Londres, au 21ème siècle…
Evey Hammond ne veut rien oublier de l’homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Mais il fut un temps où elle n’aspirait qu’à l’anonymat pour échapper à une police secrète omnipotente. Comme tous ses concitoyens, trop vite soumis, elle acceptait que son pays ait perdu son âme et se soit donné en masse au tyran Sutler et à ses partisans.
Une nuit, alors que deux “gardiens de l’ordre” s’apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey vit surgir son libérateur. Et rien ne fut plus comme avant.
Son apprentissage commença quelques semaines plus tard sous la tutelle de “V”. Evey ne
connaîtrait jamais son nom et son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d’une vie sans amour…

Note de l’Auteur

[rating:9/10]

Date de sortie : 19 avril 2006
Réalisé par James McTeigue
Film américain
Avec Natalie Portman, Hugo Weaving, Stephen Rea
Durée : 2h10min
Titre original : V for Vendetta
Bande-Annonce :

Troisième adaptation cinématographique d’un roman graphique d’Alan Moore après From Hell et La Ligue Des Gentlemen Extraordinaires, V Pour Vendetta est l’oeuvre la plus ambitieuse, la plus acclamée par les aficionados de l’auteur et donc la plus difficile à transposer à l’écran. La grosse machine hollywoodienne allait-elle réussir à faire ressentir aux spectateurs la complexité et la gravité des thèmes développés par Alan Moore ou allait-elle une fois de plus nous servir un beau pétard mouillé sans aucun fond ? Inutile de tourner autour du pot pendant quinze lignes, V Pour Vendetta est un petit bijou de noirceur nous proposant une vision du monde pessimiste mais ô combien réelle, vision très proche d’un roman de 1948 aujourd’hui culte, 1984 de George Orwell.

Ce qui nous saute aux yeux dès les premières minutes de film, c’est cette liberté de ton nous embarquant, un peu comme l’avait déjà fait un Fight Club, dans un trip psychédélique avec un sujet pourtant bien ancré dans notre actualité. Certes cette liberté de ton était déjà bien présente dans le roman originelle mais les frères Wachowski ont fait très fort dans le sens où V Pour Vendetta s’inscrit parfaitement dans notre époque contemporaine avec pour leitmotiv premier cette question brûlante sur la légitimité du terrorisme. Est-il légitime en toute occasion ? Est-il le seul moyen d’affronter un régime totalitaire ? Un gouvernement a-t-il tous les droits vis-à-vis de ses citoyens ?

 

V Pour Vendetta est un petit bijou de noirceur nous proposant une vision du monde pessimiste mais ô combien réelle.

Ces interrogations sulfureuses et dérangeantes sont rendues cependant possibles dans un film grand public américain quand le réalisateur et son entourage sont suffisamment intelligents pour transposer leurs propos dans une autre culture. Bien que le film soit une attaque évidente contre l’administration Bush et une certaine idée de l’Amérique (censure omniprésente, culture contrôlée, persécutions des homosexuels, arrestation d’une personne ayant en sa possession un exemplaire du Coran…), V Pour Vendetta ne choque pas et n’est pas victime de ce qu’il dénonce dans la mesure où il prend place dans un futur proche et chez un voisin trop éloigné pour réellement inquiéter, l’Angleterre.

Cependant, V, ce personnage aussi énigmatique que magnétique, n’est pas pour autant idolâtré, bien au contraire. On comprend vite que V n’est autre qu’une victime devenue bourreau, un monstre combattant un monstre, une erreur qui ne fait pas partie de la solution mais du problème. Trop rarement la limite entre le bien et le mal a été aussi bien exploitée au cinéma. Le régime totalitaire et V sont liés de manière ambigüe, laissant la liberté (notion très forte de ce film que celle de l’auto-réflexion) au spectateur de se faire sa propre opinion des actes de chacun.

N’échappant malheureusement pas totalement à certaines lourdeurs au niveau du style, V Pour Vendetta est une oeuvre aussi succulente que surprenante, une oeuvre hors du temps et de l’espace. Une très belle réussite efficace, poétique, utopique et intelligente.

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Vincent
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1984 n’est qu’un tremplin, l’influence directe se trouve etre en fait un roman de Ievgueni Zamiatine, Nous Autres, ecrit en 1920,premier roman qui demystifie le Revolution d’Octobre, censure par Staline, et qui a inspire Orwell (1984) et Huxley (Le Meilleur des mondes).

theseus black
Invité
theseus black

@Vinc

N’importe quoi, menteur comique: de plus se servir d’un blog de cinéma pour émettre sa propagande c’est purement malhonnête mon pauvre vieux !! 1984, c’est d’Orwell c’est tout, comme Brave New World est d’Aldous Huxley. Ici on est pas à la Pravda.

Tes copains sont bien Sournois & Finaud, non ?..

Vincent
Membre

@ Theseus Black

As-tu lu Nous autres, avant de vituperer au mensonge comique? Maintenant mon ami, evite de traiter les gens de menteur, comiques fussent-ils, en te lisant j’ai du mal a retrouver tes jeunes, tu glisses de la mauvaise interpretation ou de la mauvaise foi vers la malhonnetete intellectuelle, et parler de propagande et de Pravda quand j’evoque ce roman releve de le betise (je te signale que Nous autres est un pamphlet envers l’ideologie communiste, verifie quand est nee la Pravda, cela ne peut que t’etre utile!). Mes copains j’ai encore la liberte de les choisir…N’oublie pas de rester poli, stp (Qui insulte s’insulte!)

theseus black
Invité
theseus black

On peut s’attaquer aux films; mais non aux classiques, là c’est grave (surtout quand c’est FAUX en l’occurence.) Et oui, c’est toi qui insulte dans ce cas-présent !!

“l’influence directe se trouve etre en fait un roman de Ievgueni Zamiatine, Nous Autres, ecrit en 1920,premier roman qui demystifie le Revolution d’Octobre, censure par Staline, et qui a inspire Orwell (1984) et Huxley (Le Meilleur des mondes).”

Enfin moi ce qu’en j’en dis…

[De plus tout le monde sait que tout “jeune” ou pensant l’être comme toi est surtout vieux dans sa tête.]

theseus black
Invité
theseus black

et hormsi l’énaurmité de tes propos scandaleux et orientés, pour poursuivre l’exploration de ton cerveau malade; je ne vois pas pourquoi on devrait être accompagné de jeunes pour s’exprimer sur le blog (en cage; en laisse ?!!?)

= Jusqu’à preuve du contraire, c’est moi le jeune…

[critique] V Pour Vendetta

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