Le Festival du Film Francophone d’Angoulême qui s’est tenu du 23 au 28 août a été l’occasion d’assister à de très nombreux films présentés en avant-première dont certains étaient en compétition (notre sélection ICI).

Le Palmarès est connu depuis le 29 août :

Ma vie de courgette de Claude Barras (sortie en salle le 19 octobre), petit bijou de tendresse, est récompensé par le Valois de Diamant

Mercenaire de Sacha Wolff  (sortie en salle le 5 octobre) est récompensé par Valois de la mise en scène: on l’a vu et là aussi on a été enthousiasmé !

Trois films ont fait l’objet de doubles récompenses mais il faudra un peu attendre pour les voir en France parce que leur sortie n’est pas encore programmée :

– Les mauvaises herbes du québécois Louis Bellanger est récompensé par le Valois du public et le Valois du scénario : on ne l’a pas vu… mais promis, il sera prochainement chroniqué sur le Blog du Cinéma !

– Noces  de Stephan Streker obtient le Valois de la meilleure actrice pour Lina El Arabi et le Valois du meilleur acteur pour Sébastien Houbani

– 1:54 du québécois Yan England obtient le Valois du meilleur acteur ex-aequo pour Antoine Olivier Pilon et le Valois Magelis prix des étudiants… mais on ne l’a pas vu non plus !

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On vous dresse un petit bilan très positif de ce Festival, puisque l’on y a vu 14 films en avant-première (dont 5 en compétition).

De nombreux films traitaient des sujets difficiles et d’actualité, incitant à la réflexion mais dont la fatalité donnait parfois au spectateur un sentiment d’impuissance. Ainsi Le ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, dont les parcours croisés de deux jeunes filles endoctrinées ont provoqué un beau moment d’émotions de la part des actrices après la projection.

Deux autres films ont fait naître l’empathie du public, effaré de voir ces deux jeunes tenter de se rebeller face à leur destin tout tracé et les traditions et la culture familiale. Hedi de Mohammed Ben Attia, et son puissant parallèle avec le Printemps Arabe, et Zahira dans Noces de Stephan Streker, dont les pièces du puzzle du déshonneur familial s’assemblaient inexorablement. On a aussi été très emballé par le puissant Wùlu de Daouda Coulibaly, qui évoquait une autre relation forte entre un frère qui se perd pour sauver sa sœur, sur fond de trafic de drogue au Mali.

La famille était donc à l’honneur au Festival : L’Odyssée de Jérôme Salle nous a fait plonger dans la relation tumultueuse du Commandant Cousteau et de son fils. Et Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste nous a beaucoup fait rire en déjouant avec bienveillance tous les clichés racistes de l’adoption.

montage 1 angoulême

Le Festival  a aussi permis d’interroger le public sur la souffrance provoquée par la déshumanisation du monde du travail et ses conséquences dramatiques. Ainsi Carole Matthieu de Louis-Julien Petit l’abordait sous le regard d’un médecin Don Quichotte, quand Un petit boulot de Pascal Chaumeil l’envisageait sous un angle plus cynique de reconversion dans l’art de tuer. Mais nos zygomatiques ont pu se remettre au travail à la vision de Ouvert la nuit, puisque Edouard Baer nous a offert le plaisir léger de solutions plus positives et enthousiastes face aux problèmes de gestion de son théâtre.

Des acteurs et actrices ont confirmé leur potentiel dramatique et leur intensité de jeu : Déborah François (Fleur de Tonnerre de Stéphanie Pillonca), Pierre Niney (L’Odyssée), Sophie Marceau (La Taularde de Audrey Estrougo), Jenna Thiam (L’indomptée de Caroline Deruaset Kevin Azaïs (Souvenir de Bavo Defurne). Des acteurs lumineux dans des premiers rôles se sont révélés : Inna Modja dans Wùlu et Toki Pilioko dans Mercenaire. Enfin le potentiel comique a été confirmé  pour Vincent Elbaz dans Il a déjà tes yeux, Gustave Kervern dans Cigarettes et Chocolat Chaud et Audrey Tautou dans Ouvert la nuit.

Enfin, nous avons aussi réalisé des interviews avec plusieurs équipes de films : le réalisateur Lucien Jean-Baptiste et l’actrice Aïssa Maïga pour le très drôle Il a déjà tes yeux, la réalisatrice Caroline Deruas et les acteurs Tchéky Karyo et Jenna Thiam pour l’envoûtant L’indomptée. Et enfin avec Déborah François et Jonathan Zaccaï pour le troublant Fleur de Tonnerre. Elles seront très prochainement publiées, avec les critiques des films, sur Le Blog du Cinéma.

Bref, une belle moisson que cette 9ème Edition du Festival du Film Francophone d’Angoulême!

Sylvie-Noëlle

FESTIVAL D’ANGOULÊME 2016: BILAN ET PALMARÈS

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