Sexe, drogues et rock ‘n’ roll. En 1969, année érotique, année psychédélique, Mary Rose Foster, alias ‘The Rose’ (Bette Midler) est au sommet de sa gloire. Artiste adulée, elle parcourt les États-Unis en rameutant les foules et en déchaînant les passions. Mais Rose voudrait faire une pause, prendre une année sabbatique après le concert qu’elle doit donner dans sa petite ville natale de Floride. Ce qui n’est évidemment pas du goût de son manager (Alan Bates), ce qui est évidemment impossible pour elle.

Le film fait alors se succéder pour elle séquences démentielles de performances musicales à coups de projecteurs et de fumigènes, et séquences intimes à bord d’avions ou dans des bars décomplexés où Rose pleure ce qu’elle n’a pleuré sur scène que pour amuser sa galerie. Elle fait la connaissance de Houston (Frederic Forrest), soldat déserteur, en qui elle croit un temps trouver la rédemption d’un amour vrai. Mais son insatiable appétit d’artiste-monstre l’éloigne à son tour d’elle. Après les vivats et les cris des admirateurs, la solitude seule accompagne Rose sur ce chemin semé de beuveries, de doutes, de caprices de star et de cette coke dont elle ne sortira jamais.

© Lost Films

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Bette Midler, dans son premier grand rôle à l’écran, est une chanteuse pétillante et incertaine, tantôt bête de spectacle, tantôt fillette excitée. Sa chevelure bouclée d’un blond quasi platine rayonne. Résultat de la photographie du légendaire Vilmos Zsigmond, docteur ès-esthétique de films comme John McCabe, La porte du paradis ou encore Rencontres du troisième type. Enflammée par les projecteurs, cette même crinière devient donc rouge sang, rouge feu. Les pétales rebelles d’une fleur qui fane, qui se meurt lentement sous le soleil.

Si la bande-originale, enregistrée par Midler elle-même, connut un beau succès qui dépassa celui même de l’œuvre cinématographique, THE ROSE est sans conteste l’un de ces films dont on dit (avec un air grave et déçu, et en soupirant langoureusement) qu’ils ont ‘mal vieillis’. Recréant l’ambiance d’une Amérique de 1969 dix ans plus tard, son réalisateur Mark Rydell peignait déjà une toile surréaliste, vision d’un pays fantasmé, d’une époque de débauche déjà idéalisée comme âge d’or. Quelques décennies plus tard, le décalage n’en apparaît que plus. Bette Midler ne peut pas enlever le film à elle seule, malgré l’énergie qu’elle dégage. Le récit se déroule, lui, de manière chaotique, sans ligne de conduite, abruptement, et les scènes musicales traînaillent. Au troisième morceau chanté en entier, on souffre. Autant payer sa place de concert ou acheter l’album de la B.O. (les chansons ne sont pas mauvaises d’ailleurs).

“Sans conteste l’un de ces films dont on dit qu’ils ont “mal vieillis”…”

Dans le cinéma hollywoodien des années 1970, il y a à boire et à manger. Des innovations et des mythes, beaucoup de contestation et quelques produits qui voudraient user tous les artifices de l’usine à rêves. THE ROSE est ce cinéma américain dans la grande tradition des décennies en studio d’avant-guerre. Le film n’est en fait qu’un grand capharnaüm dans la pure tradition, où l’entendue condamnation du monde spectacle n’a de pair que la caricature virile du soldat révolté campé par Frederic Forrest, Stetson vissé sur le chef, cigarette au bec, muscles saillants et nonchalance précieuse façon James Dean. C’est trop…

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INFORMATIONS


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Titre original : The Rose
Réalisation : Mark Rydell
Scénario : Bo Goldman, Bill Kerby
Acteurs principaux : Bette Midler, Alan Bates, Frederic Forrest, Harry Dean Stanton
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 9 novembre 1979, ressortie France le 29 juillet 2015
Durée : 2h15
Distributeur : 20th Century Fox
Synopsis : Mary Rose Foster, dite ‘The Rose’, ou la descente aux Enfers d’une chanteuse de rock ‘n’ roll confrontée aux affres du succès alors que les Sixties touchent à leur fin.

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[CRITIQUE] THE ROSE

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