Mon troisième Journal de bord à mi-chemin du Festival de Sundance : au menu les deux premiers films des acteurs Idris Elba et Rupert Everett, d’autres vus en compétition et une belle rencontre avec deux réalisateurs.

Après le premier week end, de nombreux festivaliers et journalistes sont déjà repartis et certains partenaires organisateurs de soirées ont plié bagages. Mais les longues files d’attente et les trajets en shuttle permettent au public majoritairement américain de Sundance d’échanger sur les films vus depuis 5 jours, ceux qu’il ne faut pas manquer et ceux qu’on peut éviter sans remord. Et à ce jour,il semble que je ne me suis pas trompée de beaucoup!

Les premiers films des acteurs Idris Elba et Rupert Everett ont ainsi fait sensation et sont absolument à voirRupert Everett présentait THE HAPPY PRINCE dans la catégorie Premieres et a partagé son expérience et sa vision de Oscar Wilde avec le public (ma critique et les propos du réalisateur est à lire ICI

Ruppert Everett présente son film THE HAPPY PRINCE

Ma critique de YARDIE (★★★★☆)

Idris Elba, connu pour ses rôles dans la série Luther et récemment dans Le grand jeu (Molly’s Game) s’est lancé dans la réalisation de son premier film YARDIE, adapté du livre de Victor Headley, écrivain britannique d’origine jamaïcaine, qu’il dit avoir adoré. à Le réalisateur renforce son propos avec tous les effets visuels et sonores possibles: ralentis, stops sur image, voix off du héros et évidemment musique reggae de Bob Marley. La musique est très présente dans le film, comme un personnage à part entière et rien d’étonnant à cela puisque Idris Elba était DJ avant d’être acteur. Ce qui fait que le spectateur plonge totalement et avec empathie dans les années 70 et 80 de Kingston en Jamaïque puis Londres, et dans la vie de Denis. A 13 ans, il a assisté à l’assassinat de son frère Jerry et rêve de le venger, continuant à le voir. Il évolue dans le milieu de la musique, de la drogue, de la violence, des armes et des règlements de comptes. Il se dégage de YARDIE une ambiance et une énergie incroyables qui, malgré les meurtres, donnent une pêche d’enfer. Le côté involontairement parodique du film rappelle aussi les malfrats de la série Starsky et Hutch. Le personnage principal féminin est bien campés, car Idris Elba tenait à montrer la force des femmes dans la culture jamaïcaine. Le casting est aux petits oignons, ce qui fait que YARDIE procure beaucoup de plaisir.

Idris Elba présente Yardie avec son équipe

Puis j’ai pu assister à ma deuxième passionnante table ronde au Filmmaker Lodger entre Ethan Hawke, pour son film BLAZE (Voir mon Journal de Bord n°2) et Rupert Everett pour THE HAPPY PRINCE.  Ces deux réalisateurs ont un humour décapant et semblent faire preuve d’une grande humilité à propos de leur nouveau travail de réalisateur, qui améliore de fait leur travail en tant qu’acteurs. Ils ont analysé leur envie d’évoquer la vie de deux artistes, sans doute parce qu’ils avaient des points communs avec eux, ayant eux aussi affronté des échecs dans leurs carrières.

Puis direction THE MISEDUCATION OF CAMERON POST de Desiree Akhavan, qui a adapté le roman éponyme de Emily M.Danforth’s. La communauté LGBTQ était très présente dans la salle et le film a été précédé, ce qui n’est pas l’habitude à Sundance, de la projection d’un court métrage d’animation canadien I like girls, plein d’humour et de pudeur.

Ma critique de THE MISEDUCATION OF CAMERON POST  (★★★☆☆) 
On ne peut qu’être en empathie avec la jeune Cameron/ Chloë Grace Moretz (La 5ème vague) surprise dans une étreinte avec une amie et que ce centre chrétien essaye de convertir dans les années 90. Toute une équipe l’entoure, ainsi que d’autres jeunes concernés pour lui prouver que leur attirance démoniaque pour des personnes de même sexe peut être combattue avec l’aide de Dieu. Les groupes de parole, le sport, la vie en communauté sont censés les éloigner de leur différence et les remettre sur le droit chemin. C’était une bonne idée d’évoquer ces centres et leurs abus émotionnels, dont il parait que certains existent encore, mais le traitement du sujet n’a rien d’original et suscite peu d’émotions, car par trop prévisible et inabouti.

Desiree Akhavan présente THE MISEDUCATION OF CAMERON POST

On est à mi-chemin du Festival, il reste 4 jours, et encore une petite dizaine de films à voir… je ne perds pas le rythme ! Je vous parlerai dans mon prochain Journal de bord des films en US Drama Competition Monster, Damsel et Nancy et des films présentés en Premieres, Beirut et A kid like Jake !

Sylvie-Noëlle

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