Léo Woeste est inspecteur à la brigade criminelle de Bruxelles. Il vit avec Kathleen et leur fils, Jack, 5 ans. Jour après jour, il explore les bas-fonds de la ville, le « Waste Land ». Deux événements vont menacer son équilibre. D’une part, une enquête est ouverte sur le meurtre d’un jeune congolais, retrouvé dans un sac poubelle, d’autre part Kathleen lui apprend qu’elle attend leur enfant mais qu’elle ne souhaite pas le garder. La rencontre avec la sœur de la jeune victime, Aysha Tshimanga (Babetida Sadjo) le fait alors plonger dans une spirale destructrice.

La spirale n’est malheureusement pas que pour Léo et on ressort du film avec le tournis. La première impression devant WASTE LAND est un sentiment de confusion. Où veut en venir le réalisateur, Pieter Van Hees ? Est-ce un film sur les relations de couples, sur les relations père-fils, sur les dérives policières, sur un meurtre, ou sur l’obsolescence de la suprématie blanche ? On est un peu perdu devant le flot d’informations que l’on reçoit.

@ Chrysalis Films

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Cette pagaille paraît pourtant volontaire, Pieter Van Hees tente de créer un puzzle pour tenir les spectateurs en haleine. Mais les pièces s’emboîtent mal et on peine à trouver une cohérence au scénario. Malgré ce désordre, l’histoire devient prévisible et la fin s’impose rapidement comme une évidence. Sans suspense pour donner envie de continuer, il est difficile de rester intéressé par le film jusqu’au générique. Ces faiblesses scénaristiques auraient pu être comblées par un héros attachant, qui nous aurait donné envie de le suivre, mais Léo ne l’est pas du tout, malgré les efforts de Jérémie Reiner. On éprouve au mieux de la sympathie au pire de l’agacement devant son comportement.

La mise en scène n’améliore pas ce ressenti. Le film est structuré comme un livre, avec des chapitres correspondants à l’évolution de la grossesse de Kathleen. Si ce parti pris est attrayant, il est maladroitement exécuté. Même au sein des chapitres, on passe d’une scène à l’autre, d’un moment à un autre, sans vraiment de cohésion. Ces coupures ralentissent le rythme du film. La dichotomie entre le fond, une histoire et la forme diminue l’intensité des moments clés du film et au bout d’un moment… on s’ennuie.

” Le film se perd dans les méandres de l’esprit de son héros. Long et décousu, il est difficile à suivre. ”

Tout n’est pas mauvais dans WASTE LAND, l’ambiance instaurée par la photographie très sombre, est efficace. L’atmosphère est pesante et j’ai retrouvé la même gêne que j’avais pu ressentir devant des films tels que La cité des enfants perdus ou Dante 01 face à cet univers verdâtre. La musique vient renforcer ce malaise causé aussi bien par le traitement de l’image que par le sujet abordé. Dès le début, elle dérange. Stridente dans des scènes calmes, enjouée dans des scènes dérangeantes, elle complète bien l’univers de WASTE LAND.

Un des gros points forts du film sont les acteurs qui réalisent une performance appréciable. Jeremie Reiner dépeint avec sensibilité et finesse le personnage de Léo. Le couple qu’il forme avec Natali Broods fonctionne immédiatement. Cette dernière joue avec tellement de naturel qu’il est difficile de la distinguer son personnage. Leur relation est bien construite, avec une fragilité illustrée par leur différence de langages mais aussi par leurs silences. Babetida Sadjo complète brillamment le trio de tête. Il est dommage que WASTE LAND n’atteigne pas le niveau de ses acteurs. C’est presque un soulagement lorsque les crédits apparaissent à l’écran.

Les autres sorties du 25 mars 2015

DIVERSION, À TROIS ON Y VA, CENDRILLON, VOYAGE EN CHINE, DEAR WHITE PEOPLE, WASTE LAND, etc.

INFORMATIONS


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Titre original : Waste Land
Réalisation : Pieter Van Hees
Scénario : Pieter Van Hees
Acteurs principaux : Jérémie Reiner, Natali Broods, Babetida Sadjo, Peter Van den Begin
Pays d’origine : Belgique
Sortie : 25 mars 2015
Durée : 1h37mn
Distributeur : Chrysalis Films
Synopsis :Léo Woeste est inspecteur à la brigade criminelle de Bruxelles. Il vit avec Kathleen et leur fils Jack, 5 ans. Jour après jour, il explore les bas-fonds de la ville, le « Waste Land ». Sa famille lui permet de garder pied. Mais l’enquête sur le meurtre d’un jeune congolais amène Léo à rencontrer la soeur de la victime, une femme magnétique et déterminée. Entre rituels, fascination et vieux démons, l’équilibre de Léo semble plus que jamais menacé…

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