[CRITIQUE] STARS 80, LA SUITE

Après le succès de Stars 80, l’équipe récidive et propose une œuvre sans âme ni folie. Notre rédacteur Fabian s’est dévoué pour se rendre à une avant-première. Retour sur une soirée tout en gêne et inintérêt.

20h15 : Il est plus de vingt heures et le Mal menace dans l’ombre. Sous le clair de lune, tu vois un regard qui te glace le cœur. Tu essayes de crier mais la terreur s’empare du son avant que tu ne l’exprimes. Tu commences à être gelé pendant que l’horreur te regarde droit dans les yeux. Tu es paralysé. Parce que c’est un Thriller, la nuit du Thriller… Un peu comme une impression de déjà vu, non ? Cette sensation qui se profile au loin sans même devoir parcourir ton corps. Car tu le sais déjà, STARS 80, LA SUITE ne sera pas ce chef d’œuvre tant espéré, ni cet objet difforme plein de vitalité. La file d’attente vient de se former. Distribution de perruque oblige, la foule s’anime, grossit à mesure que le temps défile. Des sons disgracieux s’élèvent alors dans ce long et infernal corridor. C’est elle. La foule. Pleine de fans de la première heure et d’individus sentant le massacre émerger. A peine le temps de google-iser les raisons de ma présence ici (404 File Not Found), les portes de l’enfer pailleté s’ouvrent. Un de mes amis m’envoie : « Il est encore temps de te sauver ». Déterminé, j’ignore son message et m’engouffre dans la salle de cinéma. Grossière erreur.

20h30 : La salle se remplit. Quelques sièges restent vides. L’espace d’une seconde, je pense à cet espace libre et à la possibilité que j’avais de laisser mon siège vacant en restant dans mon lit devant la programmation Arte du lundi soir. La Peur devient totale lorsqu’une bonne partie de la salle enfile cette perruque aussi colorée qu’elle en est gênante. L’équipe du film se fait applaudir sous une marée d’applaudissements alors qu’un désespoir latent se met à pénétrer mon esprit, déjà enrhumé par ce festival de beaufitude. Le temps de chantonner un petit Born to be Alive et un léger Besoin de rien envie de toi, l’équipe s’éclipse alors que les dégénérés quinquagénaires se précipitent aux pieds de leurs idoles.Photo du film STARS 80, LA SUITE20h45 : Sur un air de Relax, le film commence. Les mains se claquent et les pieds se tapent. Première évasion spirituelle : non, mais, tu te souviens de ce passage dans Body Double où De Palma mettait en scène le clip de Relax avec une virtuosité si singulière. Ça avait quand même plus de gueule que ce ramassis de lourdeur. Un vrai sens du cadre, de l’espace, des lumières et de la place de la caméra pour susciter l’orgasme émotionnel. Pas comme ces intermèdes musicaux où le directeur de la photographie semble avoir tenté de se suicider après avoir découvert le projet qu’on lui avait confié. Mais que voulez-vous ? On ne fait pas du De Palma avec du Langmann.

21h : Alors que mon esprit divague, des mots doux viennent toucher mon tympan : La La Land. Non, pas de chorégraphie millimétrée, pas d’envolées nostalgiques ni même d’Another Day of Sun, juste une référence inutile alimentant une blague tout aussi inutile.

21h03 : Qui suis-je ? Où suis-je ? Pourquoi ? Autant de questions soulevées que d’Images à gerber. Car, avouons-le, le métrage de Langmann ne se mesure pas en terme de qualité visuelle, loin de là. J’assiste, impuissant, à ces effets de montage et ces plans non travaillés, à vous faire passer du Pécas pour du Chaplin. Tiraillé entre l’envie de fuite et celle de fête, je m’embarque dans l’odyssée moderne au plus profond des ténèbres de l’ennui, là où la folie s’immisce insidieusement dans le corps, comme un radeau sur le cours d’une rivière inexplorée. Werner Herzog n’est jamais loin, et son Klaus Kinski semble s’être mis à dos le Colonel Kurtz, pour une histoire de 45 tours de Jean Luc Lahaye. J’adore l’odeur du pas calme au petit matin…

21h22 : Comment manier avec subtilité l’art de la dissimulation ? Ce film n’en est pas un exemple. Quelques minutes viendront d’ailleurs nous le rappeler avec une ferveur si peu commune : la joyeuse bande s’amuse sur le jeu de société STARS 80, entonnant les tubes de leurs confrères dans un placement de produit tout en délicatesse ; démonstration bâclée de publicité, là où tout le monde semble rigoler sans se soucier de l’énormité à laquelle ils sont en train de participer.

