Distribué par le Saint-André-des-Arts qui en est également le seul exploitant, est le premier film de fiction de la réalisatrice , qui suit ici les premières semaines de la vie d’un enfant, et de l’entourage familial qui tourne autour de lui.

Un cri, une naissance, un enfant : Marta vient d’accoucher. Ce temps ordinaire que pointe le titre du film de Susana Nobre c’est celui d’un retour à la vie par la vie – après l’apparition de ce nouveau-né, il faut désormais revenir à une normalité car c’est le début d’un nouveau temps. Tempo Comum, comme une idée du naturel ; une idée du naturel sous deux formes : d’une part, le temps naturel, et, d’autre part, l’image naturelle.

Ce temps comme cette image se définissent autour d’un même thème, celui du geste. Ce geste qu’on apprend, ce geste qu’on donne, ce geste qu’on rythme, ce geste qu’on répète : le geste de cinéma devient geste d’une mère et la réalité autobiographique de Tempo Comum se transforme en évidence. Susana Nobre, devenue mère, se plonge dans le quotidien d’une famille – une famille de fiction ? Non. Marta, la mère à l’écran, est bien accompagnée de son conjoint et de son propre bébé, reproduisant en leur compagnie pour la caméra des scènes de leur quotidien. Comme pour Jean Epstein en son temps, le documentaire n’est jamais très loin (Susana Nobre en a d’ailleurs réalisé plusieurs) – mais on pourrait plutôt voir cette démarche insolite comme une découverte : c’est comme si la réalisatrice, par ce jeux d’illusions, semblait avoir trouvé la clé du réel. Cette clé, c’est justement le geste que l’on connait. Chez l’acteur, c’est limitation. Dans la relation d’une mère à son enfant, la vie. La vie dans sa plus sincère beauté.
Photo du film TEMPO COMUM
Tempo Comum relève également d’une esthétique très travaillée. Chaque plan, comme un tableau, s’observe ou s’écoute dans son immobilité et la simplicité de sa composition parfois biblique – si ce n’est rupestre. Dans cette rencontre du fictif, du réel, du documentaire, Susana Nobre compose une forme nouvelle, polyvalente, et forcément polyglotte : l’on y parle de cinéma comme de féminité, comme en témoigne sa galerie de personnages de femmes.

Sobre et silencieux, Tempo Comum se savoure comme une tranche de vie – dans cette observation du quotidien, de ses acteurs, et surtout dans sa mise en scène sporadique de la parole de certains personnages contant des anecdotes, il rappelle Ozu. Avec en moins, et c’est bien dommage, la mélancolie, la tragédie et la poésie qui faisaient de ses meilleurs films des monuments. Ça n’en reste pas moins saisissant.

Vivien

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TEMPO COMUM, tout sur ma mère – Critique
Titre original : Tempo Comum
Réalisation : Susana Nobre
Scénario : Susana Nobre
Acteurs principaux : , ,
Date de sortie :
Durée : 1h04min
3.0Prometteur
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