Pour son dernier film, , plonge le spectateur dans la jeunesse de Pablo Picasso et lui permet de comprendre les sources de son identité artistique multiple.

Il est toujours intéressant de connaître et de comprendre l’homme qui se cache derrière l’artiste, et de tenter de saisir les racines de chacune de ses œuvres. Des sources d’inspiration aussi bien familiales que géographiques, historiques, culturelles ou même sociologiques. Et avec Picasso, on peut dire que la matière est sacrément riche, tant ses œuvres sont prolifiques sur près de 80 ans (on en évoque 50 000) et l’interpénétration entre l’homme et l’artiste définitivement organique. C’est ce que réussit parfaitement à démontrer ce passionnant documentaire, qui fait partie de «  », série de films qui explore depuis plusieurs années les biographies des artistes les plus admirés de l’histoire.

Photo du film LE JEUNE PICASSO

Et on était finalement bien loin de tout savoir du grand peintre et de sa vie de jeune homme. Bien sûr, Picasso n’est pas le seul artiste à avoir été à ce point influencé par son enfance, sa famille, ses expériences de vie ou ses lieux de résidence. Mais ce qui semble spécifique à Picasso, tel que le documentaire le laisse entendre, c’est la rapidité de sa capacité d’assimilation, d’ingurgitation même, du monde qui l’entoure, et la façon dont il en extrait la substance et la retranscrit dans son œuvre.

LE JEUNE PICASSO nous ramène donc sur les traces de son passé, notamment dans trois villes qui ont joué un rôle clé dans sa formation et son regard (Málaga, Barcelone et Paris). Tel un jeu de piste entrecoupé de témoignages d’experts des différents musées dont il est l’objet ou de celui de son petit-fils Olivier Widmaier Picasso, le documentaire chemine doucement vers l’une de ses œuvres majeures, Les Demoiselles d’Avignon, peinte alors qu’il n’avait que 25 ans.

LE JEUNE PICASSO revient sur les traces du passé de l’artiste et analyse certaines des œuvres de Picasso au regard de sa vie pour le moins fascinante.

Car avant de devenir le Picasso énigmatique, anti-conformiste, révolutionnaire et visionnaire, le jeune Pablo s’est évidemment formé à l’art académique. Encouragé par son père, lui-même peintre, qui lui a permis d’exposer ses portraits dès l’âge de 13 ans ou de partir se former à Barcelone ou Madrid. Ce père, dont on comprend qu’il a vécu par procuration le talent de son fils prodige.

L’identité et le langage artistiques de Picasso, toujours en mouvement, vont évoluer au gré de la vie de bohème qu’il mène et de sa curiosité naturelle pour les lieux de vie, voire pour certains milieux anarchistes. Mais aussi de son ambition, dont il ne fait pas mystère, et de ses rencontres avec d’autres artistes qui s’admirent mutuellement, comme Casamegas, Utrillo ou encore Max Jacobs. Et enfin avec la gente féminine, comme Fernande, sa première muse. Et on est d’ailleurs reconnaissant au réalisateur de ne pas faire l’impasse sur les relations assez malsaines que Picasso entretenait avec les femmes, même si ce n’est pas le sujet.

En ce sens, LE JEUNE PICASSO remet très bien en perspective l’effervescence de la vie parisienne de ce début du XXème siècle, grande source d’inspiration pour tous ces artistes. Même si on regrette l’emploi d’un trop grand nombre d’images contemporaines de la ville et des habitants de Malaga pendant les témoignages des experts, LE JEUNE PICASSO donne à voir de façon très esthétique l’analyse de certaines des œuvres de Picasso au regard de sa vie pour le moins fascinante. Et surtout, ce film qui ne s’adresse pas qu’aux seuls initiés mais bien à un large public, donne envie de se confronter à nouveau à ses œuvres et d’aller remettre les pieds dans les musées qui les accueillent.

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Sylvie-Noëlle

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LE JEUNE PICASSO : comment Pablo devint Picasso - Critique
Titre original : Young Picasso
Réalisation : Phil Grabsky
Date de sortie :
Durée : 1h25 min
4.0Passionnant
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