21h36 : Une nouvelle fois, l’esprit s’éveille. On honore le nom de Madness (dont l’affiche tente, non sans finesse, de reproduire la pochette d’album culte) et son One Step Beyond. 3 secondes de bonheur instantané dans un ensemble foiré. Autant dire que pour le coup, la peine est grande, et la seule écoute du vinyle chez moi en aurait décuplé l’impact.Photo du film STARS 80, LA SUITE21h50 : Ce soir, c’est la nuit où on va y arriver. Ce soir, nous mettrons toutes les autres choses de côté. Je vais perdre le contrôle et je pense que j’aime ça. Car, dans cette chute libre à hauteur de scénario, un petit remontant des Pointer Sisters ne serait pas de refus pour ramener cette excitation perdue dans le néant de la stupidité. La transe musicale façon Sister Act se veut amusante, sympathique sans pour autant dégager l’euphorie attendue. Tant pis, l’exaltation attendra : il aurait été difficile, à ce moment là, de s’imaginer que deux heures plus tard, je me déchaînerai sur cette même chanson dans l’espace vide de mon salon. Totalement habité par la musique, comme ce Tom Cruise en caleçon sur un bon vieux rock de solitude…

22h15 : Puis la gaieté laisse soudainement place à la pitié. Des stars déchues qui, encore aujourd’hui, tentent de respirer cette gloire passée pour retarder l’instant fatidique que constitue l’oubli. Car sous cette apparente bienveillance, les stars se meurent, se complaisent dans cette célébrité de la nostalgie, toujours prêtes pour leur gros plan, allant jusqu’à batailler dans le grotesque pour conserver ce statut voué à disparaître.

22h30 : Les pensées fusent, alors que l’écran projette encore des morceaux de néant. Puis vient la déception. La déception dans un film voué à l’indifférence, pathétique non ? Car, je dois quand même avouer avoir ressenti une profonde contrariété en apprenant que Bonnie Tyler n’allait pas assurer l’apothéose du spectacle. Tout cela pour se voir remplacée par une star soi-disant de grande envergure : Renaud, ou celui qui est « toujours vivant ». A ce prix là, j’aurai quand même préféré m’enjailler sur le Total Eclipse of the Heart

22h40 : Heureux d’apprendre que le mauvais goût serait absent du montage final. Cependant, le film est dans son unité, la parfaite représentation du mauvais goût à la française. L’arrière goût est amer, et pourtant, s’en dégage un appétit à force de nostalgie : STARS 80, LA SUITE et son seul réconfort, l’envie de réécouter quelques tubes des années 80. Visuellement, par contre, j’en suis resté au niveau de Gilbert Montagné

23h : Mes yeux souffrent encore, mais mes oreilles en veulent encore. Confidences pour confidences, je n’ai pas aimé. Mais par la force incroyable des choses, je m’endors l’esprit habité par ces tubes sans lendemain et ces titres qui font du bien. Sûrement l’effet gueule de bois procuré par cette piquette de fond de placard.

Fabian

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Note lecteurs43 Notes
Titre original : Stars 80 La Suite
Réalisation : Thomas Langmann
Scénario : Thomas Langmann
Acteurs principaux : Richard Anconina, Patrick Timsit, Bruno Lochet, Jean-Marc Généreux, Lio, Sabrina, Gilbert Montagné, Jean-Luc Lahaye
Date de sortie : 6 décembre 2017
Durée : 1h56min
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Cacophonique
    1. Haha, merci, il est vrai que ma critique se veut dénuée d’objectivité mais elle ne fait que retranscrire mon état d’esprit au moment même où je regardais ce fade spectacle. Elle ne se veut en aucun cas prétentieuse, et je ne veux surtout pas prendre de haut cette catégorie de films dans le cinéma français. Juste écrire quelque chose de sympathique à ne pas prendre au premier degré, ni comme une insulte au film; ce serait extrêmement facile. Il n’est point question de « prendre la caméra » dans un tel film, car le travail de réalisation est absent, et demeure seulement un travail de technicien, visant à filmer le factuel sans y apporter de sens artistique. Je consens cependant à dire que l’objectif du film n’est pas d’obtenir quelque chose d’artistique mais plutôt de créer une sorte d’euphorie collective autour de ces titres populaires (le premier opus le faisait avec une certaine sympathie, mais celui-ci n’arrive jamais à créer de l’émotion autour de ces tubes ni à faire que la salle soit en joie, et c’est bien ce que je reproche à la réalisation, à l’écriture et au montage). Le véritable problème est à mon avis que tout y est d’une telle facilité, sans ambition ni envie…

