Affiche du film SHADOW DANCER

Collette, jeune veuve, est une républicaine, vivant à Belfast, avec sa mère et ses frères, de fervents activistes de l’IRA. Suite à son arrestation après un attentat avorté au cœur de Londres, Mac, un agent secret du MI5, lui offre le choix : passer 25 années en prison et ainsi perdre ce qu’elle a de plus cher, son fils, ou espionner sa propre famille. Elle décide de faire confiance à Mac, et retourne parmi les siens.

Note de l’Auteur

[rating:5/10]

Date de sortie : 6 février 2013
Réalisé par James Marsh
Avec Andrea Riseborough, ,
Film britanniquo-irlandais
Durée : 1h42min
Titre original : Shadow Dancer
Bande-Annonce :

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Oubliez les thriller à action (du style TAKEN). Ici, James Marsh arrive à imbriquer la politique correctement dans son thriller. La reconstitution historique est parfaite et le cinéaste a pris soin de n’oublier aucun détail. Un thriller politique où les terroristes sont au coeur des enquêtes et missions des agents de police. Ce film va donc rapidement tourner dans le film d’espionnage. En effet, le discours politique ne vient qu’avec les enjeux apportés. Car dès la deuxième scène, on a le droit à un face-à-face saisissant entre un flic et une jeune femme veuve qui a le choix entre un long séjour en prison et espionner sa famille.

Mais ce n’est pas tout. Cet espionnage va vite être accepté. Du coup, que reste t-il du discours politique et du film d’espionnage ? Le discours politique part petit à petit en fumée pour laisser place à un mélodrame au sein d’une famille qui vient intégrer le côté film d’espionnage. Et le réalisateur se concentre tellement sur le respect de son scénario et du fil conducteur que la tension prend aussitôt au sein de cette famille. Même si le film en vient à laisser quelques incohérences structurelles dans sa dramaturgie.

Photo du film SHADOW DANCER

Le film a une telle froideur que ça en dérègle le récit. Un thriller qui s’apparente plus à un thriller politique qui va vers l’intimiste.

James Marsh avait l’air de beaucoup tenir à sa dramaturgie. Venant du milieu , ça se comprend. Mais cela n’est pas une raison pour que le centre du film soit un tel fouillis. Autant on a une scène d’exposition dans le passé qui n’a aucun intérêt pour le reste du déroulement de l’histoire, autant on se demande quand ce bazar va terminer et là on se prend une grosse claque pour le dénouement. Mais si le fond est mal exploité, on ne pourra pas en dire autant de la forme.

James Marsh nous filme son histoire avec une telle froideur et impunité que ça en devient dégoûtant. Autant le côté film d’espionnage intimiste était une belle idée, autant l’ambiance froide, sans saveur (donc sans angoisse), et ne pas appuyé les situations est scandaleux. Pour un cinéaste qui vient du documentaire, en venir à un tel niveau d’académisme pour survoler des péripéties est affolant. Même le fait d’être permis d’entrer dans la salle obscure et de là voir que le live du ballet n’est pas terminé fut un plus grand choc.

Ah non, il y a aussi choquant dans ce film. La façon dont James Marsh traite ses personnages. Autant Andrea Riseborough et Cliwe Owen sont merveilleux, autant ils sauvent le film de la catastrophe. En effet, le réalisateur a oublié quelque chose d’essentiel : aimer ses personnages. Censés montrer leurs déchirements intérieurs et leur lutte face à leurs démons intérieurs, les personnages se sont résolus qu’à la simple évocation de témoin d’une situation qui pourrait tout faire basculer d’un sens ou d’un autre.

En fait, mis à part le respect ultime du scénario, le casting et le côté film d’espionnage intimiste, tout sonne faux dans ce film. Même quand il s’agit d’avoir un semblant de climax. Voilà ce qu’il manque cruellement à ce film pour réellement décollé et ne pas rester bêtement dans un air d’inachevé. Un climax aurait propulsé le film vers un côté ambigu qui lui aurait fait surement du bien. Car là on se demande vraiment si nous, spectateurs dans la salle, on est juste là pour constater et ne pas être concerné ou même emmené vers ce dénouement pourtant sublime.

Photo du film SHADOW DANCER

Finalement, SHADOW DANCER est un film vraiment tendu, mais non plus être angoissant. Il y a une telle froideur dans ce film que ça en vient à dérégler le récit. Mais on ne niera pas que le casting nous offre un bijou de performance et que le réalisateur a su filmer son thriller. Un thriller qui s’apparente plus à un thriller politique qui va vers l’intimiste, et ça rend plutôt une belle copie psychologique. Mais quand on a pas grand chose à dire, la cohérence se perd avec les personnages et on attend le dénouement (certes grandiose) avec impatience.

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