Un psychologue de Harvard qui pousse à bout un étudiant prodige, un dignitaire nazi qui tente de retourner son psychiatre : cette semaine, c’est Russell Crowe qui tire les ficelles, et deux fois sur le podium. Entre les deux, une romance de labo s’accroche. Côté séries, Lanterns rend son dernier épisode au sommet pendant que Florence Pugh débarque pour tout faire vaciller. Reste à savoir lequel mérite vraiment une soirée.
Comme chaque semaine, on décortique le classement JustWatch des programmes qui ont le plus attiré l’attention en France, du 28 septembre au 4 octobre 2026. Petit rappel utile : ce classement ne compte pas des vues, il mesure l’activité des utilisateurs de JustWatch, c’est-à-dire les clics vers une plateforme, les ajouts à une liste et les titres marqués comme vus. Un baromètre de la curiosité, toutes plateformes confondues.
Russell Crowe tire les ficelles, deux fois plutôt qu’une
Côté films, Unabomber grimpe sur la première marche, quelques jours après sa sortie sur Netflix le 25 septembre, et détrône The Love Hypothesis. En 1958, Ted Kaczynski, prodige des mathématiques de seulement 16 ans, entre à Harvard. Dès l’année suivante, il fait partie des 22 étudiants soumis aux expériences psychologiques controversées du professeur Henry Murray, campé par Russell Crowe. Des décennies plus tard, l’agente du FBI Joanne Miller (Shailene Woodley) tente de mettre fin à la campagne d’attentats qui frappe les États-Unis depuis 1978. Réalisé par Janus Metz, avec Jacob Tremblay dans la peau du jeune Kaczynski, le film alterne entre ces deux époques : la construction d’un esprit brillant et isolé, puis la chasse à l’homme. Plutôt qu’une simple reconstitution des attentats, il cherche à comprendre comment un étudiant surdoué est devenu la cible de l’une des enquêtes les plus longues et les plus coûteuses de l’histoire du FBI.
Un détail mérite pourtant d’être gardé en tête : Joanne Miller n’a jamais existé. Le personnage est une pure invention du scénario. La réalité, elle, tient en quelques chiffres, rappelés par History.com : 16 bombes lors de 14 attaques, trois morts et 23 blessés entre 1978 et 1995, puis une arrestation dans une cabane près de Lincoln, dans le Montana, le 3 avril 1996.
The Love Hypothesis cède la tête et glisse à la deuxième place. Olive Smith, brillante doctorante en biologie à Stanford, comprend que sa meilleure amie Anh et Jeremy, le garçon pour qui elle-même a le béguin, se plaisent. Sauf qu’Anh refuse de sortir avec lui par loyauté. Pour lui prouver qu’elle a tourné la page, Olive embrasse sur un coup de tête Adam Carlsen, un jeune professeur aussi redouté qu’intimidant. Contre toute attente, celui-ci accepte de devenir son faux petit ami, avec des règles et un accord qui l’arrange aussi : il doit convaincre Stanford qu’il compte rester pour obtenir le renouvellement de ses financements de recherche. Mais à force de faire semblant, la frontière entre comédie et sentiments réels devient de plus en plus floue. Réalisé par Claire Scanlon sur un scénario de Sarah Rothschild, le film adapte le best-seller d’Ali Hazelwood et réunit Lili Reinhart et Tom Bateman.
Nuremberg complète le podium, porté par sa diffusion sur Canal+ le 29 septembre. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les Alliés s’apprêtent à juger les hauts dignitaires nazis lors du procès du siècle, avec, côté américain, le procureur en chef Robert H. Jackson (Michael Shannon). Le psychiatre de l’armée américaine Douglas Kelley (Rami Malek) est chargé d’évaluer l’état mental des accusés afin de déterminer s’ils sont aptes à être jugés. Il se retrouve alors engagé dans un duel psychologique intense face à Hermann Göring (Russell Crowe), ancien bras droit d’Hitler, aussi charismatique que manipulateur. Écrit et réalisé par James Vanderbilt d’après le livre de Jack El-Hai, The Nazi and the Psychiatrist, ce face-à-face devient le cœur d’un thriller où la frontière entre fascination et répulsion s’estompe peu à peu. Eh oui : Russell Crowe occupe deux des trois premières places, en manipulateur de Harvard d’un côté, en manipulateur nazi de l’autre.
