Le 25 janvier 2017, ressortie en salles par le distributeur Carlotta, de 8 films de Kurosawa.
– Le Plus Dignement ★★★☆☆ (notre critique)
– Un merveilleux dimanche ★★★★☆  (notre critique)
– L’Ange Ivre ★★★★★ (notre critique)
– Chien Enragé ★★★★★
– Vivre ★★★☆☆
– La forteresse cachée ★★★★★ (notre critique)
– Yojimbo (sortie en DVD uniquement, édition par Wild Side) ★★★★★ (notre critique)
– Sanjuro ★★★★☆ (notre critique)
– Barberousse ★★★★★

UN MERVEILLEUX DIMANCHE est l’un des quatre films inédits d’Akira Kurosawa, à enfin paraître en vidéo (remasterisée par Wild Side) le 28 octobre 2015. On y suit pendant une journée entière, un couple : Masako et Yuso.

Leur objectif : trouver de quoi occuper – et pourquoi pas rendre merveilleux, ce fameux dimanche… Avec seulement 35 yens en poche. Il y a dans ce postulat d’une épure folle, une promesse d’inventivité, de débrouillardise et de renouvellement qui correspond pleinement à l’esprit du film, tout comme à la mise en scène de Kurosawa, ou à la réalité des deux protagonistes. Le romantisme n’est par exemple, pas vraiment ce qui intéresse le cinéaste dans ce couple. Il cherche plutôt, à capter leurs personnalités, leurs humeurs, leurs rêves ou leurs sentiments à travers leurs différentes interactions ; celles avec la société Tokyoïte, ou simplement celles qu’ils entretiennent l’un envers l’autre. Kurosawa nous propose ainsi un film très élastique et imprévisible pour illustrer cette relation. Tant dans son rythme, que par les émotions qui y filtrent. UN MERVEILLEUX DIMANCHE se construit dans ce grand écart entre moments tristes et joyeux, entre comédie burlesque et tragédie hardcore… Entre longs moments contemplatifs/introspectifs… Et péripéties contextuelles en série ; entre poésie de l’instant… Et réalisme blafard d’un Tokyo en reconstruction ; entre l’exploration de l’intime d’un couple japonais … Et une virée dans l’intime d’une ville japonaise.

S’il y a une seule chose vraiment constante dans UN MERVEILLEUX DIMANCHE, c’est ce souci du grand écart entre chaque scène. Kurosawa façonne par tout cela une « histoire d’amour » hybride, à la fois très crédible par cette attention toute particulière aux choses du quotidien, mais également très cinématographique par l’aspect conte poétique qu’elle prend par moments.

Comme souvent chez Kurosawa, le récit, l’image (mouvements des corps devant la caméra, mouvements de caméra, composition du cadre), son (musiques et bruitages, fantastiquement adaptés aux situations et à l’humeur des personnages), ou encore acteurs (l’optimiste/Masako/Chieko Nakakita et le pessimiste/Yuzo/Isao Numasaki), fusionnent pour créer cette succession de scènes fascinantes, construites chacune autour du contraste entre deux tonalités distinctes. Il y a ainsi une liberté de ton et une imprévisibilité de la mise en situation qui donne au film un charme indéniable. Jusqu’à même, cette volonté de transformer UN MERVEILLEUX DIMANCHE en feel good movie, par l’inclusion du spectateur dans le processus narratif (une surprise formelle vraiment couillue). La somme de ces qualités en est aussi son défaut : à l’instar des films de la Nouvelle Vague, il est nécessaire d’être sensible à l’absence d’enjeux au sein d’un film, mais également d’accepter l’hétérogénéité très stimulante de la mise en scène.

« Avec UN MERVEILLEUX DIMANCHE, Kurosawa préfigure la liberté de ton typique de la Nouvelle Vague pour nous raconter une histoire intime, humaine et sociale inscrite dans un Japon d’après-guerre. Fascinant. »

Puis il y a ces éléments fondamentaux pour la réussite du film : les contextes sociaux et intimes. Le Tokyo de 1947 dans lequel évoluent les personnages porte encore les subtils stigmates de la guerre. Il y a par exemple cette « inflation » qui rend le peuple globalement pauvre – un environnement où la débrouillardise est synonyme d’opportunisme et d’exploitation de l’autre, illustration d’un capitalisme qui commence à corrompre les valeurs d’honneur et de morale typiquement japonaises (nous en parlons plus en détail dans notre critique du Cimetière de la morale ou dans celle de Yojimbo).  Il y a aussi ces quelques ruines, propices au rêve comme à la déchéance… Puis il y a cette relation ou quelque chose est brisé sans que l’on se dise jamais quoi.
Kurosawa ausculte, par les déambulations de ces deux êtres, de nombreuses choses graves et profondes. On reconnait un peu dans UN MERVEILLEUX DIMANCHE, le Scorsese de Taxi Driver (ou celui du méconnu After Hours)… Dans cette façon de capter l’âme d’une ville et d’une époque à travers l’aléatoire et l’imprévisible, les contrastes, les micros enjeux, les moments en apesanteur.

