parfois un peu l’ennui. Mais au dernier moment, l’histoire nous rattrape, vire dans le rocambolesque, et accélère enfin. On est soulagé de sortir des aléas amoureux de la jeune femme (pas franchement nouveaux), pour retrouver les côtés plus tortueux et sadiques des habitants du petit village anglais.
Ainsi, un peu légèrement, ce film aborde les questions du couple, de la fidélité, des ados, et encore plus en fond, celles du processus de création. Mais une fois le mélange disposé dans la profonde campagne anglaise, cela explose de toutes parts, et on se régale.

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Qu’on ne s’y trompe pas, le protagoniste principal de Tamara Drewe n’est pas Tamara Drewe elle même. Bien sûr, la plupart des intrigues découlent d’elle, mais elle ne parvient pas à rester au premier plan. En fait, le film repose essentiellement sur les épaules des personnages secondaires. On regrette d’ailleurs qu’ils n’aient pas droit à plus d’attention, tant ils sont haut en couleurs.
Ainsi, Tamsin Greig est remarquablement touchante et drôle dans le rôle de Beth Hardiment, femme aussi dévouée que trompée. Face à elle, on rit volontiers du trouillard, un peu looser, qu’incarne Bill Camp (Glen). De tels petits phénomènes ne peuvent sortir que de l’univers si particulier d’un roman graphique, mais leur passage sur grand écran est particulièrement réussi.
Du coup, c’est bien Tamara qui, malgré son charme et son sens de la répartie, attire moins l’attention. Et c’est bien dommage, car Gemma Arterton confirme ici ses talents de comédienne, et nous promet une belle carrière.

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Les meilleurs moments restent ceux au plus proche de l’œuvre graphique. Certaines scènes, un peu à part, nous plonge dans les protagonistes, à l’image de ces bulles de BD qui nous dévoilent les pensées des personnages : c’est à ces occasions là que l’humour ressort avec le plus de mordant, et on en s’en amuse beaucoup. D’autres fois, l’écran est divisé comme un cadre de bande dessinée, donnant un rythme particulier. Cela donne un film à l’esthétique originale mais assumée, qui fonctionne très bien.
Malheureusement, les longueurs nous perdent parfois, et Tamara Drewe ne parvient pas à nous faire oublier ses faiblesses. Toujours est-il que le voyage à Stonefield (la résidence pour écrivains) est garantit.