Photo du film JURASSIC WORLD RENAISSANCE
Crédits : Universal Studios

JURASSIC WORLD : RENAISSANCE, « renaissance » mais à peine – Critique

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Avec JURASSIC WORLD RENAISSANCE, à peu près la totalité du monde du cinéma attendait le début de l’été avec autant d’impatience qu’un enfant émerveillé pénétrant un musée en se précipitant vers le squelette exposé de son dinosaure préféré. Un très bon réalisateur derrière la caméra, un casting solide devant, le scénariste original au scénario ou encore un retour en terrain hostile… Ils étaient là, les ingrédients propices à un nouveau grand film des années après le tout premier. Sauf que, malheureusement pour tout amateur de la saga ou de grand spectacle noble et intelligent, tout ce beau monde s’est tristement fait bouffer comme la majorité des personnages qui ont traversé cette saga qui vient de donner une nouvelle occasion au monde entier d’interminables jeux de mots pour se moquer d’elle.

Comme un diplodocus qui agonise en plein New-York

L’image est forte et est déjà régulièrement utilisée comme symbole de la saga : deux protagonistes principaux passant en taxi à côté d’un diplodocus mourant en plein New-York, causant des embouteillages monstre… et agaçant tout le monde. La scène en question procure en plus un sentiment étrange (qui va laisser place à un autre moins insaisissable et surtout plus désagréable) : on sait que montrer l’indifférence est le but recherché, les personnages discutant avec la plus grande banalité à côté pourtant d’une merveille de la nature, et pourtant on ne peut s’empêcher de sentir monter en nous un désagréable entre-deux en voyant le film se chercher une identité…

Et malheureusement, on va vite comprendre que la dernière réalisation de Gareth Edwards (The Creator, Rogue One : A Star Wars Story) – mais surtout le dernier produit du gros studio Universal – ne va jamais vraiment quitter les sentiers pantouflards et ronflants du blockbuster prévisible qui pullulent dans les salles depuis plus longtemps qu’un squelette de T-Rex est exposé dans un musée…

En apprenant que David Koepp et Steven Spielberg écrivaient l’histoire en essayant de retrouver le feeling du premier film original, les attentes étaient grandes (sachant qu’en plus on a échappé à David Leitch !). Et l’univers le permet. Car si le film de Spielberg livrait un pur et beau blockbuster révolutionnaire en 1993 toujours aussi apprécié aujourd’hui, il n’avait jamais l’ambition de transposer le récit beaucoup plus dense du roman de Michael Crichton.

C’est pourtant intéressant de le rappeler : sachez, pour celles et ceux qui ne seraient pas au courant et ne s’en seraient tenus qu’au film, que le dix-septième livre du diplômé d’Harvard est un passionnant et riche thriller abordant pas mal de sujets et qui contient nombre de pages descriptives sur la biodiversité, la géographie ou la faune de la Terre, en plus d’être un grand roman d’aventure. Et l’auteur de ces lignes – qui parcourt actuellement pour la première fois celles écrites par l’américain – n’a qu’une envie depuis la découverte de cette légendaire saga au cinéma : une histoire ample et complexe, déployée au sein d’un grand film intelligent, qui n’aurait pas peur des approfondissements de sujets, des pas de côtés ou des moments introspectifs et contemplatifs…

C’est peut-être idyllique, l’ambition affichée n’ayant jamais dépassée celles d’un propriétaire de parc d’attractions, mais avouez que ça aurait au moins autant de gueule qu’un brachiosaure parcourant tranquillement une somptueuse vallée ou qu’un T-Rex terrifiant n’importe qui s’approchant un peu trop près.

Car si les films ont toujours eu cette allure d’attraction à sensations fortes (en tombant régulièrement à un niveau au ras des pâquerettes), on était en droit d’attendre plus de la part d’un réalisateur si doué, qui avait impressionné un paquet de gens quand ils découvraient Monsters en 2010, film de science-fiction intimiste réalisé en mode guérilla et finalisé par le réalisateur surdoué des VFX lui-même sur son propre ordinateur (!).

