Bannière du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer

Le Blog Du Cinéma couvrira le Festival du Film Fantastique de Gérardmer (du 27 au 31 janvier 2016), d’une façon un peu particulière. Je vais en effet participer au jury du prix Syfy qui récompensera un des films de la sélection officielle. Cette double-casquette m’oblige à attendre la fin du festival pour écrire sur ces 10 films, mais rien ne m’empêche de vous les présenter.

Bone Tomahawk aura sûrement retenu votre attention du fait de la présence d’un Kurt Russell barbu rappelant fort son dernier rôle dans le film de Quentin Tarantino, Les huit salopards. Le synopsis n’est pas non plus sans rappeler un autre film, monument du Western : La prisonnière du désert de John Ford (1956). L’histoire de Bone Tomahawk s’articule autour de la recherche de pionniers enlevés par des Indiens ivres de vengeance. Le cycle absurde de la vendetta semble donc être le thème du premier film du réalisateur S. Craig Zahler.

The Witch a également fait parler de lui après son avant-première à Sundance. Premier long métrage du réalisateur Robert Eggers (mais doté d’une petite renommée pour sa direction artistique sur d’autres projets), The Witch allie drame historique, huis clos familial et fantastique.

Souhtbound ressemble à première vue à un cadavre exquis, plusieurs courts métrages assemblés le long d’une autoroute en plein désert. Divers personnages doivent affronter, au cours de cinq histoires cauchemardesques, leurs peurs les plus terribles et leurs plus sombres secrets. Collaboration de 7 réalisateurs (parfois sur le même segment de film), le montage d’un tel projet est déjà un défi en soit. Le gage de qualité est apporté par le collectif à l’origine de la série de films V/H/S qui a su rassemblé son lot de fans.

The devil’s candy reprend les codes plus classiques du film d’horreur. Une maison hantée va donner des sueurs froides à une famille nouvellement installée. Le Mal surgit des toiles que le père artiste y peint. Le premier film de Sean Byrne, The Loved Ones avait remporté le prix du Jury du festival de Gérardmer en 2011.

Photo du film THE DEVIL'S CANDY

© Front Row Filmed Entertainment

February concilie apparemment une mise en scène assez classique rappelant les films d’Hitchcock et le thème de la possession de L’exorciste (William Friedkin, 1971). L’horreur est instillée par des sous-entendus et des images furtives, plutôt que par des avalanches d’effets gores. Une parenté au thriller finalement assez naturelle pour le réalisateur Osgood Perkins, surtout connu pour son rôle de Norman Bates dans Psychose II.

Howl est le deuxième films d’un spécialiste en effets spéciaux (Paul Hyett), on ne s’étonnera pas que l’accent soit mis sur la mise en scène plutôt que sur les rebondissements de l’intrigue : dans un train de banlieue londonienne, les voyageurs se retrouvent à devoir lutter à mort contre une créature maléfique et terrifiante.

Frankenstein (Bernard Rose) est l’adaptation moderne du roman de Mary Shelley. Fini les boulons plantés dans le crâne et les éclairs de savants en redingotes. Le monstre se réveille au 21ème siècle et sème la terreur dans notre quotidien. Maintenant tombé dans le domaine public, la figure de Frankenstein  et de son monstre, n’a pas fini d’être recyclée. On retrouvera le comédien Xavier Samuel dans le rôle du monstre, après sa prestation remarquée dans The Loved Ones.

Photo du film FRANKENSTEIN

© Signature Entertainment

Jeruzalem (Doron et Yoav Paz) reprend le thème des portes de l’Enfer (genre Buffy contre les vampires) dans le contexte israélien de la fête de Yom Kippour (aka le Jour du Grand Pardon). La forme du film emprunte au genre du found foutage, très à la mode depuis Le projet Blair Witch. Les premières images laissent supposer que le contexte de guerre permanente sera la toile de fond de cette descente infernale. Y aura-t-il pour autant une analogie avec le climat politique israélien ?

What we become  rappelle dans son concept d’épidémie de zombis une foultitude de films, de World War Z à 28 jours plus tard. L’originalité du premier film de Bo Mikkelsen repose sur la tension entre un jeune homme, qui s’échappe du quartier sous quarantaine, et sa famille qui y est restée coincée. Quels dilemmes cela va-t-il entraîner pour le héros ?

Évolution (Lucile Hadzihalilovic) est le seul film “français” (en fait une coproduction France, Espagne et Belgique) de cette sélection officielle. Preuve malheureusement que le cinéma fantastique n’a pas atteint encore son potentiel dans l’hexagone. La réalisatrice fut la collaboratrice de Gaspard Noé, avec qui elle a produite Carne (1991) et Seul contre tous (1998). Les premières images conjuguent deux émotions jusqu’ici opposées, dans une forme qu’on pourrait appeler “poésie de l’oppression”, alors que le scénario gravite autour d’un mystérieux hôpital pour enfants.

Le festival sera aussi l’occasion d’une rétrospective en l’honneur d’Alejandro Jodorowsky, d’une compétition de courts métrages (dont le jury est présidé par le comédien Dominique Pinon) ainsi que de projections parallèles. Je vous parlerais en priorité de Pay the Ghost avec Nicolas Cage et des deux films d’animation japonais Harmony et The empire of corpses. Deux animés particulièrement réjouissant pour leur univers steam-punk, dont le premier qui a un parti pris rétro-futuriste non sans rappeler Fullmetal Alchemist.

Thomas Coispel

D’ACCORD ? PAS D’ACCORD ?

 

Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2016

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