Après les Etats généraux du film documentaire de Lussas, Le Blog du cinéma se rend à un autre grand rendez-vous du cinéma documentaire, le CINÉMA DU RÉEL qui se tient du 23 mars au 1er avril 2018. Au programme de cette 40e édition,  quatre compétitions de films, un focus sur l’an 68 à travers le monde, une rétrospective du documentariste japonais Shinsuke Ogawa et la promesse de belles expériences immersives interrogeant toujours notre rapport au monde et au réel.

Le changement de cette 40e édition est d’abord la nouvelle direction artistique confiée désormais à Andréa Picard, programmatrice du TIFF (Toronto International Film Festival), qui succède à Maria Bonsanti. Pour le reste voici un panorama de ce que l’on pourra découvrir parmi les 200 films projetés :

Les compétitions de films

Cette édition nous permettra de découvrir 11 films en compétition internationale, 11 films en compétition française, 11 films en compétition internationale de premiers films ainsi que 10 courts métrages en compétition internationale. Qui dit compétition dit jury (dont Albert Serra pour ne citer que lui) et bien sûr prix à la clé.

Parmi les films en compétition internationale, nous irons voir L.Cohen de James Benning (photo ci-dessous) sur les champs agricoles dans l’Oregon, Minatomachi de Kazuhiro Soda, portrait de pêcheur dans un village de Seto, Rêver sous le capitalisme de la belge Sophie Bruneau, balade au milieu des travailleurs de nuit; en compétition française,  Jusqu’à ce que le jour se lève de Pierre Tonachella qui signe le retour du réalisateur dans l’Essone rurale de son enfance; et en compétition premiers films, Fail to appear d’Antoine Bourges ou les débuts d’Isolde en tant qu’assistante sociale dans un quartier défavorisé de Toronto.

Ir/réel

Les 40 ans du Festival donnent lieu cette année à une édition spéciale “Qu’est-ce que le réel ?” à laquelle ont contribué 40 personnes, prolongée par une sélection de films qui se propose de nous immerger dans les “contours flous d’une réalité contemporaine” avec notamment Caniba portrait d’Issey Sagawa jugé en 1981 pour meurtres et cannibalisme, En attendant les barbares d’Eugène Green (photo ci-dessous) ou encore Invocation of my demon brother de Kenneth Anger à qui l’on doit les formidables recueils Hollywood Babylone et Retour à Babylone. Cette sélection a été choisie par les cinéastes et contributeurs. Ainsi pourra-t-on également voir ou revoir Ice de Robert Kramer, Broadway by Light de William KleinChile, la memoria obstinada du chilien Patricio Guzman ou encore A question of leadership de Ken Loach présenté par Lech Kowalski.

Pour un autre 68

La sélection “Pour un autre 68” propose quant à elle de déconstruire la mythologie de 68 pour mieux la “faire résonner ailleurs”. Ainsi pourra t-on découvrir des films de Helke Sanders Break the power of manipulators, et Dionysus in 69 de Brian de Palma, immersion au coeur d’un représentation théâtrale.

Rétrospective Shinsuke Ogawa et du collectif Ogawa pro

Le grand documentariste japonais Shinsuke Ogawa et son collectif Ogawa productions sont à l’honneur de cette édition puisqu’une rétrospective des films réalisés au milieu des révoltes étudiantes leur est consacrée. L’occasion de voir Forest of oppression (1967) et de suivre la masterclass samedi midi menée par Ricardo Matos Cabo et Markus Nornes. A noter également : 12 films d’Ogawa et de son collectif seront parallèlement projetés au Jeu de Paume du 3 au 28 avril.En bonus de cette quarantième année, une scénographie consacrée à l’artiste vidéaste américaine Lyle Ashton Harris, des discussions et rencontres, une table ronde et des projections hors les murs. De quoi nourrir notre réflexion sur le réel et ses contours.

Anne Laure Farges

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