S’il n’a jamais particulièrement brillé par des scénarios très profonds (voir notamment The Creator), le britannique a toujours fait montre d’une inventivité et d’une maîtrise remarquable, parvenant toujours à trouver une voie (et une voix) au sein de franchises pourtant casse-gueule (Godzilla et Star Wars) et à livrer de vrais grands moments de mise en scène.

Jurassic jungle

Ici, le camarade se contente malheureusement de s’inspirer sans transcender le style de tonton Spielberg. Comme un enfant émerveillé suivant et observant un adulte avec de grands yeux mais trop poli pour proposer quelque chose de marquant, Edwards trouve une certaine fluidité voire de l’ampleur dans plusieurs scènes mais ne propose jamais quelque chose de nouveau. Le bougre s’amuse pourtant parfois, à l’image de cette scène assez prenante avec l’inévitable T-Rex (même s’il faut oublier les incohérences et facilités), l’attaque maritime ou encore ce plan du D-Rex qui émerge de la fumée avec un hélicoptère dans sa gueule.

Comme à son habitude, Edwards joue avec ses monstres et amuse parfois, rendant une pause pipi ludique et stressante quand des dinos se mettent sur la tronche en arrière-plan alors que le kéké du jour essaie de se soulager (film de studio des années 2010 oblige, on se tape l’insupportable ado). Mais la scène la plus parlante est sûrement celle dans la vallée qui voit de magnifiques titanosaures effectuer une parade amoureuse sous la musique d’Alexandre Desplat (dont la B.O contient quand-même quelques morceaux inspirés – écoutez donc Dino Lovers ou Sailing Away) qui reprend évidemment le légendaire thème de John Williams.

Mais alors que le montage laisse durer la scène pendant suffisamment longtemps pour commencer à tracer son propre chemin, la séquence suivante commence juste après, accompagnée aussi du morceau suivant qui démarre immédiatement alors que le précédent vient à peine de s’arrêter… À peine le temps pour les dinos (pourtant superbe plan général de tout le clan qui s’éloigne dans la vallée) de repartir tranquille qu’on sent le studio tapoter sur l’épaule du monteur pour lui dire d’embrayer sans s’éterniser. 

Bref, si l’idée était bonne de vouloir revenir sur les terres de la bonne série B d’aventure des familles, cette jungle, pourtant capturée en décors réels et par une belle pellicule 35mm avec ses objectifs Panavision (pour faire comme le premier film donc), JURASSIC WORLD RENAISSANCE n’est qu’un nouveau produit embourbant sa franchise un peu plus.

Dit Rex et personnages à la con

L’annonce (et l’image, efficace) n’avait échappé à personne : l’attraction principale de nouvel opus était, encore, un nouveau dinosaure, cette fois un mutant (avec six pattes et une tête de xénomorphe-Rancor-T-Rex). Pas grand-chose à en dire on ne vas pas essayer de vous la jouer, car si l’affreux a bien une tête à coller les jetons (évitez d’emmener vos progénitures d’ailleurs), le potentiel horrifique, pourtant beaucoup vendu pendant la promo, s’effrite en même temps que la menace représentée par la bestiole qui n’arrive même pas à se défaire d’un personnage rejouant une nouvelle fois l’image culte du « je-cours-avec-une-fusée-éclairante-dans-la-jungle »

Quant aux protagonistes, le monde de Jurassic Park a toujours oscillé entre personnages cultes, figures secondaires peu intéressantes et têtes qui passent par là et ne sont là que pour finir dans l’estomac des créatures préhistoriques. Jurassic World 4 compose une galerie principale pas inintéressante sur le papier, avec des acteurs différents qui se complètent bien. Et parmi les très connus Mahershala Ali et Scarlett Johansson, Rupert Friend et Jonathan Bailey se fondent très bien dans le moule (notamment le second, parfaitement charmant), même si aucun n’a jamais vraiment l’occasion de dépasser le stéréotype. Car c’est là aussi que le bât blesse : le retour de l’estimé (et co-scénariste original) David Koepp – qui a toujours oscillé entre les grands blockbuster et les mauvais DTV – n’a apparemment finalement jamais cherché à dépasser les clichés de héros qu’on retrouve depuis des années et des années dans la plupart des blockbusters. Et pas les meilleurs.