Derrière, Canal+ place encore deux titres avec La Femme de ménage et Gourou, où Pierre Niney joue un coach en développement personnel toxique devant la caméra de Yann Gozlan. Apple TV s’invite aussi avec Mayday, comédie d’espionnage qui associe Ryan Reynolds et Kenneth Branagh.
- Unabomber (Netflix)
- The Love Hypothesis (Prime Video)
- Nuremberg (Canal+)
- La Femme de ménage (Canal+)
- L’Effet papillon (Netflix, HBO Max)
- Gourou (Canal+)
- Sans filtre (Disney+)
- Mayday (Apple TV)
- Pas un bruit (Netflix)
- The Whisper Man (Netflix)

Lanterns s’éteint au sommet, Florence Pugh allume la mèche
Côté séries, Lanterns prend la tête du classement en détrônant Monstre : L’histoire de Lizzie Borden, et le timing n’a rien d’un hasard : le final de la saison, huitième et dernier épisode, est arrivé sur HBO Max le lundi 5 octobre à 3 h. Hal Jordan (Kyle Chandler), légende du Corps des Green Lanterns, et John Stewart (Aaron Pierre), nouvelle recrue, sont deux flics intergalactiques qui débarquent à Rushville, une bourgade du Nebraska pleine de secrets, pour enquêter sur un meurtre que Hal soupçonne d’être d’origine extraterrestre. Ce crime en apparence isolé cache un mystère bien plus vaste, aux répercussions cosmiques. À des années-lumière du Green Lantern de 2011 avec Ryan Reynolds, la série créée par Chris Mundy, Damon Lindelof et Tom King adopte un ton de thriller d’enquête que ses producteurs revendiquent eux-mêmes : dès janvier 2023, lors de la présentation du programme DC Studios, Peter Safran la présentait comme « dans la veine de True Detective ».
MobLand grimpe à la deuxième place, portée par sa saison 2, diffusée chaque vendredi sur Paramount+ depuis le 18 septembre. À Londres, les Harrigan peinent à afficher un front uni alors que des rivaux en pleine ascension menacent leur empire criminel déjà fracturé. Au cœur de la tempête, Harry Da Souza (Tom Hardy), leur « fixer » aussi dangereux que charismatique, doit marcher sur une corde raide pendant que les tensions s’enveniment autour de Conrad (Pierce Brosnan) et Maeve (Helen Mirren). En face, Frankie Cooper (Johnny Flynn), baron de la drogue londonien imprévisible, s’impose comme le nouvel adversaire de Harry, pendant que Kat McAllister (Janet McTeer) et l’ancien policier Colin Tattersall (Toby Jones) tournent toujours autour du clan. Entre alliances fragiles, trahisons et secrets de famille, rien n’est jamais acquis. Autre bonne nouvelle pour les retardataires : Paramount+ a déjà officialisé une saison 3 le 3 septembre.
À l’est d’Éden entre directement à la troisième place, quelques jours seulement après sa mise en ligne sur Netflix le 1er octobre. Adaptée du roman de John Steinbeck paru en 1952, cette mini-série en sept épisodes suit les familles Trask et Hamilton sur plusieurs générations, du Connecticut à la vallée de Salinas, en Californie. Au centre de cette fresque, Cathy Ames (Florence Pugh), anti-héroïne aussi fascinante que manipulatrice, dont l’arrivée bouleverse la vie d’Adam Trask (Christopher Abbott) et de son demi-frère Charles (Mike Faist). Leur histoire se répercute ensuite sur les jumeaux Cal et Aron, hantés par l’héritage familial et par une question : peut-on échapper à sa propre nature ? Écrite par Zoe Kazan, petite-fille d’Elia Kazan, qui avait réalisé l’adaptation de 1955 avec James Dean, la série reprend le mythe de Caïn et Abel cher à Steinbeck pour interroger le bien, le mal, la transmission et la liberté de choisir son chemin.
- Lanterns (HBO Max)
- MobLand (Paramount+)
- À l’est d’Éden (Netflix)
- The Gentlemen (Netflix)
- Silo (Apple TV)
- Ted Lasso (Apple TV)
- Reacher (Prime Video)
- Monstre : L’histoire de Lizzie Borden (Netflix)
- Neagley (Prime Video)
- Surveillant ! (Disney+)

Alors, double dose de Russell Crowe, course vers Rushville avant le moindre spoil du final, ou sept épisodes de Florence Pugh pour se faire ravager le cœur ? Rendez-vous la semaine prochaine pour voir qui tient encore debout !
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