L’une des visions les plus intelligentes du monde post-11 septembre; en suivant l’enquête d’une unité de services secrets particulièrement neutre et apolitique, le film prend le parti pris de l’empathie avec quelques acteurs du terrorisme – ceux qui le financent plutôt que sur ceux qui le perpètrent – ce qui est totalement cohérent avec son statut d’oeuvre réflexive plutôt que d’action, de film pragmatique plutôt que dénonciateur.

L’un dans l’autre, ça traite de comment juguler les intérêts de chacun (du personnel au global en passant par l’économique) pour atteindre son propre objectif, aussi désespéré que cynique et naïf : « make the world a better place ».
Ce qui également fascinant, c’est cette utilisation de quasiment tous les codes du film d’espionnage (surveillance, filatures, interrogatoires, infiltrations, etc) appliqués à un traitement logiquement très discret plutôt que dynamique. C’est du coup à la fois hyper-réaliste, et fait appel à notre conscience collective de ce que peut être le métier d’espion.

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Puis est incroyable, de même que cette écriture qui parvient à donner un rôle trouble mais passionnant à chaque personnage de l’histoire, puis à les faire converger vers [spoiler mode= »inline »]un dénouement pessimiste[/spoiler] tout en parvenant à générer une tension très palpable. Il y a aussi ce soin du détail (dans les décors, les actions contextuelles, la gestuelle des personnages, le dialogue) très discret mais fascinant…

Bref – même s’il est sans doute un peu classique quoique techniquement très soigné, c’est clairement l’un des meilleurs films de la décennie.