Car si on peut quand même noter quelques scènes plutôt surprenantes et qui auraient pu donner plus de profondeur – même si tout à fait attaquables (Johansson et Ali qui se confient et révèlent qu’ils ne sont pas les gros bourrins attendus – le premier finalement attentionné et la deuxième espiègle et pas si imperturbable), on peut s’attrister de voir de si grands talents devant et derrière la caméra (et une saga à l’époque révolutionnaire) sombrer dans plusieurs travers du nivellement par le bas appliqué par les gros sabots hollywoodiens depuis un paquet d’années. Jonathan Bailey, lui, n’a malheureusement pas grand chose à faire d’autres que jouer le scientifique plutôt beau gosse émerveillé, explicatif ou pas dans son élément. Rupert Friend, avec sa trogne d’Orlando Bloom maléfique, se glisse certes facilement dans les bottes du grand méchant, mais on aurait aimé ne pas se fader un énième représentant d’entreprise évidemment sans scrupules qui se fera bien sûr bouffer goulûment par les bestioles ancestrales (et ce n’est pas une scène coupée qui le montrait penser tenir en respect des vélociraptors avec un pistolet qui réhabilitera le bougre).

Et ce n’est pas la famille qui va relever le niveau, équipe rarement supportable et jamais vraiment intéressante, pur produit sortis de réunions d’exécutifs aux gros portefeuilles mais aux petites ambitions qui gangrènent le genre depuis là aussi, presque aussi longtemps que l’existence des dinosaures… Toute cette galerie de joyeux lurons parvient sans mal à se hisser au-dessus du niveau au ras des pâquerettes des personnages de la précédente trilogie imposés par un des pires « réalisateurs » qu’on ait pu voir récemment (Colin Trevorrow), mais c’est quand même trop peu pour cet univers au potentiel immense. Une fois n’est pas coutume, votre serviteur s’en remettra à une rédaction qu’il apprécie tout particulièrement et qui avait trouvé de fins mots pour parler avec beaucoup de justesse des personnages précédents (en réalité juste le duo Chris Pratt / Bryce Dallas Howard mais c’est plus drôle comme ça) en les qualifiant d’un duo de « poireaux vapeur »…

Tout cela est probablement dû en grande partie au rythme infernal de la production d’un film terminé en une année seulement (!), mais ce n’est pas encore aujourd’hui qu’on contemplera notre écran absolument émerveillés devant une vision nous faisant repenser notre rapport au monde. Enfin, peut-être qu’un jour, le monde jurassique nous reproposera un bon film. En attendant, l’entreprise a au moins le mérite de nous faire comprendre la frustration d’un paléontologue qui passe des heures à essayer de découvrir quelque chose… sans savoir s’il va tomber sur une merveille ou sur un gros caillou.

Simon BEAUCHAMPS

Auteur·rice

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Note finale

  1. Nul, suite mal jouée, mais vraiment pas emballante, acteurs pas terribles même scarlette qui s’est perdue dans cette production lente, elle est boudinée pour mettre ses seins et son « Q » en valeurs, le dino mutant naze, on dirait un film disney à part des autres franchises. Le plus nuls des jurassik, de loin. Les scènes s’ enchaînent pour montrer des dinos, lais dans une absurdité confondante… vraiment nul. Déception totale. On est bien loin de la qualité des 2 premiers. Déjà, les derniers n’étaient pas trop terribles mais celui là.. une bouse.

    1. Je le trouve quand même bien moins pire que Jurassic World 1 et 3. Mais c’est sûr que c’est vraiment décevant. Mais plus j’y pense et plus je me dis que c’est obligatoirement dû au rythme de production. Terminer un tel film en un an est quasiment impossible. Mais quel dommage oui. On aurait pu avoir un grand film.

    2. Le film est pour certaine séquences bien. Un seul hic pour moi c’est d’avoir ajouté des dinosaures génétiquement modifiés. C’est ce que je déteste dans le film. Et puis il manquait les raptors. Pour moi les premiers films sont les meilleurs. Et en plus les personnages sont juste là pour prélever du sang pour un remède qui n’est prévu que pour les riches. Discrimination.c’est l’un des plus mauvais Jurassic world.