Drôle, intelligent, kitsch et tellement brouillon, Le Ciel Étoilé Au Dessus De Ma Tête, d’Ilan Klipper est une véritable pochette surprise.
Ce premier long métrage de fiction est une folie douce qui dénote avec son genre et conte la douce folie de Bruno (Laurent Poitrenaux), auteur d’un premier roman à succès qui cherche depuis vingt ans à en écrire un second. Dans son monde intérieur, en tête à tête avec lui-même, Bruno cherche l’inspiration, échafaude des théories sur tout et n’importe quoi et se raconte des histoires du matin au soir sans bouger de chez lui, en slip ou kimono fleuri. Loufoque ? Sans doute, mais brillant aussi, et peu étonnant lorsque l’on apprend que Le Ciel Étoilé Au Dessus De Ma Tête vient clôturer une sorte de triptyque du réalisateur sur « l’errance psychique, la création et l’enfermement » composé également d’un documentaire (Sainte-Anne) et d’un court-métrage (Juke-Box).

« Ilan Klipper propose un film dont la forme s’apparente à un OVNI mais dont le fond révèle une sensibilité artistique profonde ainsi qu’une vraie réflexion psychologique et philosophique sur la création.. »
A coup de métaphores et de discours psychologiques qui restent assez subtils pour ne pas tomber dans les clichés, on perçoit clairement la difficulté et le risque qui découlent du nécessaire isolement que requiert le processus d’écriture. Fatalement, si l’on reste trop longtemps à dialoguer avec soi-même, à errer dans les méandres de ses pensées pour chercher l’inspiration, sans se confronter, de temps en temps au moins, au regard de l’Autre, sans concrétiser quoi que ce soit, l’isolement social s’installe. A partir de cette déconnection qui se fait à pas de loup, peuvent découler progressivement l’incompréhension, la peur, la paranoïa, etc… C’est précisément cette marginalisation involontaire, ce glissement inconscient, qui est perçu différemment par les uns et les autres. Pour Bruno, son mode de vie reflète une liberté totale de vivre tel qu’il l’entend, au service de son art, sans contraintes sociales ou physiologiques (jour et nuit ne font aucune différence), il se considère comme étant un idéaliste insoumis dont le seul maître s’appelle l’amour. De leur côté, les proches de Bruno perçoivent cette « liberté » avec arrogance, c’est un pied de nez à leurs petites vies «ordinaires » qu’ils trouvent profondément injuste mais aussi anormale.
Stéphanie Ayache
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• Réalisation: Ilan Klipper
• Acteurs principaux : Laurent Poitrenaux, Camille Chamoux, Alma Jorodowsky
• Date de sortie : 23 mai 2018
• Durée : 1h17min
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