Joong-ho, ancien flic devenu proxénète, reprend du service lorsqu’il se rend compte que ses filles disparaissent les unes après les autres. Très vite, il réalise qu’elles avaient toutes rencontré le même client, identifié par les derniers chiffres de son numéro de portable. Joong-ho se lance alors dans une chasse à l’homme, persuadé qu’il peut encore sauver Mi-jin, la dernière victime du tueur.

Note de l’Auteur

[rating:9/10]

Date de sortie : 18 mars 2009
Réalisé par Hong-jin Na
Film sud-coréen
Avec , ,
Durée : 2h 03min
Bande-Annonce :

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas pris une telle claque en regardant un thriller !

est le genre de film qui nous laisse dubitatif au départ. Je m’explique : le film commence lentement, trop lentement même pour en espérer quoi que ce soit. L’histoire ne décolle pas vraiment pendant les 15 premières minutes, pire, on voit les twists se pointer à des kilomètres tant le tout parait bien trop conventionnel.

Mais dès que l’intrigue est parfaitement ancrée dans notre esprit, The Chaser explose en pleine puissance à nos yeux, nous scotchant à notre fauteuil jusqu’à la toute dernière seconde et c’est tout naturellement que le film de Hong-jin Na, dont c’est le premier film, s’inscrit comme la nouvelle référence d’un genre qui peinait terriblement à nous stimuler ces dernières années.

Car c’est bien de stimulation que l’on parle quand on repense à The Chaser. Nos sens sont perpétuellement en ébullition, bousculés, mis à mal en permanence car on ne sait jamais où le réalisateur va nous emmener. Le suspense ne cesse de croître au fil des minutes et atteint son paroxysme dans les 15 dernières minutes qui resteront dans les annales comme une référence incontestable à ranger dans la catégorie « Fin Qui Tue ! ».

L’atmosphère très sombre, très moite, est palpable à chaque nouveau centimètre parcourus dans cette course contre la montre où chaque recoin est un nouvel indice potentiel à la résolution de cette énigme parfaitement ficelée.

Mais là où le réalisateur a fait très fort, c’est dans l’engrenage scénaristique de son film : le tueur est dévoilé dès le début du film, on sait où se trouve ses victimes et on suit avec un investissement maximal l’enquête de cet ancien policier reconvertit en maquereau qui lutte contre ce système judiciaire prêt à relâcher un assassin récidiviste pour manque de preuves.

En seulement un film, Hong-jin Na réalise un petit bijou du genre, un ovni made in South Korea puisant à la source du cinéma international, dans lequel on retrouve la beauté des plus grands classiques.

Etant assez difficile cinématographiquement, il est bien difficile pour un film de me faire vivre une véritable expérience en m’impliquant implicitement au scénario. C’est désormais chose faite avec The Chaser. Si dernièrement avait réussit à m’émouvoir et à réveiller la bête qui sommeille en chacun de nous, le film de Hong-jin Na arrive à nous faire nous lever de notre fauteuil et à nous faire crier notre colère face à la psychologie de ce tueur psychopathe hermétique à toutes émotions humaines vis-à-vis des autres.

On a envie de bondir à l’intérieur même de cet écran, se prenant un tantinet pour le jeune héros de , pour en finir une bonne fois pour toute avec cette ordure. En ce sens, le réalisateur réussit magistralement à nous confronter à nos propres réactions face à un être froid, sadique et sanguinaire.

Le réalisateur réussit à briser les codes d’un genre en manque de renouveau et à les réarranger à sa guise pour un résultat des plus efficaces à l’écran. A cela vient s’ajouter un sens de la mise en scène juste, la puissance émotionnelle d’un récit romanesque, une réalisation énergique qui nous plongent dans cette traque infernale.

En seulement un film, Hong-jin Na réalise un petit bijou du genre, un ovni made in South Korea puisant à la source du cinéma international, dans lequel on retrouve la beauté des plus grands classiques.

Une réussite totale.