Il est enfin là ! Après des années de spéculations, de rumeurs et d’attentes, Rob Thomas (BIG SHOTS, 90210 BEVERLY HILLS : NOUVELLE GENERATION) l’a fait. Il a réussi à réunir toute l’équipe de VERONICA MARS la série pour VERONICA MARS le film. Véritable phénomène à cause de son mode de financement, le film marque un tournant dans la production et la consommation du cinéma. Ce genre de tournant que l’on adore et qui prouve – à ceux qui en douteraient encore – que le cinéma est un art en constante mutation.

En parlant de mutation, il semblerait que ce soit sous ce prisme que Rob Thomas ait décidé d’écrire, de réaliser et de produire son film. Neuf ans se sont écoulés depuis ce moment où nous avons laissé notre petite Veronica. Entre-temps, elle a obtenu des tas de diplômes, est devenue avocate, tente d’intégrer un grand cabinet new-yorkais et s’est remise avec Piz (alias Chris Lowell, PRIVATE PRACTICE, LA COULEUR DES SENTIMENTS). Veronica a changé, oui. Mais lorsque son grand amour de lycée, Logan (alias Jason Dohring, RINGER, THE TOMORROW PEOPLE), est accusé du meurtre de sa chanteuse de petite amie, elle ne peut qu’accourir pour l’aider. L’occasion de revoir ceux qui ont marqué la série et qui nous avaient terriblement manqué.

Photo du film VERONICA MARS

S’il ne fallait retenir qu’un seul adjectif pour définir cette suite de la série qui a bercé l’adolescence de certains d’entre nous, ce serait bien évidemment « prévisible ». Oui, oui, VERONICA MARS est un film prévisible. Qu’il s’agisse de cette séquence d’ouverture stylisée et marquée par la douce voix de Kristen Bell (AMERICAN TRIP, SCREAM 4), de cette longue séquence de réintroduction des personnages phares de la série ou bien de l’identité du (ou des) coupable(s) de l’épisode. Pardon, du film ! Qu’on se l’accorde, le scénario de VERONICA MARS n’est pas extraordinaire. Le film est un divertissement et se regarde avant tout pour l’univers qui nous a captivé pendant 3 saisons et 64 épisodes. L’histoire ne détonne pas, ne surprend pas, n’impressionne pas. Mais cela tombe bien pour Rob Thomas : ce n’est pas ce qu’on lui demandait. Ou du moins, ce n’est pas sur le scénario que l’on jugera son adaptation cinématographique.

« Un film fait par les fans et pour les fans. »

VERONICA MARS est le petit bébé d’un réalisateur qui a créé un univers, qui a ensuite évolué grâce à une véritable communauté de fans. Des fans qui n’ont pas hésité à donner plus de 6M$ pour que le projet se concrétise. Et histoire de les satisfaire comme il se doit, Rob Thomas a fait de l’évolution, le changement et la maturité, les thèmes forts de son film. D’un pragmatisme certain et d’une perspicacité à toute épreuve lorsqu’elle était adolescente, où en est désormais Veronica ? A-t-elle fait les bons choix ? Est-elle toujours aussi drôle ? Vit-elle toujours à Neptune ? Est-elle enfin heureuse (avec Logan) ? Le début du film fait émerger toutes ces questions qui étaient finalement enfouies chez les fans. Peut-être parce qu’ils ont grandi avec la série ou bien parce qu’ils se reconnaissent en Veronica, ces fans voudront savoir ce qu’elle devient. Amie idéale pour certains, modèle pour d’autres, elle fait partie de ces rares personnages féminins qui ont marqué l’histoire des séries américaines pour les bonnes raisons. (L’autre parfait exemple étant bien évidemment Buffy Summers !) Je vous rassure, le film apporte certaines réponses, mais il soulève de nouvelles questions plus secondaires mais non moins intéressantes.

Photo du film VERONICA MARS

Grâce à un casting toujours aussi inégal, VERONICA MARS le filme ne jure pas avec l’esprit de la série. De même pour l’esthétique et l’ambiance. Du coup, il y a toujours les personnages que l’on adore (Mac, Piz), ceux qui nous font inlassablement sourire (Keith, Dick) et ceux dont l’utilité nous échappe encore (Gia et Vinnie entre autres). Biens que ravis de les retrouver, il va sans dire que le film est porté par le duo Veronica/Logan et en particulier par Kristen Bell qui incarne Veronica, qui est Veronica, qui était la série et qui est maintenant le film. Pas franchement innovant dans sa technique, VERONICA MARS pêche sérieusement au moment des discussions en champs/contre-champs qui s’enchaînent mal et dont la vitesse donne le tournis. On regrettera le manque de musique « actuelles » – qui dénote avec les références culturelles contemporaines et précises (TMZ en tête) – et le placement de produits outrancier de certaines marques (BMW et Samsung en particulier).

En d’autres termes, VERONICA MARS est un bon divertissement. Bien qu’étant un film fait par les fans et pour les fans à la base, il pourrait bien toucher un nouveau public. Et si ce n’est pas le cas cette fois, supposons que Rob Thomas se rattrapera avec la suite !? En attendant, le majestueux doigt d’honneur de Veronica au début du film et le caméo inattendu de James Franco (SPRING BREAKERS, C’EST LA FIN) peuvent d’ores et déjà entrer dans la pop culture.

CASTING
Titre original : Veronica Mars
Réalisation : Rob Thomas
Scénario : Rob Thomas, Diane Ruggiero
Acteurs principaux : Kristen Bell, Jason Dohring, Chris Lowell, James Franco
Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 14 Mars 2014
Durée : 1h47mn
Distributeur : Warner Bros. France
Synopsis : Neuf ans après la fin de la série, Veronica Mars est devenu avocate à New York. Elle s’est également remise avec Piz depuis peu. Elle retourne cependant à Neptune et reprend son rôle de détective privé pour aider Logan Echolls. Elle en profite pour revoir ses amis Wallace et Mac et assiste à la réunion des dix ans de la fin du lycée.
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