Pourquoi une femme se voit réexpédier les colis envoyés à son mari ? C’est la question posée par UNE FEMME DOUCE, un road-movie particulier dans une Russie à l’abandon.
Sergei Loznitsa nous convie à un drôle de voyage. Celui d’une femme quasi-muette, entreprenant un périple dans les contrées russes pour retrouver son mari, emprisonné et dont elle n’a aucune nouvelle. On pense embarquer pour un pur road-movie nous faisant traverser un panel de décors représentatif de l’état de la Russie. Que nenni ! On se retrouve dans un film ballonné, cloîtré, fait de passages d’une pièce à une autre, résigné à se confronter de manière minime à l’extérieur. Et quand la caméra sort, les plans restent obstrués, encombrés. Comme ce moment où la prostitué entre dans la villa et que le grand portail se referme face à nous, nous narguant. La proposition est déroutante, asphyxiante. C’est une Russie sous forme de prison totale que nous présente Loznitsa. Le premier plan, aéré, sur un champ, est un leurre. Un idéal de vie qui ne peut qu’être contrarié. Partant sur des bases kafkaïennes (l’héroïne est confrontée à la stupidité et inhospitalière de la bureaucratie), UNE FEMME DOUCE dérive vers un enchaînement de scènes toutes plus longues les unes que les autres, où des gens parlent en intérieur.
Maxime Bedini

• Réalisation : Sergie Loznitsa
• Scénario : Sergei Loznitsa
• Acteurs principaux : Vasilina Makovtseva, Valeriu Andriuta, Sergeï Kolesov
• Date de sortie : 16 août 2017
• Durée : 2h23min



