Après un premier film raté, Annabelle 2 : La Création du mal n’a pas beaucoup plus d’intérêt. Et ce en dépit même des bonnes intentions de son réalisateur.

Semblant à court d’idées depuis un moment maintenant, Hollywood s’est montré maître dans le recyclage des œuvres. Bien que le principe de suite ne soit pas nouveau, il semble de plus en plus récurrent dès lors qu’un concept, pas forcément novateur, trouve son public. Généralement, cela peut se traduire par un bon premier opus se suffisant à lui-même, suivi de tout un tas de dérivés dont on se serait bien passé. C’est évidemment le cas avec Conjuring, le film d’horreur de James Wan qui donnait en 2013 un coup de booste au genre en matière d’effroi. Un succès mondial dont le studio New Line a évidemment voulu profiter avec une suite (Conjuring 2) et le spin-off Annabelle, centré sur la poupée maudite. De ce dernier, on retenait un film ridicule qui aura tout de même rapporté 85 millions de dollars sur le sol américain pour un budget de seulement 5 millions. Mais bien qu’il adopte des différences notables, avec un angle intéressant et donc appréciable, ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL ne réussit pas à faire beaucoup mieux que son prédécesseur.

La première nouveauté qui aurait pu donner au film une plus-value artistique, est le changement de réalisateur. Rappelons que derrière le premier film, il y avait quand même John R. Leonetti. Directeur de la photographie sur les Insidious et Conjuring, mais réalisateur d’un joli lot de nanars ; Mortal Kombat : Destruction finale et dernièrement I Wish – Faites un vœu. Le résultat final d’Annabelle n’était dès lors pas si anodin. Pour ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL, il y avait une certaine promesse avec David F. Sandberg à la réalisation. Ce dernier s’est fait remarquer avec Dans le noir, version longue d’un excellent court-métrage. Un film sans prétention, mais d’une grande efficacité pour soumettre le spectateur à une peur liée à l’enfance – la fameuse peur du noir. Tout en respectant les codes du genre Sandberg livrait quelques passages bien inspirés – une séquence dans le noir filmée en vision nocturne – et s’en sortait avec un scénario sans trop de fausses notes. Mais surtout, toutes proportions gardées, il amenait un regard intéressant sur le rapport enfant / adulte, et l’inquiétude d’être confronté à un parent qui ne remplit pas son rôle protecteur.

Avec ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL, Sandberg doit évidemment se plier au principe de commande. Et cela se ressent terriblement, ne serait-ce que dans le scénario toujours aussi incohérent de Gary Dauberman (Annabelle). Dès lors difficile pour Sandberg de se dépatouiller d’un objet qui n’a rien à raconter et se contente de confronter les enfants d’un orphelinat à un démon. Bien que l’inquiétude liée à la situation – des enfants livrés à eux-mêmes – soit prenante et permette à Sandberg de ne pas évoluer en terrain totalement inconnu, le résultat reste laborieux. Le réalisateur se laissant aller à tout un tas de clichés de mise en scène, rendant chaque moment normalement effrayant trop prévisible. Une dernière partie concentrée sur l’épouvante parviendra tout de même à provoquer des sensations au spectateur, mais celui-ci risque d’avoir du mal à choisir entre les cris et les rires.

Pierre Siclier

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[CRITIQUE] ANNABELLE 2 : LA CRÉATION DU MAL
Titre original : Annabelle: Creation
Réalisation : David F. Sandberg
Scénario : Gary Dauberman
Acteurs principaux : Anthony LaPaglia, Miranda Otto, Stephanie Sigman
Date de sortie : 9 août 2017
Durée : 1h50min
2.0Note finale
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