TRANSPECOS, « c’est trois mecs dans un désert ». Voilà comment un groupe de festivaliers résumait le film, quelques minutes avant sa projection au festival de Deauville le 7 septembre 2016. Il y a de ça en effet. Malheureusement, dans le fond, il n’y a pas grand-chose d’autre, à part beaucoup d’ennui. Et ce en dépit des tentatives du scénariste Clint Bentley et du réalisateur Greg Kwedar de nous faire vivre une histoire où se mêlent drogue et chantage d’un cartel mexicain aux alentours de la frontière avec les Etats-Unis.

Les « trois mecs », ce sont des agents de la police des frontières qui occupent un petit poste de contrôle, perdu au milieu du désert. Flores et Hobbs, déjà dans le métier depuis quelques temps, et Davis, le nouveau. On suit alors avec amusement le quotidien de ces trois hommes qui s’occupent comme ils peuvent, se vannent et taquinent plus ou moins gentiment, tels des cowboys du dimanche, les conducteurs qui passent leur point de contrôle. Le film aurait presque pu s’en satisfaire. Mais il lorsqu’un contrôle de routine tourne mal et mène à la découverte d’une importante cargaison de drogue, Davis se retourne contre ses collègues pour sauver sa famille.

photo de TRANSPECOS

La situation se tient. Sous la menace et dos au mur, on comprend que Davis agisse de la sorte. Bien moins évident, les intentions d’Hobbs qui, même s’il tente de convaincre le jeune homme d’abandonner, finira étrangement par lui proposer son aide. TRANSPECOS multiplie alors les problématiques pour les agents mais avec bien trop de facilité pour que l’on puisse réellement y croire. Si la réalisation n’est pas à remettre en cause – bien que depuis l’excellent Sicario les films autour du Mexique et des cartels apparaissent bien mornes – c’est bien le scénario trop léger et bourré de ficelles qui pose problème. D’autant plus qu’à part pour « divertir » son spectateur, les deux auteurs ne se servent jamais de cette situation pour partager un message ou faire la moindre critique. A part éventuellement pour nous dire qu’il y a des gentils mexicains prêts à se sacrifier pour aider leur prochain (dernier quart d’heure particulièrement lourd), ou d’autres qui ont su s’intégrer dans la société, comme Flores et Hobbs. Mais au final, sans être un mauvais film, TRANSPECOS n’apporte juste pas grand-chose et s’oublie aussitôt.

Pierre Siclier
TRANSPECOS A ÉTÉ PRÉSENTÉ EN COMPÉTITION AU FESTIVAL DE DEAUVILLE DU 2 AU 11 SEPTEMBRE 2016
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