Présente à Cannes pour accompagner Fortunata de Sergio Castellitto, dans lequel elle interprète une jeune coiffeuse qui tente de lier les deux bouts pour éduquer sa fille, nous en avons profité pour rencontrer . La comédienne revient pour nous sur trois rôles majeurs dans son développement d’actrice et personnel.


La Chambre du fils (2001) de Nanni Moretti

« La Chambre du fils fut une expérience fatale, et une façon, disons, spéciale pour débuter dans le cinéma, avec un personnage plein d’émotions et assez proche de moi. À l’époque, je n’étais pas du tout cinéphile, j’aimais plutôt les films de Spielberg ou Zemeckis. Donc ma rencontre avec Moretti fut vraiment dans le vrai, sans qu’il y ait de peur ou un trop grand respect envers le mythe Moretti. C’était avant tout la rencontre de l’homme et je peux dire qu’il aura été très important dans mon parcours, pas uniquement d’actrice, mais en lui-même. »


Nos Meilleures années (2003) de Marco Tullio Giordana

« C’était produit par les mêmes personnes. Après La Chambre du fils, deux ans se sont écoulés. Et c’est avec Nos Meilleures années que j’ai commencé à croire à l’idée de pouvoir faire du cinéma. Parce que, contrairement à La Chambre du fils, où le personnage me ressemblait, il fallait vraiment envisager d’être quelqu’un d’autre. Par la suite, avec Romanzo Criminale, j’avais un petit rôle, mais c’était la tentation de faire un cinéma de divertissement qui était très agréable. »


L’Apollonide (2011) de Bertrand Bonello

« J’avais connu Bertrand Bonello au Festival de Lyon, en 2007 à la première édition. Sorrentino nous a présentés dans un bus, et il est resté très discret, ne parlait pas. Un an plus tard, il m’a écrit un message pour me dire qu’il cherchait une Italienne pour L’Apollonide. Pour moi, ça a été un moment de travail et de plaisir total. Je me sens particulièrement liée au film aussi par rapport aux autres actrices, qui sont devenues des amies. Alors que généralement il y a plutôt une rivalité entre actrices. »