Le festival Expériences Documentaires qui s’est tenu au cinéma La Clef à Paris 5e (parallèlement aux projections de l’université Paris 8 St-Denis) a pris fin le 10 mai dernier. Il a livré des documentaires passionnants, riches et curieux, où “expériences” a rimé le plus souvent avec émotion. Retour sur cette étonnante sélection “Focus Mexique” et “Première fois” de cette première édition 2011 du festival.

Bande-Annonce Voyage en sol majeur :

Le Focus Mexique a ainsi livré des petits bijoux d’un ailleurs lointain mais dont les protagonistes véhiculent des émotions connues du commun des mortels. Ce focus englobe des films où l’expérience personnelle n’est jamais bien loin d’un message universel. Del olvido al no me acuerdo, long-métrage de 74 minutes du mexicain Juan Carlos Rulfo est sans doute le plus bouleversant témoignage de la mémoire en fuite que l’on veut reconstituer. J’ai oublié, je ne me souviens pas… La parole de ces vieillards qui tentent de percer leurs souvenirs et de les mettre en lumière est émouvante. Autant de portraits d’hommes qui, au seuil de leur vie, se souviennent ou non. Une femme fait revivre sa rencontre avec Juan. Tel un être perdu dans le dédale des avenues, elle tente de localiser ses souvenirs. Les autres projections demeurent plus expérimentales ou plus courtes du fait de leur format court-métrage. Voladora de la mexicaine Chloe Campero ou encore La Patrona de Lizzette Argüello entraînent le spectateur dans leur temps imparti de 5 ou 10 minutes vers des univers plus étrangers et spécifiques à la culture mexicaine. L’un captive par le visage de cette femme amoureuse de la “danse du vol” tandis que l’autre, en filmant par téléphone portable, déroute par son immédiateté brute : près de la voie de chemin de fer, des femmes balancent des sacs de victuailles aux migrants. Une récurrente égrène ainsi le festival : les réalisateurs sont tous très jeunes et osent l’expérimentation.

Enfin, la thématique Première fois a séduit et surpris avec ce film long-métrage Rencontres de Maroussia Dubreuil et Alexandre Zeff. Mais ce furent également de micro découvertes, avec des courts-métrages émouvants ou intrigants : Hard to say d’Ana Candela voulait être le film d’immigrés sur les chantiers et aboutit au portrait d’un homme brisé par son ex statut d’enfant soldat en Angola mais plein de confiance en l’avenir. Une dure histoire particulière sans budget bien loin du reality show. Voyage en sol majeur de Georgi Lazarevski reste également un grand coup de cœur du festival. Impossible de rester insensible au portrait d’Aimé, 91 ans, qui réalise le rêve de toute une vie : partir au Maroc. Accompagné de son petit-fils qui filme ces moments, c’est aussi, pour cet homme, le rêve de “savoir oser” qui se réalise. Également une vision angélique et pleine d’illusions avec les émois des premiers amours filmés sur trois périodes avec 3 histoires d’amour de Vanessa de Anne Villacèque. Diffusé sur Arte il y a quelques années dans le cadre d’une émission sur la sexualité, ce documentaire fait revivre les pensées de Vanessa, un témoignage intemporel sur l’amour frémissant des débuts.

Voilà que s’est achevé un festival Expériences Documentaires varié, où l’amour, la vieillesse, la mort, le souvenir sont au cœur des films sélectionnés. Des expériences autour de confidences parfois très intimes que l’on a hâte de retrouver… dans une prochaine édition.

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[évènement] Panorama sur le Festival Expériences Documentaires

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