Il y a quelque chose de très intriguant dans les premières minutes de STEEL FLOWER. Une jeune fille déambule dans les rues de Busan, un sac sur le dos et trimballant sans précaution une grosse valise. Tout du long , dont c’est le deuxième film, s’attèle à éviter son visage. La filmant de dos ou la cachant de ses longs cheveux. Par sa mise en scène le réalisateur semble décidé à nous oppresser, à rendre ce voyage éreintant.

Finalement après une dizaine de minutes, nous découvrons ce visage, enfin. Un visage tristement beau, forcément inoubliable. Celui de la jeune actrice,  – déjà présente dans le premier film du réalisateur, Wild Flowers (2014) -, sublime dans sa détresse. Celle-ci interprète à merveille une sans domicile fixe qui n’aura pas de nom, pas d’identité. Certes asociale, elle reste désireuse de travailler (et donc de se réinsérer) pour survivre. Un désir constamment contrarié par la société elle-même, faisant naître chez le spectateur une forme d’enragement.

Photo du film STEEL FLOWER

En effet, l’obstacle majeur pour cette jeune fille, dans sa quête de travail, sera évidemment la question de son logement. Paniquant dès lors qu’un chef de restaurant lui demandera une adresse et un numéro de téléphone pour l’employer. Le reste du temps, c’est la nature mauvaise de certains hommes (ou femmes) qui la trompera, exploitant sa naïveté. Le réalisateur prend tout de même bien soin de montrer au sein de cet environnement quelques hommes bons, prêts à l’aider, rendant ainsi son œuvre plus naturelle.

Bien sûr il faut admettre que STEEL FLOWER est assez difficile d’accès. De par son rythme lent et la volonté de Park Suk-young de filmer à la dérive, reproduisant d’une la vie de son personnage. Il n’en reste néanmoins une œuvre particulièrement intéressante dans son regard sur la société, portée par une certaine poésie. En effet, bien qu’il insiste sur la violence quotidienne (qu’elle soit physique ou morale), le film fait apparaître des éléments de joie dans la vie de cette jeune fille. De par sa fascination pour les claquettes, elle en devient d’autant plus touchante et parvient ainsi à provoquer l’émotion, au sein d’une œuvre très renfermée.

STEEL FLOWER a été présenté au 11e Festival du Film Coréen à Paris du 25 octobre au 1er novembre 2016 au Publicis Cinémas.

Pierre Siclier

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