Allemagne de l’Ouest, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Un adolescent, Michael Berg, fait par hasard la connaissance de Hanna, une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Commence alors une liaison secrète et passionnelle.

Pendant plusieurs mois, Michael rejoint Hanna chez elle tous les jours, et l’un de leurs jeux consiste à ce qu’il lui fasse la lecture.
Il découvre peu à peu le plaisir qu’elle éprouve lors de ce rituel tandis qu’il lui lit L’Odyssée, Huckleberry Finn et La Dame au petit chien.
Hanna reste pourtant mystérieuse et imprévisible. Un jour, elle disparaît, laissant Michael le coeur brisé.

Huit ans plus tard, devenu étudiant en droit, Michael assiste aux procès des crimes de guerre Nazi. Il retrouve Hanna… sur le banc des accusés.
Peu à peu, le passé secret de Hanna est dévoilé au grand jour…

Note de l’Auteur

[rating:6/10]


Date de sortie : 15 juillet 2009
Réalisé par
Film allemande, américain
Avec , ,
Durée : 2h 03min
Bande-Annonce :

a ce petit quelque chose, ce charme envoûtant qu’on n’arrive pas à décrire, cette sincérité qui fait des films de Stephen Daldry des mélodrames lourds, peut-être trop lourds, mais sensibles au regard de ses autres réalisations ( et en sont les exemples les plus parlants).

Une chose est sûre, The Reader n’a pas fini de faire parler de lui et de diviser les foules.

Si les 30 premières minutes du film laissent assez dubitatives car elles font basculer The Reader dans une énième romance qui n’aboutira à rien et qui n’a aucun intérêt à nos yeux, la seconde partie rattrape amplement l’ennui qui nous gagne au départ.

The Reader prend tout son sens lors de l’ouverture du procès : le film alterne subtilement présent et futur et le scénario est axé autour de 3 personnages très bons dans leur rôle respectif : Kate Winslet est époustouflante de talent, elle explose littéralement devant la caméra et mérite amplement son Oscar malgré une lutte acharnée avec , elle aussi très bonne dans L’Echange de Clint Eastwood ; Ralph Fiennes est également ingénieux de crédibilité même si on avait l’habitude de le sentir plus impliqué, plus charismatique et moins effacé dans ses prestations précédentes (The Constant Gardener, Spyder et pour ne citer qu’eux), et David Kross qui, de part sa brillante prestation tout en retenue, tout en finesse, a de biens beaux jours devant lui.

Ce trio est émouvant et donne une dimension particulière à cette histoire d’amour ambigüe, parfois malsaine, et perdue d’avance.

Le fait que le scénario se déroule après la seconde guerre mondiale et les faits dont Kate Winslet sont jugés ne sont pas réellement captivants, ils ne sont qu’un simple prétexte pour une morale « gentille » et une psychologie plus ou moins aboutie sur l’holocauste et le pardon. Car il faut bien l’avouer, au bout du compte, The Reader (hélas) nous laisse de glace face à ce sujet à moult reprises abordé mais rarement réussi. La fin est quand à elle émouvante mais un peu cliché : on voit le final arriver à des kilomètres.

The Reader est presque uniquement à voir pour la prestation de ses personnages. Car niveau réalisation, quelque chose dérange aussi : une certaine lourdeur envahit le film dès son commencement pour ne plus le quitter. Le coupable n’est certainement pas le thème en lui-même malgré qu’il en soit quelque peu responsable, mais la réalisation de Stephen Daldry qui manque cruellement de personnalité et de consistance et qui est tout simplement ratée dans sa tentative de conférer au film une certaine noirceur beaucoup trop poussive et maladroite pour un tel sujet. Plus de modestie et de simplicité nous auraient fait passer la pilule beaucoup plus facilement car au fil des minutes, cette réalisation devient suffocante, étouffante, voir lassante.

On ne peut bien évidemment rejeter ni même accabler de critiques un tel métrage mais on ne peut qu’être forcément déçu par le résultat final, bien loin de l’image que les médias avaient construit autour de ce film soi-disant révolutionnaire et fantasmagorique.

The Reader est une adaptation assez fidèle du livre de Bernhard Schlink de 1995 pour son ambiance et son discours mais bien fade dans sa réalisation et son ensemble. Le livre se voulait également bien plus audacieux et profond que le film ne l’est au niveau du sujet très délicat.

The Reader est donc plus à considérer comme une cour de récréation royale où Kate Winslet nous émerveille en transcendant son personnage et en poussant un peu plus loin encore son talent de caméléon après de Todd Field et Les Noces Rebelles de .