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Petit focus sur les films de la sélection officielle (en compétition) du 70ème festival de Cannes, qui aura lieu du 18 au 27 mai 2017.

Petits rappels:

Une sélection où l’on ne pressent aucune faute de gout façon The Last Face en 2016. L’ambition semble ainsi être le trait commun à chaque film !

Se confronter à l’indétrônable sera la tâche de Sofia Coppola, avec son “remake” du masterpiece de Don Siegel avec Clint Eastwood, Les Proies (notre critique, ICI), tandis que Michel Hazanavicius de son coté, s’attachera à donner une représentation de l’irreprésentable Jean-Luc Godard, avec son Redoutable.

Puis il y a ceux dont le nouveau film semble encore plus météorique que le précédent. On pense à Yorgos Lanthimos, faisant succéder à The Lobster le d’ores et déjà alléchant The Killing of a Sacred Deer, et au Square de Ruben Ostlund dont le sensoriel et psychanalytique Snow Therapy nous avait fascinés. On pense également que le fascinant courant Mumblecore devrait insidieusement œuvrer derrière le Good Time de Benny & Josh Safdie (après Heaven knows what), puis que Jupiter’s Moon du réalisateur de White God (qui mettait en scène une armée révolutionnaire de chiens, comme allégorie de la situation des migrants en Hongrie), sera certainement tout aussi puissant et politique.

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Les Proies de Sofia Coppola

Le redoutable de Michel Hazanavicius

The Killing of a Sacred Deer

The Square, de Ruben Ostlund

Good Time, de benny & josh safdie

Good Time, de benny & josh safdie

Jupiter’s moon de Kornél Mundruczó

Puis il y aura ces films dont on sait DÉJÀ ce qu’il faudra en attendre… Un certain génie teinté d’un manque total de surprise. Comme avec le film du fameux double palmé (Happy End, Haneke), ou celui qu’on imagine avoir été sélectionné uniquement pour avoir le plaisir de voir le Vincent Lindon nous époustoufler par son charisme (Rodin, Jacques Doillon), les films qu’on sait qu’il seront évidemment chiants comme la mort, mais qu’on adorera quand même (Vers la lumière de Naomi Kawase, The day after de Hong Sang-soo), ou encore Le Ozon (L’amant double) dont on sait qu’il sera extrêmement solide mais rapidement oubliable, et enfin Wonderstruck le Todd Haynes, qui devrait être incroyablement réalisé (musique, photographie, sujet, scénario, écriture, direction d’acteurs….), mais également engoncé dans un certain classicisme – à l’image de Carol en 2015.

 

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Happy End de Michael Haneke

Rodin, de Jacques Doillon

Vers la lumière de Naomi Kawase

The day after de Hong Sang-soo

L’amant double, de François Ozon

Wonderstruck de Todd Haynes

En revanche, ayant été bluffé (pour bien évidemment, des raisons différentes) par chacun des films de Andrey ZyagintsevFatih Akin, Bong Joon-Ho, et Lynne Ramsay, on attend beaucoup de leurs films respectifs, à savoir LovelessIn the fade, Okja, et You were never really here.

Enfin, il y aura ces films dont on se méfie un peu, comme A gentle Creature de Sergei Loznitsa, dont on avait passablement détesté la prétention des précédents films (notamment celle du bien relou Dans la Brume), ou The Meyerowitz Stories de Noah Baumbach, dont on se demande bien ce qu’il vient faire en sélection officielle. La méfiance ici est cela dit positive, tant le style introspectif du new-yorkais nous fascine, même s’il parait bien peu “Cannes-friendly”. Et si la surprise venait de là ?

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Loveless de Andrey Zvyagintsev

In the fade de Fatih Akin

Okja de Boon Jong-ho

You were never really here de L. Ramsay

A gentle creature de Sergei Loznitsa

The meyerowitz stories de Noah Baumbach

Enfin, le film sur lequel on misera le plus sera 120 battements par minutes de Robin Campillo, un auteur qui incarne au même titre que quelques autres (Cailley, Sciamma, Gonzalez, Triet, Peretjatko, Quillévéré…), ce vent de fraîcheur qui souffle sur le cinéma français depuis quelques années.

On espère retrouver dans 120 battements par minutes ce que nous avions trouvé fantastique dans son précédent film Eastern Boys, à savoir cette intelligence et cette cohérence dans la réalisation (pour nous il s’agira de mise en scène, d’écriture, de narration et de direction d’acteurs) servant entièrement le principe d’empathie qui nous tient tant à cœur, celui-là même qui permet une vision d’ensemble et d’éviter tout manichéisme tout en autorisant des réflexions humanistes, sociales, politiques, ou émotionnelles, sur un ou plusieurs sujets simultanément.

120 battements par minutes nous parlera ainsi des actions menées par la communauté homosexuelle des 90’s pour lutter contre l’indifférence générale, et on en attend clairement un chef d’oeuvre.

120 battements par minute de Robin Campillo

Rendez-vous donc à partir du 18 mai 2017 pour nos avis sur les films de la sélection officielle du 70ème Festival de Cannes.

Georgeslechameau

VOTRE AVIS ?

2015 : « Elle est belle cette sélection, elle prend des risques »

Thierry Frémaux présentait ainsi la sélection officielle de 2015, mais on était encore bien loin d’imaginer la fulgurance de ce cru.

Cette impressionnante sélection respirait la fraîcheur et/ou l’envie de bouleverser les codes du cinéma, quitte à paraître parfois prétentieuse voire même hors-sujet. En premier lieu, il y eut Fury Road, formidable manifeste de ce pan de l’inconscient collectif créée par et pour la saga Mad Max, littéralement transcendée en un charismatique feu d’action. Puis vint le météore Le Fils de Saul qui révolutionnait par sa réalisation le point de vue sur l’holocauste, puis Carol et son parfait classicisme au service d’une histoire d’amours interdits, The Assassin et Sicario avec leur IN-CRO-YA-BLE mise en scène, Au-delà des montagnes et son indéniable scénario, le correct La Loi du marché toutefois porté par le magistral VINCENT LINDON, The Lobster et son audace allégorique, ou encore  Valley of Love, sa délicate sensibilité et son immense couple Depardieu/Huppert… Même l’ignoble Chronic fut, en quelque sorte, un électrochoc.

Bref, une sélection inoubliable.

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2016 : un Cannes classique

De cette sélection 2016, on retiendra surtout qu’il s’agissait d’une année d’habitués venus présenter leur chef d’oeuvre. Un terme que nous utilisons ici non pas pour définir les films eux-mêmes, mais bien pour les replacer, en tant que somme (de motifs formels et/ou thématiques), dans l’oeuvre de leurs illustres réalisateurs. De cette année on gardera donc le souvenir d’un alignement de films hermétiquement géniaux, appartenant sans doute trop à leurs auteurs et pas assez au public, et dont les plus marquants resteront Toni Erdmann, le Nicolas Winding Refn, Personal Shopper, American Honey, Elle et Ma loute.

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