Affiche du film ILL MANORS

Kirby, ex dealer, vient de sortir de prison, Ed est une tête brûlée, Michelle, une prostituée sous surveillance et le jeune Jack, se trouve empêtré au sein d’un gang local. Chris est déterminé à se venger et Katya cherche désespérément à fuir ce trouble voisinage. Sans oublier Aaron, notre protagoniste, qui essaie juste d’être un type bien…

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Titre original : ILL Manors
Réalisation :
Scénario : Ben Drew
Acteurs principaux : , , , ,
Pays d’origine : Royaume-Uni
Sortie : 3 aôut 2013
Durée : 2h00
Bande-Annonce :

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Amateurs de rap anglais ou non, vous avez forcément déjà entendu parler de Ben «Plan B» Drew, surtout grâce à son hit de 2010, « She Said » doté d’un refrain plutôt entêtant. Musicien prolifique mais également acteur (ADULTHOOD, HARRY BROWN, THE SWEENEY), celui que l’on surnomme l’Eminem anglais réalise son premier long-métrage avec ILL MANORS et qui malgré un budget dérisoire (100,000£) se révèle être d’une efficacité redoutable.

Nous sommes tous le produit de notre environnement. Voilà ce que dit la tagline, que notre cadre de vie, notre milieu social forge indéniablement notre destin et par conséquent notre personne. Plan B justifie cet adage en faisant évoluer son récit au sein de Forest Gate, un quartier malfamé dominé par la pauvreté et la criminalité. Absence de travail, de ressources, d’infrastructures solides, ici il est question de survivre du mieux qu’on peut, en témoigne les nombreux dealers, criminels et prostituées qui peuplent cette cité. Plan B veut dévoiler un niveau visage de Londres, un versant délaissé mais bien réel: celui où la population trime, vit constamment sous la peur et le danger, où les jeunes veulent imiter les plus grands qui fument du crack et possèdent une arme, où les proxénètes traitent les femmes plus bas que terre… . On déplore une absence de repères probante qui pousse alors les gens à la dérive.

Photo du film ILL MANORS

ILL MANORS reste une plongée viscérale dans la banlieue-Est londonienne, un portrait d’une violence infernale, un brûlot social hip-hop prodigieux.

Et pour mieux dépeindre cette misère sociale qui en touche plus d’un, Plan B ne limite pas son intrigue à un seul personnage et réalise plutôt un film choral. Dealer, prostituée, jeune délinquant ou encore junkie, chaque personnalité nous est présenté à travers un rap proclamé par Plan B himself ! La grande originalité du film est de proposé une narration entièrement musicale et si on pourrait reprocher l’effet clipesque qui peut s’installer, l’excellent flow du rappeur et la richesse des textes font de la musique un point fort du film, tout aussi important que le scénario. C’est une histoire de destins croisés où toutes ces identités seront confrontées et soumises une fatalité commune, une sorte de tragédie moderne qui malgré le faible nombre de protagonistes est représentative de toute une population.

Il s’agit d’un film très personnel pour Plan B car il a lui-même grandi dans ce quartier, toutes les situations racontées ont été vécues par lui et ses amis ou lues dans les journaux. Aujourd’hui c’est un artiste reconnu et est la preuve qu’on peut s’en sortir et envisager un meilleur avenir, comme en témoigne les dernières minutes du film, légèrement optimistes. ILL MANORS reste une plongée viscérale dans la banlieue-Est londonienne, un portrait d’une violence infernale, un brûlot social hip-hop prodigieux. Plan B tacle la politique de David Cameron, pose sa lumière sur ce Londres assombri par Buckingham Palace et les Jeux Olympiques. Une œuvre coup de poing où l’on ressent l’influence de Tarantino (PULP FICTION), Nicolas Winding Refn (PUSHER) ou encore de Shane Meadows (THIS IS ENGLAND). Un premier long-métrage terrifiant (de réalisme).

Photo du film ILL MANORS