A l’origine, il y a Les portes de la perception, le livre d’Aldous Huxley sur son expérience de la mescaline et d’autres drogues hallucinogènes. La citation de William Blake, qui lui a fourni le titre de ce livre, inspira également Jim Morrison et Ray Manzarek pour le nom du groupe – The Doors – qu’ils fondèrent en 1965 à Venice Beach avec John Densmore et Robby Krieger. Ils allaient devenir l’un des groupes les plus importants et les plus influents du rock américain.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 09 juin 2010
Réalisé par Tom Dicillo
Film Américain
Avec Johnny Depp, Jim Morrison, Ray Manzarek, John Densmore, Roby Krieger
Durée : 1h30min
Titre original : When You’re Strange
Bande-Annonce :

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Il y a des films comme ça qui ont plus de chance que d’autres, d’une manière qui dépasse l’entendement. Vous ne vous souvenez sûrement pas de About A Son, le documentaire sur Kurt Cobain sorti en 2008. Son réalisateur, Aj Schnack, l’avait traîné pendant plus de 2 ans de festival en festival sans trouver personne pour le distribuer, et au final, quand il était sorti en France, ça s’était fait dans une indifférence relative : peu de promo, distribué dans des petites salles sur les circuits indépendants. Alors que pourtant Kurt Cobain est une icône générationnelle comme on n’en a plus vu depuis… Kurt Cobain.
Et d’un autre côté, il y a When You’re Strange, sur les Doors, dont le chanteur Jim Morrison est le Kurt Cobain de la génération d’avant (schématiquement), qui sort en grande pompe dans les UGC, Pathé et compagnie, distribué par MK2, et on voit ses belles affiches sépia s’étaler dans tous les couloirs de métros de Paname.
A propos de ces affiches, il y a d’ailleurs peut-être quelque chose d’un peu obscène et déplacé à y exhiber aussi fièrement le nom de Johnny Depp, en lui donnant la même importance que celui du réal. C’est sûrement un coup marketing à 2 balles pour créer la confusion, mais que ce soit clair une fois pour toutes : When You’re Strange n’est PAS un film avec Johnny Depp. Tout ce que vous aurez du beau brun dans ce documentaire (car c’est de ça qu’il s’agit), c’est sa voix, et uniquement parce que celle du réalisateur était trop pourrie. Donc si vous êtes fan de Johnny Depp mais pas des Doors, vous allez vous faire chier. Honnêtement.

When you're strange 4

D’ailleurs, et ça c’est aussi un peu plus tragique, si vous êtes fan des Doors, vous risquez aussi de rester un peu sur votre faim, vu qu’on n’apprend rien de neuf, rien qu’on ne savait déjà. Les images d’archives sont cool, les extraits de concerts sont bien, mais, alors qu’on pouvait être en droit de s’attendre à des révélations, du jamais vu ou du jamais entendu, Tom DiCillo (réalisateur) se contente de ressortir du frigo des trucs qu’on a déjà bouffé des centaines de fois : la drogue, l’alcool, les flics, la descente aux Enfers de Morrison, sa mort.
D’un autre côté, si vous voulez découvrir les Doors, si vous connaissez juste leur musique et que ça vous a ouvert l’appétit, ou même si vous croyez que Kurt Cobain a été la première star du rock à être un poète incompris, à souffrir de la drogue et à avoir des relations conflictuelles avec ses parents, alors ce film est une prescription idéale. Il est assez complet, bien documenté, bien monté, le choix des morceaux et des extraits est correct… Si on a du mal à le trouver vraiment transcendant, on a aussi du mal à lui faire des vrais reproches concrets, si ce n’est peut-être une tendance un peu trop poussée de DiCillo à donner dans le spectaculaire et à essayer de rendre encore plus tragiques les situations qu’elles le sont déjà.

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Ray Manzarek, le claviériste des Doors, qui est un type un peu nerveux à ses heures – car il n’est toujours pas mort -, balance a qui veut l’entendre que When You’re Strange est un « anti-Oliver Stone ». A cause du film qu’avait réalisé ce dernier en 1991, The Doors. Dans celui-ci, il y avait des acteurs (Val Kilmer génial dans le rôle de Morrison), des effets spéciaux psychédéliques (avec du LSD, du peyotl, des trips acides dans le désert et des fantômes d’indiens) et pas mal de passages centrés sur la vie amoureuse du chanteur (à peine évoquée dans le documentaire). Comme tous les biopics, il prenait pas mal de libertés avec l’histoire réelle des Doors, pour lui donner un côté plus mystique, et donner à Jim Morrison des allures d’aliéné directement échappé de l’asile.
Seulement, quoi que puisse en dire Ray Manzarek, The Doors est un très bon film, et au final la vérité c’est que, quitte à faire les choses correctement, si vous êtes un peu perfectionnistes sur les bords, le mieux c’est encore d’aller voir When You’re Strange puis de mater (en DVD acheté légalement, bien entendu) le film d’Oliver Stone dans la foulée, comme ça vous aurez vraiment en votre possession toutes les clefs nécessaires pour comprendre ce qu’étaient les Doors. Qui ils étaient, ce qu’est leur légende, et comment ils ont parfois réussi à la dépasser.

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