Troisième jour à Cannes, où 120 Battements par minute fait l’unanimité, et The Square divise…

Comme toujours à Cannes, il ne faut pas attendre bien longtemps pour entendre parler de “la potentielle future Palme d’or”. Dès le premier jour, quelques-uns s’y risquent avec Faute d’amour, qui n’aura malgré tout pas fait l’unanimité. L’unanimité, 120 Battements par minutes (troisième réalisation de Robin Campillo, quatre ans après Eastern Boys) semble bien partie pour la faire. Aussitôt les différentes projections terminées (presse ou autres) les avis dithyrambiques affluaient sur les réseaux sociaux et dans les couloirs du palais. Il faut dire que Robin Campillo s’attaque là à un sujet particulièrement fort ; le SIDA, à une époque où la maladie était encore honteuse. Il y présente un groupe de militants, au début des années 1990, qui essaie de se faire entendre et d’éveiller les consciences sur les victimes du virus. Absolument bouleversant et emmené par ses personnages déchirants, 120 Battements par minute met le spectateur face à la mort. Glaçant mais pas dénué d’émotion, surtout dans ses derniers instants, il aura été chaudement applaudi et se place dès lors comme le grand favori de ce 70e Festival de Cannes.

Notre critique de 120 Battements par minute

Moins sûr par contre pour The Square de Ruben Östlund. Si le film s’avère particulièrement réussi (selon nous, voir notre avis ici), livrant à la fois une comédie hilarante et une satire sociale, il aura divisé la critique avec des avis diamétralement opposés. Mordant et surprenant pour certains, prétentieux et complaisant pour d’autres. Qu’importe, The Square aura au moins eu le don de faire réagir et a encore toutes les chances de ne pas repartir les mains vides. Pour sa première sélection en compétition officielle, après deux films à Un Certain Regard (2008 et 2014) et un à La Quinzaine des Réalisateurs (2011), cela serait bien la preuve de sa progression fulgurante au festival.

Notre critique de THE SQUARE

Du côté de la Semaine de la Critique, une autre société était mise à mal avec Téhéran Tabou d’Ali Soozandeh. Un film choral en rotoscopie (à la manière de Valse avec Bachir) sur l’hypocrisie vicieuse de la société iranienne. Fascinant techniquement, mais disposant d’un scénario un peu trop édifiant, le film se montre singulier mais trop facilement virulent.

Enfin, deux générations de stars étaient présentes durant ce samedi 20 mai. D’un côté Clint Eastwood, venu présenter Impitoyable, réalisé en 1992, comme une mise en bouche de la master class qu’il livrera le dimanche 21 mai. De l’autre, Kristen Stewart, qui avec son court-métrage Come Swim s’essaie à la réalisation. Une série de “portraits à moitié impressionnistes et à moitié réalistes” que le festival de Sundance avait particulièrement apprécié.

 

Sources photos : Citizen Cannes TV et Festival de Cannes Officiel

 

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