Même si j’avais plutôt apprécié le précédent opus avec tous ses défauts et maladresses qui en faisait sans aucun doute le plus faible des films Marvel à ce jour, THOR premier du nom pêchait par son côté artificiel et son humour mal dosé qui torpillait la bonne volonté de Kenneth Brannagh, bon réalisateur au demeurant. Et il faut dire que la prestation de Chris Hemsworth, censé porter le film avec le personnage principal, était trop limitée pour espérer à la base un film réellement bon. Néanmoins le côté “canard boîteux” de ce long-métrage lui a donné en son temps ma sympathie (comme avec une série Z quoi).

Vient aujourd’hui THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES, qui sort en salles après un majestueux AVENGERS et un IRON MAN 3 en mon sens bien plus bancal dans son rôle d’amorce de la Phase 2 de l’univers Marvel Studios (notamment avec un humour très inégal). Honnêtement, justement refroidi par le dernier film sur Tony Stark et additionné au torrent de rumeurs sur une production assez houleuse et compliquée où le réalisateur Alan Taylor n’aurait pas monté complètement le film, avec notamment Joss Whedon appelé à la rescousse en cours de route, j’étais un peu craintif d’aller voir ce second film sur le dieu asgardien, la licence la plus faible de l’univers Avengers, qui ressemblait à priori à un projet mal torché.

Autant le dire de suite, ce long-métrage ne fait pas faire un bond qualitatif phénoménal à la série mais force est de constater que j’avais tort et que ce film fonctionne bien mieux. Bizarrement, visuellement plus pauvre que le premier, les Royaumes dont notamment Asgard dépaysent plus et le fait de ne pas se dérouler sur Terre principalement rend l’ensemble des asgardiens, Thor compris, bien plus crédible. On n’est plus dans un film de super-héros mais dans un film de fantasy, hyper pauvre en regard du monde de Tolkien magnifié par Peter Jackson, mais qui donne une meilleure légitimité à la licence Thor. L’expérience d’Alan Taylor sur la série d’HBO, GAME OF THRONES, semble avoir servi l’univers dépeint ici, jusque là enfermé dans une certaine torpeur.

« Le spectateur n’est pas emporté comme il le devrait au vu des ambitions dont pourrait se targuer le studio à l’origine du succès Avengers, mais on est loin de la torture qu’a pu être le premier film pour certains. »

On notera au niveau du casting que si Anthony Hopkins cachetonne une fois encore, il le fait avec un peu plus d’implication que précédemment et Chris Hemsworth commence à trouver ses marques dans le rôle du fils d’Odin, semblant ainsi avoir désormais plus de deux expressions et autre chose qu’un statut de poseur. Celui qui ressort néanmoins le plus grandi de cette comédie d’action (car il faut le prendre ainsi) est Tom Hiddleston qui donne au personnage retord de Loki toute son épaisseur que cela soit dans ses taquineries ou dans son côté plus torturé de fils rejeté.

Quant au personnage maléfique de Malikith, leader des Elfes Noirs, Christopher Eccleston le joue sans doute très bien mais entre le maquillage très présent et l’impression tenace d’avoir à faire à un croisement entre l’Empereur et Darth Vader en terme de posture, on a du mal à voir en lui une menace nouvelle. Il n’en demeure pas moins assez inquiétant pour justifier l’intrigue.

Photo du film THOR - LE MONDE DES TÉNÈBRES

© Marvel

Je parlais à l’instant de “comédie d’action” pour qualifier THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES car à l’instar de nombreux films des années 70-80, on est ici plus face à un film centré sur des personnages et ponctués de gags que sur des évènements nécessitant une débauche d’effets visuels et des prouesses techniques se suffisant à elles-mêmes. Il est évident que le scénario comme la technique ne sont pas ici la clé pour entrer dans le film : on passe, comme souvent dans les comic-books (ou dans les séries télévisées “classiques”), par l’évolution et l’interaction des personnages plutôt que par des aventures passionnantes et innovantes.

On assiste ici à l’installation durable d’une portion de l’univers Marvel cinématographique par l’enrichissement des personnages liés à Thor (notamment Loki bien sûr, mais Jane Foster et ses “sous-fifres” également) qui passe nécessairement par la case humoristique pour rendre le tout digeste. Et des gags, il y en a pléthore ! On notera les plus efficaces comme étant celui de l’arrivée de Thor à l’appartement de Jane, ainsi que celui du métro (en tout cas, aux rires dans la salle) mais ils sont ici mieux intégrés que ceux d’IRON MAN 3, qui à l’inverse me faisaient sortir de l’intrigue.

Malgré une certaine aura de chaos entourant sa production, Marvel Studios et Alan Taylor ont pris le taureau par les cornes pour redorer le blason de Thor et son marteau. Les gags font mouche, les personnages s’enrichissent et le scénario ultra-simpliste fait néanmoins le job. Bien sûr, le spectateur n’est pas emporté comme il le devrait au vu des ambitions dont pourrait se targuer le studio à l’origine du succès AVENGERS, mais on est loin de la torture qu’a pu être le premier film pour certains.

Éric

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[CRITIQUE] THOR – LE MONDE DES TÉNÈBRES

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