Tammy, fraîchement licenciée d’un fast food, rentre chez elle pour y trouver son mari en train de flirter avec la voisine. Prenant ses cliques et ses claques, elle part séjourner chez ses parents et entreprend un voyage vers les chutes du Niagara avec sa grand-mère alcoolique. se retrouve alors babysitter malgré elle… »
Allez, je vous vois déjà venir. « Encore une comédie potache avec Melissa McCarthy ! » allez-vous me dire. Et en toute franchise, je vais vous répondre « Oui… Mais non ! » Car si TAMMY est une comédie où l’on jure beaucoup, on fume beaucoup, on boit beaucoup, on frappe beaucoup, on est finalement assez loin, vraiment très loin même, du film trash et dégoûtant auquel on pourrait s’attendre. Explications.

Au-delà de son récit, TAMMY est un film familial. Cela se remarque au niveau de sa réalisation. Derrière la caméra, . Si ce nom ne vous dit rien, c’est normal car celui qui est avant tout acteur (All About Albert, Les Flingueuses) signe avec TAMMY son premier long-métrage. Un long-métrage dans lequel il joue. Keith, l’horrible manager de Tammy, c’est lui. Familial également parce que Ben Falcone a co-écrit le scénario avec sa femme, l’incroyable Melissa McCarthy. Premier rôle du film, elle est dans tous les bonnes comédies de ces 5 dernières années : Le Plan B, Bébé mode d’emploi, Mes meilleures amies, 40 ans : Mode d’emploi, Arnaque à la carte et Les Flingueuses. Ajoutons à cela le fait que les quatre actrices principales (, , , Allison Janney) semblent tout droit sorties du même moule, de la même lignée, de la même école et qu’elles sont une plus-value plus que considérable au moment de vendre le film.

Entertainment Weekly

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Et le film dans tout ça ? Eh bien TAMMY est une très bonne comédie. Peut-être pas la comédie du mois ou de l’année, mais un petit film (20M$ de budget pour 1h36) qui se dévore en une seule bouchée, que l’on regarde sans jamais broncher ou s’impatienter et qui fait rire à gorge déployée. Si l’on mettra les quelques défauts de mise-en-scène (mauvais choix de cadrage, mauvais placements des acteurs, décors parfois ternes) sur le compte du manque d’expérience de son réalisateur, le tout tient quand même la route. A l’instar du scénario. Le récit de TAMMY est convenable, pas sensationnel, mais suffisamment bon pour que l’on tienne jusqu’au bout, que l’on ne s’ennuie pas pendant les passages de transition et que l’on soit pleinement diverti. Et bien évidemment, cela est lié aux innombrables gags, absurdes et loufoques mais jamais outrageusement trash, aux dialogues bien ficelés et autres vannes plus que bien senties.

Quand à la distribution, n’y allons pas par quatre chemins, elle est tout simplement géniale ! Comme toujours, Melissa McCarthy assure le show, donne de sa personne et ne (nous) refuse rien. Mais avec surprise, on découvre lors de scènes plus dramatiques qu’elle peut s’ens sortir aussi haut la main. Une chose que l’on avait fini par oublier après l’annulation de sa série Gilmore Girls. Les autres femmes du casting sont également incroyables. A commencer par Susan Sarandon, qui après Wall Street : l’argent en dort jamais, Cloud Atlas et Ping Long Summer, nous montre une nouvelle fois toute l’ampleur de son talent comique. Idem pour Toni Colette (Little Miss Sunshine, In her shoes) et Allison Janney (Masters of Sex, La couleur des sentiments) qui viennent apporter un peu de douceur et de pragmatisme à un film parfois trop illuminé. Notons également la présence de (American Horror Story) et Sandra Oh (Grey’s Anatomy), adorables en couple lesbien.

”A savourer n’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui !”

Dans le reste, on passera sur la photographie où aucun effort n’a été fait pour s’attarder sur la bande originale. Si TAMMY suinte la country de tous ses pores, le tout est extraordinairement cohérent, proche du récit et modernisé par quelques artistes exemplaires : Macklemore & Ryan Lewis, Capital Cities, Kool & The Gang. De quoi vous faire taper du pied dans la salle de cinéma, balancer votre tête et plus simplement vous faire passer un moment fun et agréable. Car au-delà de sa qualification de comédie, TAMMY parle de choses sérieuses : la peur de mourir, l’attachement, la quête de soi ou encore la sexe à un certain âge. Bref, des thèmes qui, lancés comme ça, donneraient un grand drame mais qui se révèlent ici à la portée de tous. Pas besoin d’avoir 70 ans pour comprendre que mourir seul ça craint. Pas besoin d’avoir été marié pour savoir ce que c’est de devoir reconstruire toute une relation. Pas besoin d’avoir vendu des hamburgers pour comprendre le manque de considération dans certains secteurs.

Rope Of Silicon

Rope Of Silicon

Si TAMMY s’en sort honorablement, il faut bien reconnaître que c’est avant tout grâce à son premier rôle, la surprenante Melissa McCarthy. De toutes les scènes, elle nous embarque dans un road trip où l’on verra peu la route. Grâce à de vrais moments de drame et de suspense, TAMMY se place en film tragi-comique. Si l’accent est d’abord mis sur les excès, la morale n’insiste pas nécessairement sur la modération et c’est un bon point. Avec son savant mélange de scènes cocasses et de seconds rôles hilarants, TAMMY fait office de meilleur combo drame + comédie romantique + buddy movie. A regarder n’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui !

CASTING
Titre original : Tammy
Réalisation : Ben Falcone
Scénario : Ben Falcone, Melissa McCarthy
Acteurs principaux : Melissa McCarthy, Susan Sarandon, Toni Collette, Ben Falcone, , Kathy Bates, , ,
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : PROCHAINEMENT
Durée : 1h3-mn
Distributeur :
Synopsis : Tammy, fraichement licenciée d’un fast food, rentre chez elle pour y trouver son mari en train de flirter avec la voisine. Prenant ses cliques et ses claques, elle part séjourner chez ses parents et entreprend un voyage vers les chutes du Niagara avec sa grand-mère alcoolique. Tammy se retrouve alors babysitter malgré elle…
BANDE-ANNONCE