Affiche du film SNATCH

Franky vient de voler un énorme diamant qu’il doit livrer à Avi, un mafieux new-yorkais. En chemin, il fait escale à Londres où il se laisse convaincre par Boris de parier sur un combat de boxe clandestin. Il ignore, bien sûr, qu’il s’agit d’un coup monté avec Vinny et Sol, afin de le délester de son magnifique caillou. Turkish et Tommy, eux, ont un problème avec leur boxeur, un gitan complètement fêlé qui refuse de se coucher au quatrième round comme prévu. C’est au tour d’Avi de débarquer, bien décidé à récupérer son bien, avec l’aide de Tony, une légende de la gâchette

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 15 Novembre 2000
Réalisé par
Film Britannique, Américain
Avec , , , , , Dennis Farina,
Durée : 1h43min
Titre original :
Bande-Annonce :

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Bon, je ne vous le cache pas, moi aussi, le dimanche, il m’arrive de faire quelques repas de famille. Pénibles, laborieux ou même ennuyants le but de ce billet n’est pas de trouver le qualificatif le plus juste quant à ces réunions consanguines implicitement légalement obligatoires. Non. Le but est de dire qu’à la dernière célébration j’ai vu mon cousin. Dire que j’ai rencontré mon cousin n’est pas non plus vraiment le but recherché à proprement parler. Là encore, non. Le but est de faire mon introduction pour SNATCH. Et ce grâce à la diction particulière de cette personne parente qui me permet de faire le lien avec celle de Brad Pitt dans le film : un phrasé rapide et caractéristique qui mâche à peu près un mot sur un (eh oui, ça fait beaucoup !).

Car SNATCH est un film irrésistiblement drôle par dessus tout, et cela est du en grande partie à Mickey, boxeur gitan tatoué, interprété par Brad Pitt. Chaque apparition est instantanément culte et loufoque. L’incompréhensibilité de ses phrases provoque à chaque fois l’hilarité et laisse une marque indéniable au film. Et donne aussi une possibilité de visionnages multiples, puisqu’il vous faudra tout de même plusieurs séances pour comprendre la plupart des répliques !

La finesse (ou grosseur plutôt, car aucun des protagonistes n’est vraiment un fin personnage) des caractères est un atout majeur de SNATCH. Chaque rôle est défini parfaitement est empreint d’un style, d’un charisme, d’une attitude et d’une histoire propre. Tous les personnages pourraient en effet faire l’objet d’un film à part. Ainsi, une force du film repose donc sur la capacité à plaire au public en présentant tellement de caractères différents, mais tous autant travaillés, que chacun pourra se trouver une affinité particulière avec l’un des héros. Alors si vous êtes plus attirés par les russes barbus très résistants, les joailliers juifs, les parieurs flambeurs à quatre doigts, les bandits à la petite semaine, les boxeurs, les éleveurs de porcs ou les managers de boxeurs clandestins, vous y trouverez votre compte. Oui, je suis d’accord, d’un côté, SNATCH, c’est un peu les Sims version GTA.

Photo du film SNATCH

SNATCH, c’est comme un gamin dans une cour de récré : un film qui cherche juste à s’amuser.

Vous l’aurez compris, le film est tout de même un peu orienté « testostérone ». Mais pas forcément « testostérone-explosion-je ne saigne pas beaucoup- et je sauve le monde ». Non. On est plus dans un film de « mecs ». Par là, j’entends surtout film « avec des mecs ». D’où un univers plutôt brut, bas du front, primaire, irréfléchi, spontané et quelque peu bestial (eh oui mesdames je me fais des vôtres sur ce coup là !).

Mais cela permet de créer un univers particulier et inoubliable dénué de sentiment. Et c’est franchement plaisant, rigolo et jouissif (oui, désolé, je reste un garçon quand même.). Car oui, sinon, où pourrions nous entendre de telles répliques : « – Y’a quoi dans la voiture ? – Ben, y’a des sièges et puis un volant » « – Comment je dois t’appeler ? Je dois t’appeler Plomb, Dents ? – Appelle-moi Suzanne si ça te fait plaisir. » « – Doucement, Franky mon garçon. Rome ne s’est pas faite en un jour. – Je ne suis pas à Rome, Doug, je suis à la bourre… » « Et pourquoi on l’appelle Boris pare-balles ? – Parce qu’il pare les balles, Avi. »

Bref, je sens que je m’emporte et que j’en ai déjà trop mis. Ce n’est pas parce que je connais le film par cœur que je dois tout remettre. Déjà, l’article serait trop long et, en plus, je vous gâcherais tout plaisir ! Alors parlons un peu technique pour s’assurer de rester dans l’abstraction et éviter toute déconvenue quant à de quelconques révélations fortuites portant sur certains moments phares du film qui pourraient ainsi vous gâcher la surprise et la joie que vous pourriez en tirer. Eh bien, en voilà une longue phrase !
Breeeeef, la technique disais-je. Temporalité absolument maitrisé et rythmée par Guy Ritchie, la mise en scène est un point de plus dans la balance critique : une scène routière fantastique impliquant une bouteille de lait vous marquera et fera sourire (du moins je l’espère. De toute façon je ne gère aucun SAV sur mes critiques.). De plus, dans la durée, chaque destin est traité non pas à égalité, mais avec la justesse qu’il se doit, afin de faire progresser l’histoire ou alors de créer une efficacité comique parfaite. Par exemple, les quelques sporadiques moments d’apparition de Boris sont précis et suffisants pour en faire un ressort comique attendu et nécessaire. Saupoudrons cela avec une BO juste exquise et l’on obtient un film détonnant, unique, rythmé et profondément marqué par sa propre ambiance et son propre style.

Film unique, instantanément culte pour certains, immonde et navrant pour d’autres, SNATCH possède en tout cas la caractéristique de sortir des sentiers battus et de proposer un divertissement haut de gamme pour un genre loufoque, tordu, sans complexe et surfant sur le fun à l’état pur. SNATCH, c’est comme un gamin dans une cour de récré : un film qui cherche juste à s’amuser.

Photo du film SNATCH