Quand Tonie Marshall veut faire du Lars Von Trier, ça ne fonctionne pas. Quinze ans après le césarisé Vénus Beauté (Institut), nous découvrons Tu veux ou tu veux pas ? , une comédie exaspérante sur tous les fronts. Partant d’une énième mise en scène de l’addiction sexuelle, le film change de registre pour se transformer en comédie romantique bateau et fortement prévisible.

Ne cherchez pas plus loin que ce qui est présenté dans la bande-annonce, il n’y a strictement aucune surprise. Divisée en deux parties, l’intrigue se poursuit par une succession lassante d’approches osées de Judith envers Lambert. Tous les clichés du rentre-dedans nous sont servis sur un plateau, bruts, sans la moindre subtilité. Cela commence par les tenues affriolantes, les phrases crues et les poses lascives en tous genres. Prête à tout, crue et vulgaire, perd tout charme.

L’histoire démarre sur le quotidien de Judith, une libertine opportuniste se donnant à la moindre occasion. Incarnée par une Sophie Marceau extrêmement convaincante, Judith est l’incarnation même de la femme indépendante complètement débridée et finit par être perçue comme une pauvre fille. Lambert (), ex sex-addict reconvertit en thérapeute de couples se voit confronté à cette dévoreuse d’hommes lors d’un entretien et n’a comme unique réaction que de l’embaucher. En plus de l’irréalisme totale de cette scène, son message est affligeant. On nous explique que pour obtenir un poste, les qualifications sont futiles contrairement au physique et au regard lubrique.

Tu veux ou tu veux pas

© Warner Bros. France

La portée féministe du film n’est qu’une illusion, en vérité c’est un éloge de la femme objet, sexy, au physique avantageux. D’ailleurs, pour creuser encore dans les idées préconçues, nous découvrons que le fait d’être ronde est synonyme de laide ou de fade aux yeux des hommes. Pour un film réalisé par une femme, c’est assez scandaleux. Quel était le but de cette pseudo-comédie si ce n’est énerver ?

Les dialogues comme le jeu de leurs interprètes sont plats, nous n’en retenons pas une seule réplique. Nous ignorons toujours ce qu’il s’est passé en post-production mais ils auraient dû vérifier davantage leurs montages. Il y a exactement trois faux raccords extrêmement visibles dispersés dans le film dont un qui est tout simplement inacceptable. A moins que Lambert soit doté de pouvoirs surnaturels, depuis quand est-ce que l’on sèche en un instant après s’être reçu un verre d’eau sur la tête ?

Tous les clichés du rentre-dedans nous sont servis sur un plateau, bruts, sans la moindre subtilité.

La deuxième partie du film est encore plus affligeante. Après l’obscène, place à la guimauve. C’est à se demander si ce n’est pas pire que si le film avait assumé jusqu’au bout son aspect sexuel. Comme tout bon navet qui se respecte, nous avons droit à une fin que l’on prévoit dès la première minute du film, à un retournement de situation irréaliste et navrant avec un léger semblant de suspens. Enfants, nous avions appris que la princesse finissait avec le prince ; aujourd’hui, Tonie Marshall nous prouve qu’à notre époque, la princesse s’est bien débauchée, a connu beaucoup de princes peu vertueux mais finit par trouver l’amour.

Faussement féministe et malgré quelques scènes amusantes, Tu veux ou tu veux pas ? manque sérieusement de subtilité. Tonie Marshall et Sophie Marceau nous ont habitué à mieux. Vague mimétisme de Nymphomaniac version Love Actually, ce film est dans la veine des comédies sans le moindre intérêt. Ce casting et ce scénario plutôt moyens auraient pu produire une comédie plaisante au lieu de cet abysse de vulgarité.

 

CASTING
Titre original : Tu veux ou tu veux pas ?
Réalisation : Tonie Marshall
Scénario : Tonie Marshall
Acteurs principaux : Sophie Marceau, Patrick Bruel, André Wilms, Sylvie Vartan
Pays d’origine : France
Sortie : 1 OCTOBRE 2014
Durée : 1h28mn
Distributeur : Warner Bros. France
Synopsis : Lambert, sex addict repenti, tente de se racheter une conduite en devenant… conseiller conjugal. Abstinent depuis plusieurs mois, la situation se complique lorsqu’il recrute une assistante, la séduisante Judith, dont la sexualité débridée va très vite mettre ses résolutions à rude épreuve…
BANDE-ANNONCE