Le pitch : Un député progressiste est assassiné dans un pays méditerranéen. Le juge d’instruction s’occupant de l’enquête met en évidence, dans ce crime, la participation de l’armée et de la police.
Toute ressemblance avec des événements réels, des personnes mortes ou vivantes n’est pas le fait du hasard. Elle est volontaire
.

Le message est clair dès le début du film, ce qui va suivre va faire mal ! Et les grandes instances cinématographiques ne vont pas s’y tromper : Prix du Jury et Prix d’interprétation pour Jean-louis Trintignant au Festival de Cannes en 1969, Oscar du meilleur film étranger et Oscar du meilleur montage en 1970. La bombe est lâchée. rejoint le panthéon des grands films qui marquent l’histoire du cinéma à jamais.
En cette édition 2015 du Festival de Cannes, encore une fois la section Cannes Classics sent le bon coup et invite et son film fer de lance Z pour un hommage cinématographique et pour nous rappeler aussi qu’en ces temps où la liberté est attaquée de toute part, l’art et le cinéma ont toujours été une voix contestataire et résistante face au fascisme quel qu’il soit.

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Ainsi, Z cogne fort en 1969 sur la Croisette. Le film est même salué comme le premier grand film politique français, rien que ça. Il est aussi le premier film d’une trilogie politique avec L’Aveu (1970) et Etat de siège (1973). Il raconte l’histoire de l’assassinat du député grec Grigori Lambrakis (interprété par ) en 1963 par le pouvoir et les hautes autorités du pays, en particulier la gendarmerie qui a tenté de camoufler l’assassinat en accident. Mais un juge intègre joué par va mener l’enquête tout le long du film et découvrir le pot-aux-roses. Le film aurait pu simplement relater les faits déjà très conséquents et fournissant un excellent scénario, mais Costa-Gavras en état de grâce va concocter une œuvre aux petits oignons pour signer l’un de ses meilleurs films.

Basé sur d’excellents interprètes, Montand et Trintignant parfaits, le film construit son récit minutieusement grâce à un montage d’une redoutable efficacité et salué par les oscars eux-mêmes. Il dissèque l’affaire étapes par étapes après une entrée en matière grinçante avec un discours assez savoureux s’il n’était pas terrifiant par un des hauts généraux de l’état comparant l’opposition politique à une maladie qu’il faut éradiquer. La narration est très propre et là-dedans Gavras instille son cinéma. La fiction est là par les dialogues et l’interprétation nous plongeant ainsi dans un polar maitrisé et pourtant il y a comme un arrière goût de documentaire. Le film ne tombe jamais dans le sensationnalisme et la gratuité, il reste toujours sur le fil et évite les caricatures.

« Costa-Gavras rentre avec ce film dans la cour des grands. »

C’est un film plein de cinéma, lorgnant sur le polar américain, parsemé d’humour grinçant parfois cocasse, qui reconstitue les faits historiques tout en nous racontant une histoire comme seul le permet le dispositif cinématographique. Costa-Gavras rentre avec ce film dans la cour des grands, avec les cinéastes qui élèvent leurs voix pour rapprocher l’art de Vérité, de la contestation et de la défense de notre liberté. Il poursuivra ce même chemin tout au long de sa carrière cinématographique avec d’autre films coup de poings comme les excellents Amen ou Le Couperet mais Z restera son chef-d’œuvre : « Il est toujours vivant » !

Z est présenté dans la sélection Cannes Classics, pendant le Festival de Cannes édition 2015 !

INFORMATIONS

Zaffiche


Titre original : Z
Réalisation : Costa-Gavras
Scénario : Costa-Gavras Jorge Semprun Ben Barzman
Acteurs principaux : Yves Montand Jean-Louis Trintignant Irène Papas
Pays d’origine : Algérie France
Sortie : 26 février 1969
Durée : 2h05min
Distributeur :
Synopsis : Un député progressiste est assassiné dans un pays méditerranéen. Le juge d’instruction s’occupant de l’enquête met en évidence, dans ce crime, la participation de l’armée et de la police.


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