Au programme de ce premier compte-rendu cannois : Javier Bardem et Penélope Cruz enflamment le tapis rouge pendant que les autres sélections ouvrent les hostilités de leur côté.

Après des semaines d’attente, le 71ème Festival de Cannes débute enfin. C’est Asghar Farhadi et son Everybody Knows qui inaugurent la montée des marches cuvée 2018. Un tapis rouge particulièrement clinquant puisqu’il accueille le duo Penélope Cruz/Javier Bardem, plus glamour que jamais. Mais le film dans tout ça ? Le réalisateur iranien déçoit considérablement avec cette histoire de famille. Menée par un duo qui fait le job, l’intrigue se perd dans des révélations grotesques et dans une mise en scène assez plan-plan. Généralement assez habile lorsqu’il s’agit de nous manipuler, Asghar Farhadi patauge totalement. Dommage, on aurait aimé commencer cette Compétition Officielle de la meilleure des manières.

Notre Critique complète de EVERYBODY KNOWS

En Debussy, antre attitré d’un Certain Regard, le metteur en scène ukrainien Sergei Loznitsa venait présenter Donbass en Ouverture. Malgré qu’il soit une figure bien connue de Cannes, notre attention s’est plutôt portée sur Rafiki, le film kényan de Wanuri Kahiu – une première pour ce pays sur la Croisette. Rafiki narre une histoire d’amour entre deux jeunes femmes. Un sujet d’actualité qui n’a pas plu aux autorités locales puisque le film s’est vu tout bonnement interdit de diffusion ! Le Kénya condamne fermement l’homosexualité et la jeune réalisatrice peut terminer en prison lors de son retour. Cannes s’est toujours dévoué pour défendre le cinéma de tous les horizons, ce qui nous permet de découvrir ce Rafiki. La découverte du désir est le centre névralgique du scénario. Wanuri Kahiu s’en sort formellement bien et livre quelques instants suspendus, où ni le contexte politique, ni un élément perturbateur peut enrayer la naissance de cet amour. Rafiki a l’immense chance de pouvoir se reposer sur la très belle alchimie entre les deux actrices, ce qui nous fait un peu fermer les yeux sur le manque de ressources dont fait preuve le film lorsqu’il doit traiter tout ce qui gravite autour de la romance.Du côté de la Semaine de la Critique, beaucoup de monde a fait le déplacement de bon matin pour découvrir Wildlife, le premier film de Paul Dano dans lequel il dirige Jake Gyllenhaal et Carey Mulligan. Nous avions pu voir le film il y a quelques mois durant le festival de Sundance. Même si l’ennui pointe parfois dans WIldlife, les pièces peu à peu assemblées du puzzle de ce drame intimiste font naître une très forte émotion dans une magnifique scène finale. Paul Dano s’inscrit dans une veine très indé typiquement américaine, en filmant l’Amérique normale, qui galère pour payer le loyer. Le jeune Ed Oxenbould est impeccable en adolescent déchiré par la séparation lente de ses parents. Retrouver l’intégralité de notre critique pour avoir notre avis complet sur ce premier essai.

Cette première journée s’achevait par la montée des marches de l’équipe de Yomeddine. Le film égyptien en Compétition Officielle est un étonnant road movie doublé d’un buddy movie, entre un lépreux et un orphelin. Dans l’ensemble, ce duo de choc est la principale attraction et les allergiques aux bons sentiments sont priés de ne pas embarquer pour ce voyage. Après le décevant Everybody Knows, Yomeddine relève un peu le niveau sans s’affirmer comme un futur incontournable de la sélection. Des débuts timides, donc.

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