Si les questions sociales sont plutôt présentes dans les œuvres taïwanaises, et notamment celles de l’intégration de la population philippine (comme en attestent Arnie ou encore Nia’s Door, également présentés aux RdCT), THE EVIL INSIDE nous parle quant à lui d’un autre problème de société, celui qui oppose la jeunesse à la fin de vie de ses parents, en prenant l’exemple d’une jeune fille et de son vieux père, un cancéreux en phase terminale.

THE EVIL INSIDE délaisse toute empathie envers ses personnages, pour jouer à fond la carte du malaise. Le film pousse ainsi les curseurs contextuels et atmosphériques à leurs extrêmes pour nous montrer une histoire de vénalité – celle d’une jeune femme qui a du faire interner son propre père dans un établissement pariant de l’argent sur la date de mort de ses patients. Elle même, contre son gré ou peut-être pas tant que cela, fait partie intégrante de cette lucrative euthanasie organisée.

photo de The Evil Inside

On perçoit ainsi dans THE EVIL INSIDE, un discours finalement commun à la plupart des populations occidentales et d’autant plus la notre, à propos d’une population qui vieillit et d’une jeunesse qui n’a plus les moyens ni l’envie – sociologiquement parlant -, de s’occuper de ses vieux. Cet Evil Inside, symbolise ainsi la part sombre de notre propre schizophrénie, cet égoïsme qui inévitablement, prendra le pas sur notre humanisme.

THE EVIL INSIDE est au final un court métrage qui, s’il n’est jamais agréable par ce qu’il montre (une mort sale et dérangeante) ou dans la qualité d’interprétation de ses acteurs, à le mérite de captiver par sa force évocatrice. En nous enfermant dans cette chambre d’hôpital et en observant métaphoriquement une jeune femme affronter ses propres démons, mais également les spectres d’une humanité vouée à disparaître… Il nous renvoie à notre propre futur.

À voir aux Rencontres du Cinéma Taïwanais, le jeudi 9 février 2017 à 21h50