Affiche du 32ème Festival International du Film d'Amiens

Le JOUR 2 du Festival International du Film d’Amiens est aussi terminé. Déjà fini qu’on redoute déjà la reprise de la semaine. Et donc pour certains le retour au boulot. Doit-on craindre une affluence en baisse ? Ayant déjà allé au Festival de 2011, je répondrais que non. Bref, pour l’instant la cure de fims et le marathon entre les différents cinéma est toujours un fait fatiguant. Autant on aime voir plein de films dans une journée, autant on apprécie de rentrer chez soi le soir et d’aller se coucher. Avec peut-être le ventre qui fait la gueule car on a pas eu le temps de manger…

  •  UN AIR DE CANNES 2012

Revenons sur la matinée, le moment qui précède les premires séances de la journée. Oui, je vais encore me prononcer là-dessus. Mais il faut bien le souligner que le temps n’était plus gris mais noir. Et oui, ce deuxième jour de festival a été marqué par la pluie. Et en plus c’était une bonne partie de la journée. Ce qui n’est pas sans rappeller nos chers confrères critiques presse qui étaient sous la pluie durant le dernier festival de Cannes.

  •  AFFLUENCES

Encore une fois, ce n’est pas pour autant que les gens ne venaient pas en masse aux séances. Bien au contraire, le public s’est plus nombreux que lors de la première journée. Il faut dire que c’est agréable d’aller au cinéma quand il pleut, on sera moins mouillé que si on fait des activités en plein air sous un temps pareil. Même si dans les salles il fait tout de même bien chaud. Non pas la chaleur humaine (quoi que…) mais les chauffages qui ont été bien boosté.

  •  COMME DES CINÉPHILES

Avant d’en venir aux films qui ont marqués ma 2e journée au festival, j’aimerais relever une chose très intéressante. Lors de la première journée il y avait un débat sur « cinéphiles de notre temps » (qu’on peut retrouver dans le résumé de la 1ere journée). Et à un moment, l’un des critiques de disait que durant leur jeune âge, quand ils sortaient du cinéma, ils restaient une bonne heure devant le cinéma ou dans un bar pour discuter du film.

J’ai le plaisir de dire que j’ai participé à une telle discussion durant deux heures, avec des amis. Mais surtout que ceci a durer toute la journée, que j’ai participé ou que j’ai entendu des groupes de personnes parler de cinéma et surtout des films qu’ils ont vu depuis l’ouverture. Et je trouve cela très réjouissant, car ça prouve que la passion du cinéma et le plaisir d’aller dans une salle obscure pour le 7e art (et non pour le loisir) existe toujours.

  •  DES LARMES ET DES FRISSONS

Je ne vais pas me mettre à refaire l’analyse du film en question, mais cette séance a été tellement marquante et bouleversante, que je me devais d’en écrire un passage dans cet article. Tout d’abord, le film était en soi très beau, très bouleversant et livrant une grande tension. Alors que ce n’est qu’un documentaire. C’est dire toute l’ampleur du sujet.

Mais ce n’est pas le plus important ici. Le plus magique c’était la discussion d’après-film avec le réalisateur de . Il y avait même un fils de Cong Binh dans la salle. Et cet homme a avoué avoir appris des choses concernant ce qu’a vécu son père. Il en pleurer, et les trois quarts des personnes dans la salle avec lui, touchés (moi y compris, c’est vous dire).

Déjà que ce film m’a procuré des frissons, la discussion d’après-film a fait sortir des larmes. C’est dire l’impact qu’a ce film et l’importance de son histoire : la reconnaissance et la colonisation. Quand le réalisateur disait que « tant que la France ne reconnaîtra pas le sujet tabou qu’est la colonisation, la France n’avancera pas » et ainsi le monde non plus ne changera pas si les grosses puissances continuent à renier leurs erreurs du passé afin de se porter vers l’avant.

Le réalisateur continuait en expliquant qu’il n’avait aucune intention d’apprendre quelque chose, qu’il ne voulait pas créer un questionnement universel. Il voulait simplement dénoncer un passage horrible de l’Histoire de ce monde dans lequel nous vivons, mais dont on ne connait pas forcément les coulisses, qui s’avèrent être cruelles et bien tristes. Vraiment, que d’émotions et un grand film à découvrir rapidement.

  •  UNE CURE DE CLAUDE SAUTET

A côté de cela, je me suis fait une (vraie) cure de en ce 2e jour de festival. Un premier film surprise qui n’était autre que . Un film avec notamment , , Louis de Funès ou encore . Un film que Claude Sauter a toujours renié, car c’est un film qu’il a repris après l’abandon du réalisateur d’origine, donc un film qui ne s’inscrit pas dans ses thématiques.

Ensuite, je suis allé voir le documentaire Claude Sautet ou la Magie Invisible, film réalisé par le critique de Positif nommé . Un critique dont je me passerais bien les spoilers d’avant film mais bon… Bref, ce fut un documentaire très intelligent et très passionnant qui nous fait découvrir Claude Sautet. Même si le réalisateur n’apparait pas dans la vidéo (on ne fait que l’entendre parler car lors du tournage du film, Claude Sautet était dans ses derniers mois), on s’attache facilement à ce qui est raconté. Il faut dire que si on regarde ensuite tous les films cités dans le documentaire, on finira par connaître Claude Sautet et son cinéma par coeur.

Enfin, j’étais très tenté par le film avec l’irrésistible (qu’on a pu retrouvé dans en 2011, dans Holy Motors en 2012 mais aussi dans 4 autres films de Claude Sautet). Quand on pense que Michel Piccoli avait accepté de venir sur Amiens pour rencontrer le public, mais qu’il n’a pas pu pour cause de tournage, c’est dommage mais on est rassuré dans un second temps. Sur ce, Mado est un film vraiment bon et qui montre un Claude Sautet qui avait prévu notre chère crise actuelle.

Je finirais cette partie de l’article par dire une chose essentielle vue dans le documentaire sur Claude Sautet. Il disait lui-même que ses films sont son portrait entier. Les sujets et les thèmes abordés dans ses films le reflètent complètement. Et comme Claude Sautet n’aimait pas parler en public et ne se dévoilait pas trop, il faisait parler ses films pour lui. Et les acteurs avec, notamment quand un acteur se met en colère dans le film, c’est la colère de Claude Sautet qu’il faut voir à travers. Son cinéma parait alors plus intense et vrai.

Finalement, le JOUR 2 du Festival International du Film d’Amiens était à la fois ludique mais aussi instructif. Avec cette cure de Claude Sautet qui fait toujours plaisir, ou alors avec ce merveilleux documentaire en compétition qui a fait couler des larmes et donner des frissons. Sans oublier le grand nombre de gens qui viennent dans les cinémas, toujours de plus en plus nombreux. Vive le Cinéma !

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