Affiche du film THE DARK KNIGHT RISES

Huit ans ont passé depuis que Batman a disparu dans la nuit, passant à cet instant du statut de héros à celui de fugitif. Prenant la responsabilité de la mort d’Harvey Dent, le Chevalier Noir a tout sacrifié pour le mieux, du moins l’espérait-il, autant que le Commissaire Gordon à ses côtés. Pendant un moment, le mensonge eut l’effet escompté, la criminalité de Gotham se pliant sous le poids de l’Unité anti-crime de Dent. Mais l’arrivée d’une féline et fourbe cambrioleuse au mystérieux dessein chamboule l’ordre établi. Bien plus dangereuse encore est l’apparition de Bane, terroriste masqué dont l’impitoyable projet pour Gotham pousse Bruce à sortir de l’exil qu’il s’est imposé. Mais bien qu’il reprenne cape et masque, Batman pourrait ne pas être un adversaire à la taille de Bane…

Note de l’Auteur

[rating:9/10]

Date de sortie : 25 juillet 2012
Réalisé par
Film américain
Avec , , , , , ,
Durée : 2h45min
Titre original :
Bande-Annonce :

Si le film sort avec une actualité assez malheureuse avec la fusillade d’Aurora et que certains médias ne manqueront pas de faire des amalgames gênants entre la pop-culture et les déviances d’un individu isolé, The Dark Knight Rises reste un film-évènement concluant une trilogie à succès portée par Christian Bale dans le rôle titre mais surtout par un réalisateur efficace en la personne de Christopher Nolan. Après deux opus aux qualités indéniables, la promesse d’une fin à la hauteur des espérances du spectateur se posait forcément et force est de constater que celle-ci est tenue, et de manière très élégante s’il vous plait !

Même s’il a moins de prestance que le Joker interprété par  dans le précédent opus, le méchant de ce troisième volet, Bane, interprété par un Tom Hardy puissant mais peu reconnaissable dans le film (à l’exception d’une seule scène où il est non masqué), établit une réelle menace qui donne corps au scénario de Jonathan et Christopher Nolan : violent, machiavélique, habité, manipulateur, il est un adversaire à la hauteur du Chevalier Noir, qui, a contrario, se révèle déjà brisé par les évènements de The Dark Knight. Les autres ajouts au casting ne sont pas anodins non plus : Anne Hathaway vient ajouter une touche très sexy dans une trilogie assez masculine jusqu’ici et a une présence à l’écran qui éclipserait presque Christian Bale, tant son personnage de flic nous sert de guide tout au long du film. Pour le cas de Marion Cotillard, je m’interrogeais sur les raisons d’une certaine vindicte des critiques à son encontre mais sa dernière scène dans le film est tellement ridicule que je partage l’avis qu’elle soit le point faible de The Dark Knight Rises.

On regrettera peut être également que Michael Caine (Alfred) s’efface rapidement des radars durant le film tant son personnage de mentor british était plaisant tout au long de la trilogie mais il fallait bien laisser de la voix aux nouveaux venus pour les faire exister en un seul long-métrage. Bien heureusement, Gary Oldman a quant à lui gardé un rôle important en commissaire Gordon solide, malgré la torture issue du mensonge de la fin du film précédent. Son rôle dans le scénario, ainsi que celui de la police en général dans le film, jette un regard finalement assez positif sur la fonction de cette institution après l’avoir un peu égratigné dans les précédents opus (corruption, fonctionnariat…).

Photo (1) du film THE DARK KNIGHT RISES

Après deux opus aux qualités indéniables, la promesse d’une fin à la hauteur des espérances du spectateur se posait forcément et force est de constater que celle-ci est tenue, et de manière très élégante s’il vous plait !

The Dark Knight Rises déroule son intrigue un peu à la manière du dernier opus : chronologiquement, calmement, alternant entre chaque personnage, et laissant finalement peu de place aux apparitions du Batman. Quelques longueurs subsistent, ainsi que quelques incohérences (dans le traitement de la temporalité de la libération des policiers notamment), mais globalement le fil de l’histoire est efficace, même si sans doute un peu convenu pour les lecteurs assidus de comics. Côté réalisation, Christopher Nolan reste dans le réalisme très “polar” de la trilogie mais gère mieux l’utilisation des gadgets du héros, notamment ses nouveaux véhicules dans le film (quelque soit son conducteur, la moto est tout simplement bluffante). Les combats sont moins brouillons qu’avant mais leur aspect réaliste “brut de décoffrage” les rend parfois un peu cheap : cela n’enlève rien de la violence de ceux-ci, notamment dans le premier affrontement Bane/Batman.

Je vais m’essayer à dire un petit mot sur la fin du film (sans spoiler). Si le traitement final des méchants de The Dark Knight Rises est peut-être un peu trop vite expédié en rapport de leur présence tout au long du film, la conclusion de la trilogie est sans doute la meilleure que le scénariste-réalisateur Nolan a pu trouver. A la fois symboliques, tristes et positives à la fois, et surtout munies de très belles images rendant hommage à chacun des personnages principaux du film, les dernières scènes de la trilogie de Christopher Nolan sont intelligentes et résument en quelques minutes toutes les qualités d’une saga à la fois respectueuse du matériel d’origine, des fanboys et des cinéphiles.

The Dark Knight Rises n’est pas le film parfait, c’est juste un blockbuster exemplaire : le scénario même simple (gentil contre méchant au final) est très bien écrit et pose les bases d’autres réflexions, les personnages sont dans l’ensemble efficacement interprétés et la réalisation pourvoit des images de qualité. Il ne mérite pas un Oscar en soi, mais des applaudissements en fin de séance pour un divertissement excellemment exécuté sans aucun doute.

Photo (2) du film THE DARK KNIGHT RISES