Tout commence une nuit, lorsqu’Alfie se réveille, paniqué à l’idée qu’il ne lui reste plus que quelques précieuses années à vivre. Cédant à l’appel du démon de midi, il met abruptement fin à quarante années de mariage en abandonnant sa femme Helena. Après une tentative de suicide et une analyse vite arrêtée, celle-ci trouve un réconfort inattendu auprès d’une voyante, Cristal, qui lui prédit une histoire d’amour avec un « grand inconnu tout de noir vêtu »…

Note de l’Auteur

[rating:4/10]

Date de sortie : 6 octobre 2010
Réalisé par
Film américain, britannique
Avec , , , , ,
Durée : 1h38min
Titre original : You Will Meet A Tall Dark Stranger
Bande-Annonce :

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On ne peut qu’admirer la boulimie de travail de Woody Allen qui, contrairement à la peau de chagrin de Balzac, s’épaissit avec le temps. L’homme est proprement infatigable et accumule aujourd’hui, en plus de cette démangeaison d’écrire et de filmer, la démangeaison du voyage.

Ayant inscrit l’Angleterre, l’Espagne et bientôt la France à son tableau de bord, le cinéaste de la Big Apple revient cette fois-ci à Londres, entouré d’un grand cru d’acteurs. Malheureusement, bien malheureusement, le tonus n’est pas forcément un gage de qualité, comme le démontre justement le personnage interprété par Sir Anthony Hopkins. Il semblerait que l’inspiration magnifique qui ait animé le créateur à l’époque du grand en 2005 se soit tarie, simplement.

Dans ce film actuel au titre à rallonge, Allen est très économe de ses moyens. Il cherche à prouver que dans un monde insensé et inutile, se bercer d’illusions permettrait de survivre. Alors, Anthony Hopkins devient un vieux beau, Josh Brolin un plagiaire, Naomi Watts une fleur bleue, Gemma Jones une mystique de comptoir, Freida Pinto une fiancée incomplète. Pourquoi pas.

Le thème n’est pas futile puisqu’il invite au débat. Le cinéaste plante le décor dans une Londres douce et dorée qui rappelle la dolce vita espagnole de . Mais dans ce décor suave, on trouve plus de bavardages que de propos, plus d’expositions que de situations, plus d’errance que d’intrigue. Il ne se passe rien. Une fois les personnages introduits par une voix off très accessoire, Woody Allen ne les conduit nulle part. Sa répartition des rôles majeurs ne se comprend pas.

En effet, pourquoi donne-t-il tant d’importance à la grande tige écervelée mais sculpturale qui sert de nouvelle épouse à Hopkins -et qui reste un pauvre cliché- et si peu d’importance au personnage de galeriste infidèle tenu par le gentleman Antonio Banderas ?
Pourquoi n’a t-il pas creusé Freida Pinto, qui ne peut décemment pas se contenter d’avoir un sourire éclatant ?
Pourquoi est-ce que les histoires conjuguées de la superbe Naomi Watts et de son mari à l’écran, le caméléon Josh Brolin, n’aboutissent même pas à l’ombre d’un dénouement ?
Où va-t-on exactement ?

Beaucoup de questions, aucune réponse. Si, une réponse. Le marathonien Allen fait dans le facile. Il court mais il ne sue pas. Il ne se foule pas depuis 2005. Une vitrine de grands acteurs et une recette éprouvée, une marque déposée, un style reconnu mais suffisant, incurieux et prévisible manquent hélas de coffre cette fois-ci. Quand on est au sommet, c’est mieux de tenter et de glisser un peu. C’est plus rafraîchissant pour tout le monde.