À l’occasion de la sortie du second volet de HIT GIRLS (alias Pitch Perfect) le 22 juillet en France nous nous replongeons dans le premier volet des aventures des Bella.

Beca rêve de devenir productrice de musique. Mais voilà, son père, enseignant à la faculté, ne voit pas les choses de la même façon. Après l’avoir « incitée » à venir étudier en l’inscrivant à l’université, il l’oblige à faire partie d’un groupe pour se faire des ami(e)s. Si l’aventure ne lui plait pas, il lui promet de l’aider à déménager à L.A pour accomplir son rêve. Cédant au deal, Beca intègre les Bella, groupe de chanteuses a cappella.

Sans grande ambition de mise en scène, THE HIT GIRLS repose sur un scénario basique construit autour d’étapes prédéfinies et classiques. Tout comme Dante franchissant les neuf cercles de l’enfer pour en découvrir le centre, les chanteuses, armées de chansons hyper sexistes et niaises, affrontent les moments d’humiliation et de ridicule pour atteindre le saint graal : la finale du championnat national des chanteurs a cappella. Et pour parcourir ce chemin, Kay Cannon, scénariste du film (ou serait ce Mickey Rapkin, auteur de Pitch Perfect : The Quest for Collegiate A Cappella Glory, livre dont s’inspire le film) crée une galerie de personnages caricaturaux et stéréotypés. Que ce soit la blonde obsédée du contrôle ou la blonde en surpoids se surnommant elle même « Fat Amy », chacune répand sur son parcours des répliques burlesques et ridicules. Sans aucune retenue, tranchantes et souvent illogiques, les lignes de dialogue renforcent les stéréotypes sexistes (par exemple avec les commentaires des présentateurs des championnats Gail et John), les clichés portés par les personnages mais aussi l’absurdité de certaines situations. Forçant les traits de la comédie dans ses derniers retranchements, THE HIT GIRLS prend parfois des airs de mauvaise blague avec son humour potache.

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Et pourtant…. et pourtant le résultat final fonctionne. Malgré tous ces défauts, le film offre un bon divertissement. Sans prétention au niveau de la mise en scène mais grâce à un joli casting, à des numéros musicaux mixant la « variété » américaine et des airs connus et à un « jusqu’au boutiste » parfois exagéré, THE HIT GIRLS prend une dimension touchante en inversant avec savoir faire certaines idées véhiculées par le film lui même. La popularité des Treblemakers nous parait aussi naturelle que l’impopularité des Bella. Et pourtant combien d’entre nous ont pensé que faire partie d’une chorale (avec instruments ou pas) est ringard? Et nous voilà en train de croire que les membres de ces groupes a cappella méritent d’être populaires! Il faut dire qu’en embauchant Aakomon Jones, chorégraphe de Justin Bieber et Usher, la production a visé haut.

Mais ce savoir faire technique n’est pas le petit plus qui fait que le film surprend. Là où THE HIT GIRLS étonne c’est dans sa conclusion … enfin en quelque sorte. Essayant de se conformer à l’image traditionnelle des anciennes Bella ( mélange de corps de rêve et  de physique agréable à regarder stéréotype véhiculé et perpétué par la leader du groupe Aubrey), en rentrant dans leurs uniformes d’écolière d’une autre époque ( ou tout du moins une abondance de stéréotype de la femme des années 50) les « nouvelles » Bella échouent systématiquement. C’est par l’acceptation de leur physique, de leur personnalité et de leurs différences que le groupe réussit sur le fil du rasoir à se déringardiser et à se moderniser. Ce n’est pas fréquent qu’un film américain encourage les jeunes filles à accepter leurs défauts (physiques et psychologiques) et les pousse à abandonner les traditions (ici même les uniformes sont abandonnés). C’est déjà un petit air de changement.

“Au delà d’un scénario basique et de l’absence de mise en scène, le film parvient à nous surprendre en étant un bon divertissement n’ayant pas peur de dépasser certaines limites de bienséance.”

Malgré le manque de mise en scène, un scénario hyper téléphoné et l’utilisation abondante de personnages stéréotypés, THE HIT GRILS est un divertissement qui sait user et abuser de ses lourdeurs pour en faire des atouts tranchants et drôles. Porté par des numéros musicaux efficaces et un casting sur mesure, le film offre une conclusion plaisante et réjouissante.

@Marie9Pons

À LIRE ÉGALEMENT: LA CRITIQUE DE PITCH PERFECT 2

INFORMATIONS

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– CRITIQUE
 critique de Pitch Perfect 2

• Titre original : Pitch Perfect
• Réalisation : Jason Moore
• Scénario : Kay Cannon d’après l’oeuvre de Mickey Rapkin
• Acteurs principaux : Anna Kendrick, Skylab Astin, Ben Platt, Anna Camp, Brittany Snow, Rebel Wilson, Alexis Knapp, Ester Dean, Hana Mae Lee, Adam DeVine
• Pays d’origine : américain
• Sortie :8 mai 2013
• Durée : 1h35min
• Distributeur : Universal Pictures International France
• Synopsis : Beca est le genre de fille qui préfère écouter son lecteur MP3 que la personne assise en face d’elle. Fraîchement arrivée à la fac, elle a du mal à y trouver sa place. Elle intègre alors, plus ou moins contre son gré, une clique de filles qu’elle n’aurait jamais considérées abordables ou fréquentables : un mélange de pestes, de bonnes pâtes et d’originales dont le seul point commun est la perfection avec laquelle elles chantent a cappella. Et quand la nouvelle venue les initie, au-delà des arrangements traditionnels et des harmonies classiques, à des interprétations et des combinaisons musicales novatrices, toutes se rallient à son ambition d’accéder au sommet du podium dans cet univers impitoyable qu’est celui du chant a cappella à l’université, ce qui pourrait bien s’avérer la chose la plus cool qu’elles aient jamais faite, ou la plus folle.

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