Un caméscope et voilà toute une époque qui ressurgit en images. Dans , met la vie en cassettes, des espoirs pré-adolescents aux bêtises adolescentes jusqu’aux déceptions d’adulte, le tout toujours avec humour.

PLAY, comme le bouton d’un caméscope. Celui que Max (interprété par l’acteur et humoriste ) reçoit par ses parents à Noël 1993. Encore pré-adolescent, il enclenche la fameuse touche et démarre un film, celui de sa vie. Enregistrer devient son jeu favori, jusqu’à immortaliser chaque instant, jusqu’à lui devenir sa principale occupation pendant 25 ans.

Tout y est. Les scènes de vie quotidiennes en famille avec la fabrication d’un gâteau au yaourt, l’amour d’une mère (formidable ), la chamaillerie entre fratrie ou la douleur d’une séparation. Les premiers rendez-vous, les bêtises hilarantes, l’école. Les appels pour sortir avec une fille, les « Action, Chiche ou Vérité ». Surtout, une bande de copains indestructible du collège à la vie d’adulte qui rappelle à chacun ses amis d’enfance avec qui ont été menés les quatre-cents coups.

Il y a Mathias (), il y a Arnaud (Arthur Perier-Pillu), il y a Max et Emma (splendide capable de jouer une adolescente comme une jeune femme). Et il y a, toutes ces années-là, la caméra. Caché derrière son appareil, Max amène le spectateur à ses soirées arrosées, aux bancs de la faculté, aux vacances à l’étranger, à la Coupe du monde 1998, à l’an 2000, à ses premiers boulots, à sa vie de papa. Et toujours au visage d’Emma.
Chacun se remémore avec une joyeuse nostalgie ses années 90, le tout emporté par une bande son de qualité, empreinte incontestable de PLAY (You Are My High de Demon, du Jamiroquai en passant par Charles Aznavour à Slipknot et même Pixies ou encore l’indétrônable Wonderwall de Oasis).

Photo du film PLAY

Présente dans les moments plus intimes, la caméra de Max l’est aussi durant les grands événements comme la Coupe du monde 1998.

Après Les Gamins (2013) et Robin des bois, la véritable histoire (2015), Anthony Marciano, accompagné une nouvelle fois de Max Boublil (par ailleurs co-scénariste), signe là un véritable feel good movie, réalisé avec subtilité. L’importance des détails et la minutie du travail se ressentent, même si la fin semble moins appliquée que le reste du film. Une exigence qui se met au service de la simplicité : pas question d’en faire des tonnes. Le duo semble puiser dans ses propres souvenirs, ce qui touche les spectateurs et donne un résultat à la hauteur de ce début d’année .

Le tournage est conçu en found footage, c’est-à-dire de façon « amateur », à la manière d’un individu lambda qui réaliserait des vidéos personnelles, pour correspondre au mieux à la réalité. Si cela peut paraître étrange durant les premières secondes, l’œil s’habitue très vite et l’on se laisse porter par les aventures de cette bande d’amis qui pourrait être la nôtre. La qualité des images évoluant à mesure que les personnages grandissent et donc au grès des progrès techniques, rend les transitions entre les époques naturelles, du téléphone fixe au portable, du caméscope VHS à la vidéo numérique, en passant par Snapchat, laissant l’histoire filer jusqu’à se retrouver catapulté une décennie puis deux plus tard.

PLAY se révèle être un feel good movie qui traverse les époques. Un bon moment à passer entre amis ou en famille pour se remémorer ses belles années et celles à venir.

25 ans plus tard, il reste des montagnes de cassettes, de merveilleux souvenirs et quelques déceptions. Max est resté un grand enfant qui a fait du jeu son métier mais qui ne sait pas quand être sérieux. L’occasion d’appuyer sur la touche rembobiner, de « tout revoir depuis le début » pour peut-être passer de l’autre côté de l’écran.

Dessin du film PLAY

25 ans après avoir appuyé pour la première fois sur le bouton Play de sa caméra, Max rembobine les images de sa vie, des années 1990 à 2019.

PLAY n’est pas qu’une énième comédie française. Malgré un scénario assez universel (les aventures d’une bande d’amis peuvent faire penser à Five) et une méthode de tournage qui n’est pas nouvelle, le film se montre actuel, arrive à créer la surprise, à décrocher des fous-rires ou à évoquer des souvenirs. C’est une bouffée d’air frais.

Marylou Czaplicki

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PLAY, back to the 90’s – Critique
.Titre original:Play
.Réalisation:Anthony Marciano
.Scénario:Anthony Marciano, Max Boublil
.Acteurs principaux:Max Boublil, Alice Isaaz, Noémie Lvovsky
.:
.Durée:1h48min
4.0Prometteur
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