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  1. Critique nulle et navrante de bêtise et un irrespect des quinqua et des gens qui ont travaillé sur le film. La prochaine fois restez chez vous afin de nous épargner une pareille logorrhée

    1. Ce verbiage n’a pas d’autre intérêt que d’être volontairement et excessivement « bête » pour mieux exprimer un état d’esprit face au film. Il ne s’agit en aucun cas d’une critique objective car il serait tellement facile d’en extirper tous les défauts. Je consens à la facilité de mon exercice, mais celui-ci n’avait de aucune façon l’objectif de cracher sur ceux qui ont contribué au film ni sur le public susceptible d’apprécier celui-ci. Juste un avis sur une oeuvre ayant attisée mon inintérêt comme mon avis a attisé le vôtre. Mais là encore, il ne s’agit que d’un avis. Et il est important aussi d’avoir une diversité d’opinions pour éviter que le cinéma ne vire dans un ensemble uniformisé, sans âme et sans ambition (vers quoi semble se tourner la comédie française actuelle). Car si le film est un échec au box office, il faut également réfléchir au pourquoi, et cette « logorrhée » ne se veut que pointer l’inutilité d’un tel projet. Et mon intention de le voir ne tenait qu’à mon envie de « plaisir coupable » ou cette envie de jubiler devant des hits des années 80 mais même cet objectif n’a pas été rempli: ne reste qu’un objet télévisuel qui n’aurait jamais dû sortir au cinéma car il ne mérite même pas cette appellation de « cinéma », tout comme moi je ne me revendique pas être « critique ». Juste un spectateur exprimant son avis. Peut-être suis-je prétentieux pour exprimer un tel avis, mais tout avis suppose une part de prétention, puisqu’il faut s’élever au-delà du film. Et en cela je respecte le vôtre. Vous avez aimé ? Tant mieux. Mais je le répète , mon avis est à prendre au second degré, sans méchanceté…

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    1. Ma critique ne comporte aucune insulte contrairement à votre commentaire, aussi désobligeant qu’il est inutile et vain. Alors, sans vulgarité, je dirais seulement que votre capacité à argumenter égale votre finesse d’esprit. Sur ce, je préfère, en bon cinéphile, laisser Audiard vous répondre via son sublime « Singe en Hiver », et le sens du phrasé de Jean Gabin: « Si la connerie n’est pas remboursée par les assurances sociales, vous finirez sur la paille. »

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    1. Il ne s’agit là que d’un avis, d’autant plus qu’il est à prendre au second degré, et non d’une critique au sens le plus noble du terme. Je n’impose mon opinion à personne, et sur le ton de l’humour et de la divagation personnelle, j’écris pour mon plaisir, pour évacuer quelques pensées. Il est vrai que le JE a quelque chose « d’égocentrique » dans mon écriture, mais il contribue à déformer le style habituel de la critique et renforcer la dérision de l’ensemble. Je ne me cache pas derrière un anonymat pour livrer des commentaires manquant de respect et d’arguments (comme le vôtre). Je ne sais pas mieux que tout le monde, cet écrit est subjectif, mais je sais que toute opinion est bonne à entendre, du moment qu’elle est donnée avec passion, et arguments. Si vous avez un avis constructif sur le film, prenez votre clavier, et écrivez, partagez, mais ne venez pas condamner/ détracter les autres car cela, tout le monde sait le faire.

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  2. Un peu pompeux comme critique dans la forme, mais le fond est mérité. « Beauferie » « redite misérable » « téléfilm » sont bien le miroir de ce navet récurant qui en effet, ne doit bien satisfaire que les fans du genre. A oublier pour les autres. Très déçu pat Timsit sur ce coup là.

