Le titre : KISSING COUSIN. La première scène : une jeune femme dans une voiture s’adresse à un garçon : « nous sommes cousins, j’aurais aimé qu’on le soit au troisième degré ». Il n’en faut pas plus à Chang Hyun-sang pour nous déstabiliser. On se dit qu’il y aura du dégoût et un rejet à voir une histoire d’amour incestueuse entre deux cousins.

Et pourtant, le réalisateur parvient par sa délicatesse à embrouiller nos sentiments tandis que se révèlent à nous ces deux personnages. Revenant d’abord sur leur enfance. Une enfance naturelle où l’on se chamaille et s’attache. Une amitié forte et naïve se développe entre les deux enfants le temps de deux jours. On se retrouve alors forcément pris d’affection pour ces deux protagonistes lors de leurs retrouvailles, près de dix ans plus tard. Tae-ik (Jang In-sub, élégant et sobre) est à la fin de son service militaire et a pu prendre quelques jours pour une réunion de famille. Il retrouve ainsi Ari (Bae So-eun, d’une grande fraicheur) qui partira à l’étranger dans une semaine.

Photo du film KISSING COUSIN

Chang Hyun-sang fait preuve d’une vraie sensibilité dans la mise en place des liens entre ces deux personnages. Tous deux gênés, intimidés l’un par l’autre, KISSING COUSIN avance alors par des regards et des sourires complices. Leur rapprochement se fait lentement et le film réussi à atteindre son objectif dès lors que le spectateur se met à éprouver les mêmes émotions que devant une comédie romantique plus classique. C’est-à-dire à se sentir frustré de ne pas voir ces deux jeunes gens enfin s’embrasser et s’unifier. Prêt, même, à les pousser dans les bras l’un de l’autre s’il le pouvait.

Les rares moments où s’expriment leurs sentiments sont alors une forme de soulagement pour le spectateur, car montrés comme une évidence. Avec une photographie chaude et des acteurs si attachants, KISSING COUSIN nous plonge doucement dans une atmosphère cotonneuse. Capable de faire oublier son sujet tabou pour ne laisser que la sensualité d’une relation secrète et éphémère.

KISSING COUSIN a été présenté au 11e Festival du Film Coréen à Paris du 25 octobre au 1er novembre 2016 au Publicis Cinémas.
Pierre Siclier

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