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Cannes, sixième jour : une minute de silence, une soirée d’anniversaire et le moment de grâce de Kawase

Le sixième jour de Cannes fut marqué par de tristes événements la veille. À Manchester, un attentat terroriste fit une vingtaine de morts et une soixantaine de blessés. Le Festival n’a pas manqué de réagir par le biais d’un communiqué de presse :

« Le Festival de Cannes veut faire part de son effroi, de son indignation et de son immense tristesse suite à l’attentat dont ont été victimes le public et la ville de Manchester hier soir. Ce sont la culture, la jeunesse et l’esprit de fête qui ont une nouvelle fois été visés et frappés. Comme ont été frappées la liberté, la générosité et la tolérance, toutes choses auxquelles le Festival et tous ceux qui le rendent possible, les artistes, les professionnels et les spectateurs, sont profondément attachés. Le Festival de Cannes invite tous les festivaliers à témoigner de leur solidarité envers les victimes, leurs familles et le peuple britannique, en observant une minute de silence ce mardi 23 mai à 15h. »


Malgré cette tragédie, le festival s’est poursuivi, et la soirée du 70e anniversaire de Cannes a bien eu lieu. La journée a donc débuté par Vers la lumière de Naomi Kawase. Un beau film particulièrement touchant sur la rencontre entre une femme audiodescriptrice et un photographe en train de perdre la vue. Avec son film, la réalisatrice japonaise parle directement de la perception et de la compréhension d’une œuvre cinématographique, et se montre subtile dans sa manière d’exprimer la perte de ce qu’on peut avoir de plus cher (la vue pour un photographe). Porté par Ayame Misaki (sublime et lumineuse) et Masatoshi Nagase (captivant et empathique), Vers la lumière aura offert un petit moment de grâce, chaudement applaudi.

Notre critique de Vers la lumière

 

Par la suite, la sélection d’Un certain regard s’est montrée fort intéressante, avec Jeune Femme, premier film prometteur bien qu’inégal de Léonor Serraille, et L’Atelier, le nouveau film de Laurent Cantet. Assez intelligent malgré certains stéréotypes chez les personnages, celui-ci reste dans la veine d’Entre les Murs. Plutôt retors dans son écriture, L’Atelier se montre attachant et n’aurait pas juré en compétition. À l’inverse, forte déception pour Après la guerre d’Annarita Zambrano. Pourtant prometteur – bonne première scène qui voit un juge assassiné, au moment où les universités se révoltent face à la loi travail, à Bologne en 2002 -, le film s’éloigne du contexte historique tendre vers un drame familial. Il ne parvient malheureusement jamais à décoller et s’avère, au final, plat, marqué par une conclusion expéditive et peu inspirée.

Enfin, la section Cannes Classics du Festival proposait un portrait fort réjouissant sur l’immense Cary Grant, avec le documentaire de Mark Kidel, BECOMING CARY GRANT (sur Arte le 11 juin). Un document unique et émouvant qui rend hommage à l’homme comme à l’acteur.

Notre critique de Becoming Cary Grant

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