    1. Merci à vous. La forme pompeuse permet justement de trancher avec la « beauferie » du film, une sorte d’artifice, de mécanisme d’écriture pour insister sur le caractère ironique du texte. Enfin, c’était mon intention première. Il est vrai que le film n’est pas du tout à la hauteur de quoi que ce soit, et il ne peut encore moins être qualifié de « cinéma ». Et là, même les adeptes du genre seront bien déçus.

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    1. Ah, je vois qu’on a encore affaire à un excité de l’insulte ;-) Je ne vois pas pourquoi vous prenez mon texte de manière personnelle, il ne constitue en aucun cas une insulte pour les spectateurs, les « beaufs », ou les quinquagénaires. Je ne fais que critiquer une oeuvre qui n’a aucun mérite, tout comme mon avis n’a qu’une résonance purement subjective. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec moi, mais utilisez de véritables arguments, voyons. Avez-vous aimé le film ? En quoi mon avis représente-t-il une insulte à votre égard ? Mon texte ne se veut qu’opérer un décalage, une exagération dans l’écriture pour insister plus amplement sur les défauts et failles de cette oeuvre. Une technique d’écriture à double tranchant, ça passe ou ça casse, à vous de voir. Il est courant de dire que l’on a les films qu’on mérite, mais j’ajouterais qu’on a également un public que les films méritent : la qualité de ce film surpasse heureusement la bassesse de votre commentaire. Il est désespérant de voir que la vulgarité est privilégiée à la discussion dans votre cas. Argumentez : « Je ne suis pas d’accord avec votre critique. Je n’ai pas aimé ce film parce que… ». Ce n’est pas difficile et ça fait avancer les choses. Opinion somme toute personnelle, je le réaffirme.

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  3. Bonsoir Fabian,

    C’est tellement cela.
    On cherche l’intérêt du film le long des deux très longues heures qu’il dure. Comédiens non concernés (et quand je dis comédiens…). Techniciens à l’agonie. Et que dire de la mise en scène, facile, plate, quand elle n’est pas totalement absente.
    Au final, un « film » en roue libre qui procure un certain malaise, autant à l’encontre des deux comédiens de métier, cachetonnant à l’évidence, que des « stars » déchues des années 80 qui offrent des prestations chorales et collégiales à la hauteur d’un Camping Paradis sur grand écran.
    Dur.
    Stop.

  4. Exister à travers ta suffisance de journaleux parisien doit te faire bander et imaginer que tu as réussi ta vie dans les salons feutrés à dégueuler sur la masse populace qui se déplace dans ce genre de célébrations puante de médiocrité selon toi. Tu as Arte pour te soulager comme tu l’écris (mal). C’est peut-être un film moyen mais ta suffisance est bien plus insupportable…

    1. Comme j’ai déjà pu le faire remarquer, je ne suis ni journaliste, ni critique professionnel, juste un spectateur partageant son avis sur une oeuvre qu’il n’a pas aimé. La démarche peut paraître « suffisante », notamment dans la forme inhabituelle employée, mais elle n’est qu’au service d’une exagération ironique, pour insister plus amplement sur les défauts et failles de cette oeuvre (et non en critiquer le public, dont je fais bien sûr partie) : mon écriture se veut déconstruite en « pensées », et c’est à double tranchant, je le reconnais. Mon avis n’a pas vocation à « dégueuler sur la masse populace » (comme vous le dites admirablement), et il n’a jamais été question de cracher sur ceux qui ont contribué au film ni sur le public susceptible d’apprécier celui-ci, à travers ces quelques lignes de divagations personnelles. Allant y chercher une forme de « plaisir coupable », j’ai réussi à être déçu face à ce film, comme bon nombre de spectateurs dans la salle (oui, aucun rire, ni « euphorie »): aucune jubilation, aucun plaisir, une mise en scène presque inexistante, et un ensemble qui échoue à chaque instant. L’aspect « prétentieux » de mon écriture n’est là que le reflet de ma déception, et de la médiocrité de l’oeuvre (et non celle de ce « genre de célébrations »). Libre à vous de ne pas apprécier mon avis, mais n’y voyez pas de la suffisance là où il n’y a qu’une blague, une brève de comptoir.

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Note finale

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