Un merveilleux dimanche (2)

Après le film de propagande contaminé par les obsessions humanistes du cinéaste Le plus Dignement, l’ersatz du divertissement made in Kurosawa situé en Japon féodal Qui marche sur la queue du tigre.., l’intense triangle amoureux inscrit dans un contexte politique fort (la période 1933-1945) Je ne regrette rien de ma jeunesseAkira Kurosawa, nous propose cette fois, avec ce MERVEILLEUX DIMANCHE, de regarder le japon d’après guerre dans le blanc des yeux, tout en nous racontant l’histoire touchante et poétique d’un homme et d’une femme.

UN MERVEILLEUX DIMANCHE a été chroniqué dans le cadre d’une rétrospective consacrée à Akira Kurosawa par le festival Lumière 2015. Le film, inédit jusqu’ici, sera également réédité en HD remasterisée, par Wildside. Disponible à partir du 28 octobre 2015 !

Le FESTIVAL LUMIÈRE sur Le Blog du Cinéma
MARTIN SCORSESE: Analyse de ses films

MARTIN SCORSESE: portrait de l’auteur

Ses films présentés au festival Lumière :

Hugo Cabret (2011)
Les Infiltrés (2006)
Casino (1995)
Le Temps de l’innocence (1993)
Les Nerfs à vif (1991)
Les Affranchis (1990)
La dernière tentation du Christ (1988)
La valse des pantins (1982)
Raging Bull (1980)
New York, New York (1977)
Taxi Driver (1975)
Alice n’est plus ici (1974)
Mean Streets (1973)
Boxcar Bertha (1972)
Who’s that knoocking at my door (1968)

Chroniqués par Georgeslechameau

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AKIRA KUROSAWA : les années Toho

AKIRA KUROSAWA: PORTRAIT

Le Plus dignement (1944)
Qui marche sur la queue du tigre… (1945)
Je ne regrette rien de ma jeunesse (1946)
Un merveilleux dimanche (1947)
– L’Ange ivre (1948)
– Chien enragé (1949)
– Vivre (1952)
– Vivre dans la peur (1955)
La Forteresse cachée (1958)
– Les Salauds dorment en paix (1960)
Yojimbo – Le Garde du corps (1961)
Sanjuro (1962)
– Entre le ciel et l’enfer (1963)

Chroniqués par Georgeslechameau

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8 films de JULIEN DUVIVIER

JULIEN DUVIVIER: portrait de l’auteur

David Golder (1931)
La Bandera (1935)
La Belle Équipe (1936)
Pépé le Moko (1937)
Un carnet de bal (1937)
La fin du Jour (1939)
Panique (1946)
– Le Temps des Assassins (1956)

Chroniqués par Louis

DUVIVIER

quelques films: BAD BOY BUBBY, BLADE RUNNER, LES NÉGRIERS

BAD BOY BUBBY, de Rolf de Heer (1993)

Affiche du film BAD BOY BUBBY

+ CRITIQUE

Titre original : Bad Boy Bubby
Réalisation :
Rolf de Heer
Scénario :
Rolf de Heer
Acteurs principaux :
Nicholas Hope, Claire Benito, Ralph Cotterill, Carmel Johnson
Pays d’origine : Australie, Italie
Sortie :
1 novembre 1995 – (ressortie 11 novembre 2015)
Durée :
1h48
Distributeur :
Nour Films
Synopsis :
Séquestré depuis sa naissance par sa mère, Bubby ignore tout du monde extérieur qu’il croit empoisonné. L’arrivée de son père, dont il était tenu éloigné, va bouleverser sa vie. Le jour de ses 35 ans, Bubby va enfin sortir. Il découvre un monde à la fois étrange, terrible et merveilleux où il y a des gens, de la pizza, de la musique et des arbres…

« Ode à la différence et à l’acceptation de soi. »

Bad Boy Bubby

BLADE RUNNER, de RIDLEY SCOTT (1982)

Blade Runner

CRITIQUE

Titre original : Blade Runner
• Réalisation : Ridley Scott
• Scénario : Hampton Fancher et David Webb Peoples sur une idée de Philip K. Dick (adaptation de la nouvelle « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? »
• Acteurs principaux : Harrison Ford, Rutger Hauer, Sean Young
• Pays d’origine : USA
• Sortie : 
15/09/1982, ressortie restaurée le 14 octobre 2015
• Durée : 1h57min
• Distributeur : Warner Bros. France
• Synopsis : 
Deckard, flic alcoolique en pré-retraite, est sommé de reprendre du service en tant que « Blade Runner » pour dérouiller des « Répliquants » en fuite, dissimulés quelque part dans un Los Angeles condamné à une nuit pluvieuse éternelle.

