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120 battements par minute sera présenté au prochain Festival de Cannes. Il s’agit du troisième long-métrage de Robin Campillo, après Les Revenants en 2004, et Eastern Boys en 2013.

L’histoireDébut des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean.

Photo: 120 battements par minute de Robin Campillo

Pourquoi on l’attend : pour une nouvelle plongée au cœur d’un sujet de société, via l’immersion dans une communauté marginalisée dans l’inconscient collectif. Les roms et par extension les migrants dans Eastern Boys, et à priori la communauté homosexuelle dans 120 BATTEMENTS PAR MINUTE. On imagine ensuite, grâce à Robin Campillo, un traitement dudit sujet qui ne repose pas sur les clichés ou les à priori, mais sur l’empathie, l’imprévisibilité, sur l’allégorie, et la sensibilité.

Il y avait en effet à l’oeuvre dans Eastern Boys, une mise en situation intelligente qui progressivement, construisait d’un coté des identités et des vécus persistants, et de l’autre déconstruisait les préconceptions de notre imaginaire vis à vis de la culture et de la société rom au même rythme que l’univers très rangé de Daniel le français, seul personnage du film auquel on puisse véritablement s’identifier. La sensibilité prenait ensuite subitement le relais pour nous immerger, de façon très pudique et sans aucun voyeurisme déplacé, dans l’intimité d’un couple naissant… Avant de conclure par un inattendu dernier chapitre, aussi tragique que social, amorçant une réflexion sur l’impossible adaptation/intégration de l’étranger en France, dans le contexte social et individualiste actuel.

C’est la puissance d’Eastern Boys que nous espérons retrouver dans 120 BATTEMENTS PAR MINUTE, cette intelligence et cette cohérence dans la réalisation (pour nous il s’agira de mise en scène, d’écriture, de narration et de direction d’acteurs) servant entièrement le principe d’empathie qui nous tient tant à cœur, celui-là même qui permet une vision d’ensemble et d’éviter tout manichéisme, tout en autorisant des réflexions humanistes, sociales, politiques, ou émotionnelles, sur un ou plusieurs sujets simultanément. On espère d’ailleurs retrouver, à l’instar d’Eastern Boys et comme nous aimons le voir au cinéma, un traitement de l’homosexualité ou celle-ci est montrée comme centrale mais jamais marginalisée.

On attend aussi beaucoup de 120 BATTEMENTS PAR MINUTE car Robin Campillo incarne pour nous, au même titre que Yann Gonzalez (les rencontres d’après minuit), Antonin Peretjatko (La Loi de la Jungle), Justine Triet (La bataille de Solferino), Katell Quillévéré (Réparer les Vivants), Celine Sciamma (Bande de filles) ou encore Thomas Cailley (Les combattants), un rafraîchissant cinéma d’auteur français qui OSE, par l’ambition, la mise en scène, la profondeur du propos, la prise de risque, ou encore la sensibilité, s’éloigner des clichés du cinéma d’auteur français – rappelant une certaine Nouvelle Vague qui par le passé, révolutionna le 7ème art.

120 BATTEMENTS PAR MINUTE sera projeté en avant première lors du Festival de Cannes, qui aura lieu du 18 au 27 mai 2017 !

Georgeslechameau

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CANNES 2017: 120 battements par minute de Robin Campillo
Titre original : Eastern Boys
Réalisation : Robin Campillo
Scénario : Robin Campillo, Gilles Marchand
Acteurs principaux : Olivier Rabourdin,Daniil Vorobyov,Kirill Emelyanov
Date de sortie : 2 avril 2014
Durée : 2h08min
5.0Puissant
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