L’homme qui court le plus à Alès ces jours-ci, c’est probablement Antoine Leclerc, délégué général du Festival depuis une vingtaine d’années et à qui l’on doit la formidable programmation thématique.

Entre les multiples interviews, l’accueil des invités et les présentations de films en salle, Antoine Leclerc ne s’arrête jamais. Rencontre entre deux séances.

Antoine Leclerc, délégué général du festival

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Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce Festival qui a déjà 35 ans ?

Antoine Leclerc : Ce Festival a été créé il y a 35 ans sur la volonté de passionnés de cinéma, d’horizons différents qui se sont pris par la main pour créer un rendez-vous et élargir les horizons cinématographiques sur un territoire donné. C’est donc avant tout une démarche associative de passionnés. Cette démarche s’est consolidée progressivement jusqu’à devenir la manifestation qu’elle est aujourd’hui, capable de réunir 48 000 spectateurs l’an dernier. C’est devenu avec le temps beaucoup plus important avec des actions complémentaires tout au long de l’année qui se sont mises en place et des étapes importantes -dont l’une d’entre elle fut la venue d’Aki Kaurismaki en 1993-, qui a été l’occasion de s’interroger sur la suite de la manifestation et fut à l’origine de l’intitulé “Itinérances” et cette notion de découverte et de voyage. “Itinérances” au pluriel est devenu la marque de fabrique du Festival qui ne s’interdit aucun format.

Comment choisissez les films programmés (plus de 200) ?

– A.L. : La sélection est farouchement généraliste comme vous avez pu le constater et s’articule autour d’axes simples qui sont une sélection d’inédits et d’avant premières volontairement non compétitive, une compétition de courts métrages avec une audience très importante, les hommages et une rétrospective thématique qui décline l’idée d’itinérance.

© Bastien Moulines – Itinérances

Comment avez vous choisi cette année l’intitulé “Visiteurs” ?

– A.L. : Le point de départ est que chacun de ces axes thématiques nous permette de jongler avec l’histoire du cinéma et avec les productions contemporaines en allant vers des évidences comme relier Yojimbo de Kurosawa au film de Leone Pour une poignée de dollars qui en est le plagiat. Mais aussi savoir relier le Toni de Renoir et L’évangile de Pippo Delbono ou comment en quelques années l’Italie est passée d’un pays d’immigration dans le sud de la France à une terre accueillant des réfugiés de l’autre côté de la Méditerranée.

On part avec des corpus de 200-250 films et on essaye d’articuler tout cela et de se confronter à la disponibilité des œuvres bien sûr.

On programme des films inédits qui n’ont pas d’espace dédié ni même de diffusion tv prévue mais on ne s’interdit pas de proposer aussi des films qui sont amenés à avoir un diffuseur tv prochainement. D’ailleurs maintenant la porosité TV-cinéma est totale, il n’y a plus les résistances qu’il y avait avant. Comme nos longs métrages ne font pas l’objet de compétition, nous sommes très libres de les choisir. Ca peut être une auto-production comme une très grosse production pour le cinéma ou la TV. On a la chance d’avoir une grande souplesse et on y tient. Tout cela crée un côté auberge espagnole et un brassage des publics que vous avez pu constater.

Quels impacts a eu la coupe budgétaire sur cette édition ?

– A.L. : On a réussi à bien camoufler ! Mais cette opération de camouflage si cette situation devait perdurer pourrait nous amener à des changements plus drastiques. C’est la quadrature du cercle pour le champ de la culture, gérer l’érosion c’est déjà compliqué mais gérer une perte significative c’est encore plus dur. Réduire l’offre réduirait les audiences et donc les recettes. Cela aggraverait le mal.

Propos recueillis par Anne laure Farges

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