, New York : en plein krach boursier de 2008, un jeune trader, Jacob Moore, est prêt à tout pour venger son mentor, que d’obscures tractations financières ont poussé au suicide. Il demande de l’aide à Gordon Gekko, le meilleur – et le pire – des gourous de la finance, qui vient de sortir de 20 ans de prison pour délit d’initié. Jacob va apprendre à ses dépens que Gekko reste un maître de la manipulation, et que l’argent ne dort jamais.

Note de l’Auteur

[rating:3/10]

Date de sortie : 29 septembre 2010
Réalisé par
Film américain
Avec , ,
Durée : 2h16min
Titre original : Wall Street: Money Never Sleeps
Bande-Annonce :

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est de très loin le meilleur film d’Oliver Stone. C’est le plus personnel, le plus philosophique et le plus animal de ses travaux. A maints égards, c’est un des films les plus couillus de cette plate décennie. Donc, l’un des plus matraqués. Les hématomes sont encore visibles sur la peau d’artiste du cinéaste qui fut jadis une tête brulée. Wall Street est un gros hématome.

Jeune romantique de la finance, Jake Moore concilie sa passion de la spéculation boursière et son militantisme en faveur d’un monde plus propre, tourné vers les énergies alternatives. Il sort avec Winnie Gekko, la fille du fameux roitelet de Wall Street, tout juste sorti de prison pour délinquance financière.
A mesure que le temps passe et que se profile l’apocalypse de la société du marchandage, Jake aura de plus en plus de mal à imposer son éthique et à conserver les bonnes grâces de Winnie, gauchiste invétérée, meurtrie par les intérêts véreux de son paternel.

On reconnaît assez vite en Oliver Stone le goût pour la dramaturgie, lui même se définissant comme un dramatist. Il cherche à doter ses personnages de la complexité shakespearienne qui peut les rendre inoubliables. Le problème est qu’il les sacrifie à la mode d’un rythme narratif échevelé, tournoyant et contre-productif.

A cette mode du « vite, vite, vite ! » s’ajoutent le bavardage soporifique des traders et l’étalage systématique de leurs transactions interminables. Plutôt que de développer l’humanité de ses personnages, Stone, qui n’hésite pourtant pas à faire coïncider la vie intime de Michael Douglas à celle de Gordon Gekko, passe un temps fou à décortiquer les rouages de la machinerie impitoyable nommée Wall Street. Cet exercice pédagogique s’éloigne de la mission du dramatist. C’est la mission du journaliste d’investigation.

Le film est triste. Les plans sur les gratte-ciels de New York sont tristes. Même l’affiche est une triste réplique de celle de L’Associé Du Diable. L’inventive industrie polonaise de l’affichage de cinéma n’est pas passée par là. On est dans la torpeur sans arrêt. Parmi les acteurs réputés, seul Shia LaBeouf l’apprenti donne l’impression de vouloir botter le cul à cette morosité funèbre. Le message de Stone est clair : l’argent est chiant. Pourquoi lui donner une si haute importance ? Message prometteur qui n’est malheureusement pas suivi dans les faits par une bonne secousse animale, thérapeutique, charnelle. Le film est froid et seulement froid, il n’a pas l’exubérance vitale qu’avait Alexandre. C’est un documentaire froid.
On espère qu’Oliver Stone se remettra des coups qu’il a pris en 2005 pour son exploration de l’Antiquité.