« Noir et sensuel, le film plonge le spectateur dans un abîme, au fil d’une enquête au rythme imprévisible. »

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« Avec BLADE RUNNER, Ridley Scott démontre sa capacité à faire du neuf avec de l’ancien. Un paradoxe pour un film de science-fiction.« 

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LES NEGRIERS, de Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi

Les Négriers (3)

+ CRITIQUE

Titre original : Addio zio Tom
Réalisation :
Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi
Scénario :
Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi 
Acteurs principaux :
Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi
Pays d’origine :
Italie
Sortie :
1971
Durée :
2h04min
Distributeur :
Jacques Leitienne
Synopsis :
Faux documentaire sur la traite négrière dans les États-Unis du 19e siècle. 

Atroce, dérangeant, cruel. Les mots ne manquent pas pour qualifier LES NÉGRIERS, dont le titre original est Addio zio Tom (Adieu Oncle Tom). Mais attention, ni le film, ni son propos ne sont immondes. L’horreur réside dans le traitement inhumain qu’ont subi des millions d’Africains déportés et qu’évoque crument ce film. Un choix osé qu’a fait le festival Lumière 2015, laissant carte blanche à Nicolas Winding Refn (Drive, Only God Forgives).

LES NÉGRIERS est un faux documentaire réalisé en 1971 par une deux metteurs en scène controversés italiens, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi. Il imagine comment les deux cinéastes arriveraient par miracle à atterrir dans les États-Unis du 19e siècle afin d’y tourner un documentaire sur l’esclavage. La forme adoptée est surprenante : des Américains y parlent librement, avec force regards caméra, de la façon dont ils considèrent les Noirs comme étant tout juste des animaux […]

Les Négriers (2)

la cinéaste russe LARISSA CHEPITKO

Un portrait de la Larissa Chepitko

– Chaleur torride (1963)
– Les Ailes (1966)
– Le Début d’un siècle inconnu – composé de L’Ange d’Andrei Smirnov et de Le Pays de l’électricité de Larissa Chepitko (1967)
Toi et moi (1971)
L’Ascension (1977)

larissachepitko

LUMIERE 2014 : Pedro Almodovar

Programmation de Lumière 2014

PEDRO ALMODOVAR :

Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier de Pedro Almodóvar (Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, 1980, 1h18)
Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? de Pedro Almodóvar (¿ Qué he hecho yo para merecer esto !!, 1984, 1h47)
Matador de Pedro Almodóvar (1986, 1h45)
La Loi du désir de Pedro Almodóvar (La ley del deseo, 1987, 1h44)
Femmes au bord de la crise de nerfs de Pedro Almodóvar (Mujeres al borde de un ataque de nervios, 1988, 1h35)
Attache-moi ! de Pedro Almodóvar (Átame !, 1989, 1h41)
Talons aiguilles de Pedro Almodóvar (Tacones lejanos, 1991, 1h53)
La Fleur de mon secret de Pedro Almodóvar (La flor de mi secreto, 1995, 1h42)
En chair et en os de Pedro Almodóvar (Carne trémula, 1997, 1h39)
Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar (Todo sobre mi madre, 1999, 1h40)
Parle avec elle de Pedro Almodóvar (Hable con ella, 2002, 1h52)
Volver de Pedro Almodóvar (2006, 2h02)
La piel que habito de Pedro Almodóvar (2011, 2h01)

SAGA MUSASHI MIYAMOTO : CRITIQUE des 6 films

PARADIS PERDU, d’Abel Gance: CRITIQUE

OPENING NIGHT, de John Cassavettes : CRITIQUE

Une Femme Dangereuse, avec Ida Lupino: CRITIQUE

Chroniqués par Georgeslechameau

La traversée de Paris

Chroniqué par Louis

lumiere2014 (2)

INFORMATIONS
Un merveillerux dimanche (1)
Akira Kurosawa : Les années TOHO (1944 – 1985)

Titre original : Subarashiki nichiyobi
• Réalisation : Akira Kurosawa
• Scénario : Akira Kurosawa, Keinosuke Uekusa
• Acteurs principaux : Tokuji Kobayashi, Masao Shimizu, Sachio Sakai
• Pays d’origine : Japon
• Distributeur : Wildside
• Sortie : 
1947
• Ressortie vidéo : 28 octobre 2015

• Durée : 1h57min
• Synopsis : Un jeune couple désargenté, Masako et Yuzo, erre dans un Tokyo en ruines, après la guerre, avec l’espoir de vivre leurs rêves sans avoir les moyens de les concrétiser.

EXTRAIT