Un policier violent est aux prises à la fois avec sa hiérarchie et un gang dirigé par le truand Kiyohiro. Kitano réalise ce premier film où il devait seulement tenir le premier rôle, par hasard. A la suite de la défection du metteur en scene, il accepte de mettre en scène «  » en remaniant considérablement le scénario. D’une histoire policière classique, il ne garde que la trame et concentre son attention sur le personnage principal qu’il incarne: un antihéros solitaire et à contre-courant.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 25 mars 1998
Réalisé par
Film japonais
Avec Takeshi Kitano, ,
Durée : 1h 38min
Titre original :
Bande-Annonce :

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Takeshi Kitano répond à Fukasaku d’une superbe manière en reprenant un film qui lui était destiné auparavant. Le flic sans pitié Azuma est alors né dans un costard deux pièces, à l’allure nonchalante. Sans rire, même si un peu maladroit au niveau de sa structure, Violent cop est un polar surfant souvent entre l’humour typique du Beat Takeshi et la poésie mélancolique de Kitano.

Le film débute alors comme un polar dopé à l’ultra violence et truffé d’humour noir. Le personnage qu’incarne Kitano est alors à double facette. Flic modèle et bien portant devant son patron, véritable ripou et crapule de première dans la rue, frappant et torturant toute vilaine personne. La séquence d’introduction, fabuleuse en son sens, prouve que le chasseur devient chassé lorsqu’il se retrouve seul. Dans le rôle du pédiatre peu orthodoxe, l’inspecteur tatane la tronche et met des coups de boule à qui oserait mettre le souk dans la ville, sa ville. Il en met aussi lorsqu’on parle mal de sa sœur. Il a raison après tout.

Le style de Kitano est alors né (quoiqu’il faudra attendre définitivement pour s’avancer pareillement), et le fan de cinéma est aux anges

Là où Violent Cop paraissait être un pur polar au début, il en est tout autrement par la suite. Plus sombre et tragique le métrage se transforme en véritable machine de guerre, au message social fort et engagé. On y trouvera des tournantes dans des pièces dégueulasses où la victime est droguée aux shoots pour couiner plus fort, où les corps ensanglantés gisent à droite à gauche telles des ordures encaissées dans des coins sombres. Dénonciation d’une société sans foi ni loi où truand, caïd, yakuza et ripoux se répondent par l’intermédiaire des balles.

Les courses poursuites en pleine ville du début se voient alors substituer par un final démentiel et ultra violent entre Azuma, son ennemi et sa sœur, séquence hallucinante et étonnante dont on ne pensait une issue pareille. Le style de Kitano est alors né (quoiqu’il faudra attendre définitivement Sonatine pour s’avancer pareillement), et le fan de cinéma est aux anges.